Erik Tegnér a été condamné ce jeudi par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois de prison avec sursis pour avoir divulgué les données d'avocats spécialisés en droit migratoire.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 16:25 | mis à jour aujourd'hui à 16:25 - Temps de lecture :

Erik Tegnér intervient régulièrement sur la chaîne CNews. Capture d'écran YouTube/CNews Erik Tegnér intervient régulièrement sur la chaîne CNews. Capture d'écran YouTube/CNews

Le fondateur et directeur du média identitaire Frontières Erik Tegnér a été condamné ce jeudi par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois de prison avec sursis pour avoir divulgué les données d'avocats spécialisés en droit migratoire.
Absent à la lecture de cette décision, Erik Tegnér est également condamné à 10 000 euros d'amende et doit verser, au titre du préjudice moral, 2 000 euros à chacun des 10 avocats plaignants ainsi qu'un euro symbolique aux barreaux et organisations professionnelles d'avocats qui se sont constitués parties civiles.

Les faits remontent au 30 janvier 2025 et à la publication d'une « enquête dans les tribunaux », intitulée « Ces avocats militants qui font du business sur les clandestins » et mettant en cause plusieurs avocats à travers la France.
Ces derniers étaient présentés avec leur nom, leur prénom et la ville où ils exercent comme des « militants idéologiques », désignés comme les « coupables » de la crise migratoire et soupçonnés d'avoir fait un « business juteux » de la défense des migrants.

« Une liste accusatoire et stigmatisante »

Ce jeudi, le président du tribunal Youssef Badr a souligné combien Erik Tegnér « ne pouvait ignorer que la publication était susceptible de causer des comportements violents à l'égard des avocats ». « Loin de se limiter à une présentation neutre », le magazine a usé à maintes reprises au fil de ce numéro spécial d'une « rhétorique virulente », en dressant, a déploré le magistrat, « une liste accusatoire et stigmatisante ». Après lecture du délibéré, Me Frédéric Pichon s'est déclaré « scandalisé » et a annoncé que son client Erik Tegnér allait faire appel contre « cette décision éminemment politique ». « On a détourné, avec une indécence absolument caractérisée, la loi Paty qui était faite pour protéger des victimes d'infractions terroristes, pour la retourner contre des journalistes », a accusé Me Pichon.

Articles les plus lusFaits-divers - Justice