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Par Vincent Clairmont
Le Kospi a perdu 10,8 % en une séance ce mardi 28 juillet. Samsung Electronics a cédé 13,4 % — sa pire journée depuis près de vingt ans —, SK Hynix 14,7 %. Ces deux valeurs pèsent près de la moitié de l'indice coréen. Dans leur sillage, Nvidia a reperdu 5 % sous les 200 dollars, le Nasdaq 100 est passé brièvement en zone de correction (−10 % depuis son record de début juin), et l'indice semi-conducteurs de Philadelphie a perdu un quart de sa valeur depuis fin juin. Sandisk et Intel affichent −53 % et −39 % depuis leurs sommets.
Une correction boursière sur des valeurs chères n'est pas un événement systémique. Je l'écrivais le 17 juillet à propos des semi-conducteurs : le déclencheur d'une purge n'est jamais le prix des actions, c'est le crédit. Or c'est précisément ce qui a changé en dix jours, et l'objet de cette chronique est de le documenter. Le risque a commencé à migrer du marché actions vers le crédit — et depuis cette semaine, la migration a atteint le canal qui relie les deux : le courtage de premier rang des banques. Quatre faits, dans l'ordre de la chaîne.
Premier fait : la dette a pris le relais du cash-flow
Les grands acteurs de l'IA — Amazon, Alphabet, Nvidia, Meta, Oracle, SpaceX — ont émis 182 milliards de dollars d'obligations investment grade depuis le début de 2026, soit environ 15 % de l'émission corporate américaine totale — un bond de 1 300 % sur un an. Les dépenses d'investissement du secteur pourraient atteindre 785 milliards de dollars en 2026 et approcher le trillion en 2027. Rappel : le capex des principaux acteurs absorbait déjà 72 % de leur cash-flow opérationnel au deuxième trimestre. Ce qui ne peut plus être autofinancé s'emprunte. Nous y sommes.
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Deuxième fait : le prix de ce crédit monte, et vite
Les spreads des obligations des hyperscalers sont passés d'environ 50 points de base au-dessus des Treasuries à 78 points de base en deux mois — le mouvement le plus brutal depuis avril 2025. Le CDS d'Oracle a touché 75 points de base, un plus haut de sept ans. Glose au passage : un CDS est une prime d'assurance contre le défaut d'un emprunteur ; quand elle double sur un émetteur noté A, ce n'est pas du





























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