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« Je ne crois pas ce rapport » : une mère conteste les conclusions sur la mort de son fils

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Trois semaines après la publication d’un rapport d'enquête indépendant blanchissant la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Nicole Sanderson refuse de tourner la page. Plus d’un an après la mort de son fils Dominick Moostoos, 29 ans, lors d’une intervention policière dans la Première Nation crie James Smith, à l'est de Prince Albert, cette mère réclame toujours des réponses.

Rendu public le 9 octobre, le document conclut que les trois agents impliqués n’ont commis aucune faute criminelle, des conclusions que cette mère, profondément marquée, refuse d’accepter. C’était un homme très amical. Il aimait rendre visite aux gens et saluait toujours tout le monde, résume-t-elle.

C’est d'abord comme d'un jeune homme généreux et toujours prêt à aider son prochain que Nicole Sanderson souhaite que l'on se souvienne de son fils unique.

Il aimait donner ce qu'il avait. Si quelqu’un manquait de nourriture, il essayait de lui préparer un colis pour l’aider, raconte-t-elle.

Dominick rendait visite à sa mère et à son beau-père presque quotidiennement. Pour moi, c’était comme un gros toutou affectueux. Il me manque énormément.

Photo de Nicole Sanderson devant la maison où son fils, Dominick Moostoos, est décédé lors d'une interpellation.

Nicole Sanderson se tient devant la maison où son fils, Dominick Moostoos, est décédé lors d'une interpellation en vertu de la loi sur les services de santé mentale.

Photo : Radio-Canada / Don Somers

Un appel qu’aucune mère ne souhaite recevoir

Le 28 avril 2025, Nicole Sanderson reçoit un appel lui annonçant que son fils ne réagit plus après avoir été maîtrisé et menotté au sol par trois policiers du détachement de la GRC de Melfort, près de son domicile.

Elle accourt immédiatement sur place.

J’ai couru jusqu’à l’endroit où mon fils était étendu. D’après ce que j’ai compris, il était probablement déjà mort, mais ils essayaient encore de le réanimer, se souvient-elle.

Les ambulanciers constatent son décès peu après leur arrivée. Cette scène continue d'ailleurs de la hanter.

Aucune mère ne voudrait recevoir un appel comme celui-là, le matin, pour apprendre que son fils est en train de recevoir une réanimation cardiorespiratoire.

Une arrestation qui soulève des questions

Selon le rapport de l’Équipe d'intervention lors d'incidents graves (SIRT), les agents ont été dépêchés vers 7 h 55 à la suite de plusieurs signalements concernant un homme qui aurait fait usage de répulsif à ours dans une résidence. Un proche avait également indiqué que Dominick Moostoos était sous l'effet de la méthamphétamine.

Un policier connaissant ses antécédents en matière de santé mentale s’est présenté sur les lieux vers 8 h 45. D’après le rapport, le jeune homme aurait tenu des propos inquiétants, répétant notamment à deux reprises qu’il se battrait jusqu’à la mort.

Lorsque le patrouilleur lui a signifié son arrestation en vertu de la Loi sur la santé mentale de la province, Dominick Moostoos a fui par la porte arrière. Après une brève poursuite à pied, il s’est arrêté, a levé les mains et s’est allongé par terre.

Ils auraient dû lui venir en aide

Selon la SIRT, Dominick Moostoos a commencé à crier qu’il faisait une crise cardiaque et qu’il allait mourir au moment où les agents le menottaient. L'un d'eux maintenait son épaule gauche avec un genou pendant qu’un deuxième lui immobilisait le bras droit.

À 8 h 54, l'homme a cessé de répondre. Les policiers lui ont retiré les menottes et ont entrepris des manœuvres de réanimation quelques minutes plus tard. Son décès a été officiellement constaté à 9 h 44.

L’autopsie a conclu que sa mort résultait d'une asphyxie positionnelle, combinée avec une intoxication aiguë à la méthamphétamine et à la cocaïne.

Nicole Sanderson conteste vivement la gestion de l'intervention. Selon elle, des témoins lui ont affirmé que son fils n'opposait aucune résistance et ne se montrait pas violent : Ils auraient dû reculer et lui porter assistance. On ne laisse pas quelqu’un agoniser en répétant qu’il est en train de mourir.

Une mère déterminée à aller jusqu'au bout

Au terme de l'interrogatoire de 13 témoins civils et de l'examen des preuves matérielles, la SIRT a conclu que les patrouilleurs disposaient des motifs raisonnables pour intervenir et qu'aucune accusation criminelle n'était justifiée.

Je ne crois pas vraiment à tout ce qui est écrit dans ce rapport, tranche fermement Nicole Sanderson.

L’organisme de surveillance maintient ses conclusions, rappelant que l’évaluation des techniques policières et de la formation relève de la direction de la GRC. La mère de famille réclame pour sa part une révision urgente des méthodes d'immobilisation afin d'éviter d'autres tragédies. Elle précise, par ailleurs, ne pas avoir encore eu accès aux rapports complets du coroner.

Aujourd’hui, elle tente de traverser son deuil tout en poursuivant sa quête de transparence.

C’est un vide permanent. Il nous manque chaque jour, confie-t-elle, tenant avant tout à ce que la mémoire de son fils soit préservée pour sa bienveillance.

Avec les informations de Lisa Risom

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