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Évacués depuis près de sept mois en raison d’une panne de l’usine de traitement de l’eau, les membres de la Première Nation de Kashechewan pourront enfin rentrer chez eux dès le 4 août.
Le chef de cette communauté crie isolée du Grand Nord de l’Ontario, Hosea Wesley, avait déclaré l’état d’urgence le 4 janvier dernier après que l’eau du robinet fut devenue impropre à la consommation.
Depuis, la majorité des 2300 résidents logent dans des hôtels de la province, notamment à Niagara Falls, Kingston, Timmins, Cochrane et Kapuskasing.
Plus de 60 personnes ont été déclarées positives au parasite Cryptosporidium, qui provoque des troubles gastro-intestinaux, tels que des nausées, des vomissements et de la diarrhée.
Des analyses de laboratoire menées le 27 juillet ont confirmé l’élimination complète du parasite, garantissant la potabilité de l’eau.

De nombreux membres de la Première Nation de Kashechewan ont quitté leur foyer en plein hiver et ne sont pas revenus depuis le début de janvier. (Photo d’archives)
Photo : Avec l’autorisation de Tyson Wesley
Lors d’un appel vidéo avec la Première Nation, Brent McCormac, ingénieur-conseil chez JR Cousin Consultants, a indiqué à CBC que les équipes avaient effectué plusieurs modernisations à l’usine de traitement de l’eau au cours de l’été.
Il a expliqué que les entrepreneurs avaient initialement constaté un dysfonctionnement des filtres, ces derniers ne contenant pas le matériau adéquat pour éliminer certains agents pathogènes.
Nous avons pu compléter le matériau filtrant pour que les installations existantes fonctionnent correctement, a-t-il déclaré, avant d’ajouter : Avant même la fin des travaux, le système de traitement répondait déjà à toutes les exigences de Santé Canada concernant le parasite, ainsi qu’à l’ensemble des autres normes environnementales.
Une fois ces corrections apportées, les équipes ont injecté une forte concentration de dioxyde de chlore pour rincer l’ensemble du réseau de distribution, y compris les tuyauteries résidentielles, afin d’éliminer tout parasite résiduel.

Une panne à l’usine de traitement de l’eau a privé d’eau courante les foyers de la Première Nation de Kashechewan. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
M. McCormac a précisé que la dernière étape consiste à finaliser l’installation d’un système de désinfection par rayons ultraviolets (UV) qui surpassera les exigences minimales de Santé Canada.
Ces travaux devraient s’achever au début du mois d’août, juste avant le retour des résidents.
L’ingénieur a également mentionné que des anomalies avaient été détectées sur les pompes chargées d’acheminer l’eau du réservoir vers les cartouches et le système UV.
Ces appareils défectueux ont été remplacés, et des équipements de rechange ont été commandés par mesure de sécurité.
Dans les prochains jours, les entrepreneurs tenteront de réparer les anciennes pompes afin de les conserver comme solutions de secours.
Également présent lors de cet appel, Jordan Dickson, agent de santé publique environnementale à Services aux Autochtones Canada (SAC), a assuré que le ministère s’engageait à tester l’eau de Kashechewan tous les trois mois.
Une période chargée d’émotion
Tyson Wesley, directeur général de Kashechewan, confie que la communauté traverse une période très émouvante à l’annonce de ce retour à la normale.
Aucun d’entre nous ne s’attendait à passer sept mois loin de chez soi dans des chambres d’hôtel. Ces sept derniers mois ont été de véritables montagnes russes émotionnelles.
M. Wesley précise que le rapatriement de la population vers cette communauté, accessible uniquement par voie aérienne, se fera progressivement.
À partir du 4 août, la Première Nation prévoit d’affréter quatre vols quotidiens.
Les quelque 1000 résidents logés à Niagara Falls seront les premiers à embarquer.
Selon le directeur général, cette première phase prendra plus d’une semaine en raison de la capacité limitée des appareils.
Le plan de transport prévoit ensuite le retour des personnes évacuées à Kingston, suivies de celles hébergées dans les communautés du nord de l’Ontario, à Timmins, Cochrane et Kapuskasing.
Alors que cet exil de sept mois prend fin, M. Wesley indique que les dirigeants communautaires préparent déjà la prochaine évacuation.
En raison de sa situation géographique en bordure de la rivière Albany, près de la baie James, Kashechewan est menacée par les crues printanières chaque année, ce qui force l’évacuation systématique de ses habitants.

Tyson Wesley est le directeur général de la Première Nation de Kashechewan.
Photo : Radio-Canada / Jamie Pashagumskum
Le chef Wesley a de nouveau interpellé les gouvernements provincial et fédéral pour accélérer le projet de relocalisation de la communauté vers un terrain plus élevé.
En 2019, le gouvernement fédéral s’est engagé à déplacer Kashechewan à environ 30 kilomètres au sud, sur un emplacement baptisé Site 5, d’ici 10 ans.
L’an dernier, SAC a annoncé le déblocage de 8,4 millions de dollars pour financer les études de planification détaillées nécessaires à ce projet de relocalisation à long terme.
Avec les informations de Jonathan Migneault


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