Sans surprise, l’ancien chef de l’État a clamé son innocence ce mercredi devant la cour d’appel de Paris, à l’entame des débats sur le financement libyen présumé de sa campagne électorale de 2007. Il sera interrogé sur les faits début avril.

Au palais de justice de Paris, Aurélien Poivret - Aujourd'hui à 14:36 | mis à jour aujourd'hui à 14:37 - Temps de lecture :

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Il ne lâchera rien. Nicolas Sarkozy a beau enchaîner les revers judiciaires, c’est encore une fois combatif qu’il se présente à la barre. « Je n’ai pas commis d’acte de corruption, ni de près ni de loin », avait-il lâché dès mardi, au détour d’une question procédurale soulevée lors du deuxième jour de son procès en appel pour le financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007 - celle qui l’a porté à l’Élysée.

Ce mercredi, l’ancien chef de l’État a eu l’occasion de développer son propos, en expliquant, comme ses coprévenus, la raison pour laquelle il a fait appel du jugement qui l’a condamné, le 25 septembre dernier, à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs - une peine dont il a déjà purgé 21 jours de détention, l’automne dernier. « J’ai fait appel car je n’ai commis aucun des faits pour lesquels j’ai été condamné », a déclaré Nicolas Sarkozy, avant de prévenir : « Je mobiliserai toutes les forces dont je suis capable pour défendre cette vérité profondément ancrée en moi. »

Nicolas Sarkozy lundi à l'ouverture du procès en appel autour du financement libyen présumé de sa campagne électorale de 2007. Dessin AFP/Benoît Peyrucq

Nicolas Sarkozy lundi à l'ouverture du procès en appel autour du financement libyen présumé de sa campagne électorale de 2007. Dessin AFP/Benoît Peyrucq

« J’imagine que la cour aura beaucoup de questions à me poser »

Invité ensuite à formuler une déclaration liminaire, l’ancien président de la République, poursuivi pour un pacte corruptif qu’il aurait noué avec Mouammar Kadhafi, s’est voulu bref. « Ce que j’ai dit à la cour n'était pas une formule, c’est la vérité que je ressens profondément en moi. Je n’ai commis aucun des actes reprochés, a-t-il dit. Je n’ai rien à ajouter, j’imagine que la cour aura beaucoup de questions à me poser, j’y répondrai. Ce que je vous ai dit, c’est ce que je ressens au plus profond de moi-même et de mon être. »

Lui aussi prévenu, Brice Hortefeux, ami de longue date de Nicolas Sarkozy, a affirmé qu’il « prouverait » que tout ce qui lui était reproché était « rigoureusement faux ». « Il n’y a pas un matin où je ne m’éveille sans m’interroger sur les motivations de ce jugement que j’estime aussi injuste qu’infondé », a dit l’ancien ministre, qui avait été condamné en première instance à deux ans de prison ferme aménageables.

En l’absence de Claude Guéant, dont l’hospitalisation à long terme rend impossible la comparution au procès, le planning de l’audience a quelque peu évolué. Mais l’interrogatoire de Nicolas Sarkozy n’est pas concerné par ces modifications. Il reste prévu les 7, 8 et 13 avril.

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