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À 11 ans, Israel Mianscum a quitté son village de Mistissini pour poursuivre un rêve qui n’était pas accessible chez lui, celui de jouer au hockey à un haut niveau. Douze ans plus tard, il participait au camp d’entraînement du Canadien de Montréal, son équipe d’enfance, pour une troisième fois, aux portes de la LNH.
Entre les deux, il y a eu quelques arrêts un peu partout au Québec : Rouyn-Noranda, Amos, Sherbrooke, Trois-Rivières et Laval. Mais lorsqu’il parle de son parcours, l’attaquant de 23 ans revient surtout avec fierté à son point de départ, cette communauté crie d’un peu moins de 4000 habitants de la région de la Baie-James, située à environ huit heures de route de Montréal.
Je suis très fier d’être Autochtone, lance-t-il au bout du fil, en entretien avec Radio-Canada Sports. C’est là que j’ai commencé à jouer au hockey, très jeune. J’avais 2 ans, dit-il à propos de sa communauté d’origine.
Les possibilités de poursuivre son développement y étaient toutefois limitées et, dès son jeune âge, on lui a recommandé de partir pour se mesurer aux meilleurs. Il a donc quitté sa famille dès la préadolescence, plusieurs années avant la plupart des jeunes hockeyeurs qui empruntent souvent cette voie vers 16 ans. Un départ hâtif et difficile qui, note-t-il, l’a forcé à grandir plus rapidement.
Lorsqu’on évoque les difficultés qu’a pu représenter le fait de grandir loin des grands centres de hockey, Mianscum insiste plutôt sur ce qu’il a reçu.
Les gens pensent parfois que ça a été plus difficile pour moi. Moi, je vois plutôt les choses comme ça : si j’avais grandi dans une ville, ma vie aurait peut-être été différente, explique-t-il.
Je suis extrêmement reconnaissant d’avoir ma communauté derrière moi. Quand j’étais jeune, elle m’aidait financièrement pour me permettre de me rendre là où je suis aujourd’hui.
Venir de ma communauté et avoir reçu toute l’aide que j’ai reçue, ça a vraiment été extraordinaire. Je me sens chanceux de venir d’où je viens [...]. Sans eux, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui.
Après Rouyn-Noranda, son parcours l’a mené à Amos, puis à Sherbrooke, où il a porté les couleurs du Phoenix, dans la LHJMQ, de 2019 à 2024. Il a ensuite fait le saut chez les professionnels, avec les Lions de Trois-Rivières.

Israel Mianscum à ses années avec le Phoenix de Sherbrooke
Photo : Vincent Levesque Rousseau/Sherbrooke Phoenix
Sa première saison chez les professionnels a été marquée par une importante blessure à un genou, mais aussi par un championnat. De retour au jeu, Mianscum a participé à la conquête de la Coupe Kelly des Lions, au printemps 2025. La saison suivante, il a inscrit 13 buts et 19 passes en 5 matchs à Trois-Rivières, des performances qui lui ont ouvert les portes du Rocket de Laval, avec qui il a disputé ses trois premiers matchs dans la Ligue américaine, l'an passé.
Des modèles autochtones

Jordin Tootoo est devenu en 2001 le premier joueur inuk repêché dans la LNH
Photo : Getty Images / Gregory Shamus
Enfant, Mianscum suivait déjà le Tricolore avec son père. Carey Price, qui est originaire de la Première Nation d’Ulkatcho, occupait une place particulière, car il était au sommet de sa forme, alors que le jeune joueur était encore au début de son adolescence.
Dans ma famille, on a grandi comme partisans des Canadiens de Montréal. Je regardais toujours les matchs avec mon père. Alors, évidemment, j’étais un très grand partisan de Carey Price.
Price est l’un des neuf joueurs d’origine autochtone à avoir porté les couleurs du Canadien de Montréal, aux côtés de René Bourque, Arron Asham, Gino Odjick, Sheldon Souray, John Chabot, Dwight King, Gerald Diduck et Ric Nattress.
Sur la glace, son modèle était plutôt Jordin Tootoo, premier joueur inuk repêché dans la LNH. Sa robustesse plaisait au jeune Mianscum, puisque c'est un style qu'il utilise dans son propre jeu avec sa taille de 1,85 m (6 pi 1 po). Mais son parcours représentait aussi quelque chose de plus grand.
Son agressivité. Ses bagarres. Il a surmonté tellement d’obstacles. C’est donc un autre gars que j’admire beaucoup.

Israel Mianscum a joué ses trois premiers match avec le Rocket de Laval lors de la saison 2025-2026.
Photo : Crédit : James Haijar / Club de hockey Canadien Inc.
Plus de deux décennies après les débuts de Tootoo dans la LNH, les joueurs autochtones y demeurent peu nombreux. Environ 90 joueurs se seraient identifiés comme Autochtones au cours de l’histoire de la ligue sur les près de 9000 qui y ont joué, selon la LNH, alors qu'ils représentent environ 5 % de la population canadienne. Mianscum espère un jour s'ajouter à cette courte liste.
Samedi, son troisième camp d'entraînement avec le CH a pris fin lorsqu’il a été assigné au Rocket, avec qui il tentera cette saison de se tenir un rôle plus important.
Pour l’instant, le chandail du Canadien reste un rêve pour lui. Le même que celui du petit garçon qui chaussait ses premiers patins à Mistissini, il y a 21 ans, et qui, quelques années plus tard, regardait les matchs du Tricolore avec son père.
En grandissant, la LNH a toujours été mon objectif. Et là où j’en suis aujourd’hui, je crois toujours que je peux y arriver.


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