Le magistrat Youssef Badr, victime d'injures racistes depuis la condamnation du directeur du magazine d'extrême droite Frontières, a décidé samedi de porter plainte.

La rédaction avec AFP - Hier à 19:17 | mis à jour hier à 19:38 - Temps de lecture :

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« J’irai jusqu’au bout de la procédure ». Youssef Badr, magistrat au tribunal de Bobigny, a annoncé samedi avoir porté plainte à la suite des injures racistes et menaces qu'il reçoit depuis la condamnation jeudi d'Erik Tegnér, fondateur du média d'extrême droite Frontières.

« J’irai jusqu’au bout de la procédure contre toutes celles et ceux qui, publiquement ou anonymement, m’ont menacé ou ont relayé des infos erronées », a écrit sur X le juge Youssef Badr.

Samedi, Erik Tegnér a réagi au dépôt de plainte du juge en publiant une nouvelle vidéo sur X, enjoignant à ses soutiens de « continuer », tout en leur demandant de « rester polis ». « Parce que si à la fin, on est condamnés, c'est parce qu'il y a toujours deux petits cons qui font des insultes et des menaces de mort, donc ça, faut arrêter », a-t-il lancé.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait auparavant « condamné fermement » « les attaques racistes et les menaces dont un magistrat de Bobigny fait l'objet sur les réseaux sociaux ». « En France, quand on n’est pas d’accord avec une décision, on fait appel. J’apporte à ce magistrat tout mon soutien, et le ministère est à ses côtés pour le soutenir », a écrit le garde des Sceaux.

Six mois avec sursis et 10 000 euros d'amende

Une formation collégiale de trois magistrats a condamné jeudi Erik Tegnér à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour avoir divulgué les données (nom, prénom, ville où ils exercent) d'avocats spécialisés en droit des étrangers, dans une enquête publiée en 2025 par Frontières dans un hors-série. Présentés comme des « coupables cachés du chaos migratoire » tirant profit d'un « business juteux », ces avocats avaient ensuite été visés par des commentaires haineux sur les réseaux et des menaces.

« Loin de se limiter à une présentation neutre », le magazine a usé à maintes reprises au fil de ce numéro spécial d'une « rhétorique virulente » en dressant « une liste accusatoire et stigmatisante », a indiqué le président du tribunal dans son délibéré.

Erik Tégnér avait dénoncé dès jeudi sa condamnation comme « une totale dinguerie », en disant qu'« on est en train de criminaliser la critique de l'immigration ». Il avait appelé ses abonnés et soutiens à « se mobiliser ». Des vagues de messages virulents avaient ensuite visé le magistrat ayant présidé l'audience correctionnelle.

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