Dans un climat de tension croissante au sein de la justice, avocats et magistrats ont participé ce lundi à une journée de mobilisation "Justice morte". Faiblement suivie, la protestation met en lumière des divisions syndicales profondes, tandis que les critiques sur les réformes en cours et les méthodes de certains magistrats ravivent les tensions dans la profession.
Journée de mobilisation dans la justice. Avocats et magistrats étaient appelés ce lundi à une journée de mobilisation "Justice morte". Ils n’étaient que quelques dizaines de protestataires devant le tribunal de Paris.
Les avocats contestaient le projet de loi sur la justice criminelle. Les magistrats, eux, réclamaient davantage de moyens. Une mobilisation qui n’a pas eu l’effet escompté. Les syndicats sont divisés, notamment dans le sillage de l’affaire Lyhanna et des sanctions envisagées à l’encontre d’une magistrate du parquet d’Auch.
"Indignes de la fonction"
Le syndicat de la magistrature soutient la mobilisation et réclame des moyens. Mais Force Ouvrière Justice, par exemple, appelle la justice à faire son examen de conscience.
Ce syndicat, très présent dans l’administration pénitentiaire, estime que ces magistrats dissidents sont "indignes de la fonction" qu’ils occupent et qu’ils ont renvoyé une image déplorable de la magistrature, notamment à travers le groupe WhatsApp révélé par Europe 1 la semaine dernière.
Dans ce groupe de discussion, certains magistrats appelaient à saturer la messagerie de la Chancellerie, à perturber les audiences, voire à signaler à la hiérarchie des fautes graves imaginaires.
"Comportement indigne"
"Rejeter toute forme de responsabilité individuelle en cas de défaillance, c’est s’arroger un pouvoir sans contrôle", écrit FO-Justice dans un communiqué. À commencer par la magistrate d’Auch visée par le rapport d’inspection. Cette dernière a estimé auprès de ses collègues n’avoir commis aucune faute professionnelle.
"Comportement indigne", s’émeut le syndicat, qui précise : "Le minimum aurait été, pour les familles endeuillées, de reconnaître ses fautes et de demander pardon". Vendredi dernier, les deux plus hauts magistrats de l’ordre judiciaire français avaient mis en garde contre une mécanique qualifiée de "bouc émissaire".


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