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En 2025, un nouvel arrivant sur 10 en Ontario est francophone, selon les chiffres de Statistique Canada.
Avec plus de 650 000 francophones, l’Ontario abrite la communauté francophone la plus importante au Canada [hors Québec], souligne Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones de l’Ontario, dans un communiqué de presse publié vendredi afin de souligner la Journée internationale de la Francophonie.
Martine Laberge a reçu hier à l’émission Dans la Mosaïque le spécialiste en statistiques Alexandre Nanoff, conseiller principal chez Liaison Stratégies, pour mieux comprendre les enjeux de vitalité de la communauté franco-ontarienne.
Comment analysez-vous les chiffres de 2025? Est-ce le résultat de politiques fédérales?
Je pense que depuis quelques années, et notamment en 2024, ils se sont vraiment penchés sur la question où il y a eu des ajustements au niveau du taux d’immigration francophone que la politique fédérale privilégie dans les prochaines années pour essayer de faire remonter les chiffres en pourcentage.
S’il y a eu, dit-il, des coupures au taux d’immigration global, que ce soit les différents volets, comme les étudiants étrangers, la main-d’œuvre temporaire et même le taux pour les résidents permanents, [...] la politique du gouvernement fédéral n'a pas pénalisé la communauté francophone.
Au contraire, ils ont mis des mesures en place pour favoriser un système de pointage — le système qui existe quand on fait une demande d’immigration — et les pointages ont été ajustés en faveur des demandes venant d’étrangers francophones.
Comment évaluez-vous le succès de cette immigration à long terme?
Pour Alexandre Nanoff, si l’attractivité du Canada, et en particulier de l’Ontario, joue un rôle important dans la vitalité de la francophonie, elle va de pair avec la rétention des nouveaux arrivants francophones.
Il observe que nombre d’entre eux envisagent de quitter le Canada après un certain temps, car les conditions ne sont pas toujours favorables à leur succès économique.
Selon lui, les principaux enjeux sont, entre autres, le coût de la vie ainsi que l’accès aux soins de santé, à une éducation de qualité et à des logements abordables.
Il évoque aussi le manque de quartiers francophones à Toronto, notamment.
Le succès s’évalue à un an, trois ans ou cinq ans après l’arrivée, souligne-t-il. Et les études récentes montrent que, dans beaucoup de lieux, c’est le découragement.
La reconnaissance des compétences est aussi un autre gros dossier, selon lui.
Pour M. Nanoff, si le fédéral encourage l’immigration, les provinces maintiennent énormément de barrières, notamment dans les professions réglementées, comme la santé.
Faire venir un million de francophones pour se dire qu’il y en aura 600 000 qui resteront n’est pas une mission accomplie, souligne-t-il.
On devrait se préoccuper particulièrement de la rétention des arrivants francophones, surtout si on veut atteindre nos cibles [...] d’ici 2050, d’augmenter les effectifs de la communauté francophone en Ontario.
Comment mieux mesurer la réalité de la francophonie dans nos communautés?
Pour Alexandre Nanoff, au-delà des chiffres, cela passerait par davantage de sondages auprès de la population francophone.
On pourrait imaginer un projet où la communauté francophone est sondée tous les week-ends ou deux fois par mois, propose-t-il, pour savoir comment évolue sa perception [...] en fonction de ce qui se concrétise en matière politique.
Toutefois, les sondages réguliers sont, dit-il, très coûteux et peu financés.
Il espère que davantage de ressources y seront allouées, pour mieux mesurer l’écart entre le discours institutionnel et la réalité dans les communautés.
Je pense que le travail peut vraiment se faire de manière plus efficace si on réussit à définir cet écart-là un peu plus fréquemment et un peu plus précisément qu’on ne le fait actuellement.
Avec les informations de l’émission Dans la mosaïque


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