Voici le film idéal pour s’extraire de l’épuisante frénésie des fêtes de fin d’année. En près de trois heures, Lee Sang-il, cinéaste japonais d’origine coréenne actif depuis le début du millénaire mais dont aucune réalisation ne nous était encore parvenue, propose avec Kokuho – Le Maître du kabuki un voyage de près de trois heures dans l’univers du théâtre japonais, pour une histoire de filiation et de tradition d’une grande beauté qui privilégie l’intime à l’épique, même si le récit est une saga se déroulant sur près d’un demi-siècle.
Sélectionné en mai dernier par la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes, le film est devenu au Japon la production indigène la plus vue de l’histoire, avec quelque 12 millions de billets vendus. Adapté du roman Kokuho («trésor national») de Shuichi Yoshida, il raconte, après une séquence d’ouverture empruntée au cinéma de genre (un combat à mort entre deux clans mafieux dans un ryokan de Nagasaki, en 1964), l’adoption du jeune fils d’un yakuza, Kikuo, par un grand acteur de kabuki, Hanjiro. Celui-ci a aussi un fils biologique, Shunsuke, qui, selon une coutume où seule compte l’hérédité, est promis à prendre sa succession.


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