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À l'approche de la rentrée scolaire, les intervenants et les professionnels de la santé observent une hausse de la détresse psychologique chez les adolescents, submergés par un environnement mondial perçu comme stressant.
Qu'il s'agisse de conflits armés, de la crise climatique ou de tensions politiques, le flux ininterrompu d'actualités sur les réseaux sociaux vient alourdir la pression habituelle liée à la rentrée scolaire.
L'angoisse amplifiée par les écrans
L'organisme à but non lucratif Jeunesse, J'écoute offre un soutien gratuit, confidentiel et accessible 24 heures sur 24 aux jeunes du pays.
Sa directrice principale de l'intégration clinique, Diana Martin, y constate une hausse constante des demandes d'aide, particulièrement la nuit.
Si la rentrée des classes engendre son lot habituel d'anxiété liée aux nouvelles routines, à la peur de l'isolement et à la pression causée par les études, l'exposition permanente aux drames mondiaux sur les écrans accentue ce sentiment de vulnérabilité.
Les jeunes ont un accès direct et permanent à ce qui se passe dans le monde, qu'il s'agisse de la guerre, de l'environnement ou de la politique. Cela peut être extrêmement écrasant pour eux.
La fin de la pause estivale peut également raviver la crainte de retrouver des situations d'intimidation subies l'année précédente, tout comme l'appréhension face aux choix de vie après le secondaire.
Seuls dans leur chambre tard le soir, sans diversion possible, de nombreux adolescents se retrouvent démunis face à cette surcharge d'informations, explique Mme Martin.
L'an dernier, le service de texto de l'organisme a enregistré une hausse de 10 % des échanges durant la rentrée.
Le constat des professionnels de santé
Ce constat se traduit aussi sur le terrain. À l'Hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, les urgences ont connu une hausse de 40 % des consultations en santé mentale jeunesse entre août et septembre l'an dernier.
Le Dr Tom McLaughlin, pédiatre aux soins d'urgence de l'établissement, observe que, si la rentrée scolaire est naturellement intimidante, les enfants absorbent aussi l'anxiété du monde qui les entoure.
Même les plus jeunes, note-t-il, sont très conscients des enjeux globaux, ce qui génère un stress bien réel.
Décoder les signaux d'alerte
Comme les enfants peinent souvent à verbaliser cette détresse, le Dr McLaughlin invite les parents à guetter les changements de comportement discrets : un refus d'aller en classe, un désintérêt pour les activités, un sommeil perturbé ou un repli sur soi.
Pédiatre et père de famille, il constate ces réactions au quotidien.
Mon fils vient de commencer [ses études] dans une nouvelle école cette semaine, et il m'a dit qu'il était effrayé, mais enthousiaste.
Il rappelle que ces émotions contradictoires sont normales lors d'une transition. Dans ces moments, maintenir des routines régulières et encourager l'activité physique offrent un soutien précieux.
Fixer des limites et engager le dialogue
Pour désamorcer cette surcharge, les experts préconisent d'agir à la fois sur les technologies et la communication. Le Dr McLaughlin suggère d'établir une hygiène numérique claire, notamment en modifiant les notifications sur les cellulaires pour couper le flux d'alertes continu.
Au-delà des écrans, l'écoute active demeure la clef. Diana Martin rappelle qu'il n'est pas nécessaire d'avoir toutes les réponses; le simple fait de se montrer disponible joue un rôle décisif.
En abordant l'actualité de manière adaptée et en demandant aux jeunes comment ils se sentent, les parents contribuent à normaliser les discussions sur la santé mentale et à briser l'isolement.
Avec des informations de Bismah Mughal


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