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Les distributeurs jurent leurs grands dieux. Leurs déclarations laissent pourtant une porte entrouverte.
Le président du groupement Les Mousquetaires (Intermarché, Netto…) a été clair : « On a pris position il y a un an : on n’achètera pas ces produits-là. On ne le fera pas pour le poulet et on ne le fera pas pour notre poulet de notre paella de marque distributeur. » Il a assuré que Carrefour, Système U et Leclerc auront les mêmes positions, évoquant un « engagement ferme ». Chez Coopérative U et E. Leclerc, le message est tout aussi tranché.
Sur BFMTV le mercredi 7 janvier 2026, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a estimé que « la décision du groupe Carrefour et de ses confrères est de s’approvisionner quasi exclusivement voire exclusivement selon les filières en produits français. » « Il n’y aura pas de changement », a-t-il insisté, tout en appelant à « négocier encore des clauses de sauvegarde et des clauses de réciprocité ». Et là est le loup.
Les belles déclarations de toutes les enseignes de la grande distribution sont toujours nuancées par la réserve « des clauses de sauvegarde et des clauses de réciprocité ». Ces clauses de l’accord Mercosur existent, mais elles sont rédigées de façon tellement vague que personne ne sait de quoi il s’agit. Le peu qu’on en sait, c’est qu’elles sont rarement utilisées, complexes à mettre en œuvre juridiquement et souvent trop tardives. Elles sont évoquées essentiellement pour rouler dans la farine les agriculteurs français.
Carrefour avait déjà changé de position face aux menaces de boycott des magasins Carrefour au Brésil. En 2024, Emmanuel Bompard dans une lettre au ministre de l’Agriculture du Brésil, s’était platement excusé d’avoir annoncé qu’il ne vendrait pas de viande en provenance des pays du Mercosur en cas d’accord :
« Nous savons que l’agriculture brésilienne fournit une viande [qui se caractérise par] sa haute qualité, son respect des normes et sa saveur. »
L’annonce d’un refus de la viande du Brésil était alors présentée par le PDG de Carrefour, comme une simple erreur de communication. Qu’en est-il à présent ?
par Jacqueline
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