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Le souverain pontife s'offrira un bain de foule dans les rues de Paris vendredi 25 septembre 2026. Dans le quartier latin, riverains et commercants sont partagés.
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Par Emilie Salabelle Publié le 17 sept. 2026 à 6h04
Autour de la fontaine Saint-Michel, l’habituel ballet de voitures et de piétons se croise entre les boutiques de souvenirs et les brasseries à touristes qui bordent la Seine. Rien, ou presque, ne laisse encore présager la venue papale qui se profile à l’horizon. Vendredi 25 septembre 2026, le célèbre boulevard se transformera en rampe de lancement pour Léon XIV, qui pourra mesurer sa cote de popularité française avec un premier bain de foule en papamobile. De cet événement, les commerçants seront exclus, la préfecture de Police ayant imposé la fermeture dès 10 heures sur le tracé de la déambulation qui démarre sur le boulevard Montparnasse. En bout de parcours, les enseignes les plus proches de la place Saint-Michel seront fermées jusqu’à 19 heures. Parmi les commerçants comme les Parisiens qui fréquentent ce haut lieu du quartier latin, les avis sont partagés entre excitation, déception et indifférence.
« On a prévu un after après 18 heures »
Dans les kiosques à journaux comme les boutiques de souvenirs, l’annonce de la fermeture n’est pas encore parvenue à tout le monde. « On a eu la visite de la préfecture de Police la semaine dernière, on attend encore de savoir ce qu’on fera », confie le vendeur d’une échoppe où s’alignent casquettes « I love Paris » et bibelots tour Eiffel. Rare sont les boutiques de souvenirs qui proposent des articles liés à la venue du pape. Quelques t-shirts floqués d’une silhouette papale saluant la cathédrale Notre-Dame et la basilique Montmartre tentent d’exister entre des maillots siglés Mbappé, les marinières et les tourniquets de magnets. « Je n’en ai vendu que deux ou trois, il n’y a que les vieux qui achètent ça ! » raille une commerçante.
Un peu plus haut sur le boulevard, au contraire, on surfe sur la vague, ou plutôt les vagues d’affluence. « Céline Dion et le pape en même temps, tout ça c’est bon pour le commerce et pour la vitalité du boulevard Saint-Michel », se réjouit François Jacquelin, vendeur chez « Imagine Paris souvenirs ». Et qu’importe s’il faut baisser le rideau devant la papamobile. « On a prévu un after après 18 heures pour accueillir les clients ! » lance-t-il plein d’enthousiasme. Le commerce, dont le chiffre d’affaires mise sur la clientèle étrangère pour 70 %, s’est approvisionné de quelques goodies : mug à l’effigie de Léon XIV, statuettes de vierge Marie, et même des canards en plastique coiffés d’une mitre pontificale, qui « font fureur » assure le commerçant.

« On est déçus de ne pas le voir »
Derrière son zinc où il enchaîne les expressos, Amar se prépare lui aussi à fermer son café. « De toute façon, tout sera barricadé. Mais il n’y a pas de mal, c’est pour le pape », commente-t-il laconiquement. D’autres restaurateurs tirent la grimace, comme Fatima, gérante d’une crêperie proche de la place de la Sorbonne. « Pour nous le vendredi c’est une grosse journée, mais on n’a pas le choix, il va falloir fermer. Au début, on nous avait dit que ce serait juste pour deux ou trois heures, et finalement, c’est toute la journée », déplore-t-elle.
Pour assurer la sécurité de la déambulation, les 2,5 km de boulevards parcourus par le pape ont été découpés en douze zones d’accueil fermées entre elles, accessibles par des points de filtrages. Le diocèse de Paris prévoit une grosse affluence pour cet événement ouvert à tous sans inscription : environ 150 000 personnes sont attendues.

Un spectacle auquel Alexandre, vendeur chez la célèbre librairie Gibert, n’assistera pas. Il regrette de ne pas pouvoir participer à la fête en première loge, comme lors des JO. « Pour l’épreuve de cyclisme, le tracé passait par le boulevard Saint-Michel, et on était restés ouverts. J’aurais adoré assister à ça, voir comment ça se passe. On est pas mal à être déçus de ne pas voir le pape. Ça reste l’homme le plus connu du monde », développe le vendeur, qui se dit impressionné par « la ferveur impressionnante » témoignée par les fidèles au souverain pontife.
« Une dinguerie »
Aude fait partie de ceux-là. Les yeux de cette Parisienne s’allument à l’évocation du souverain pontife. « Je serai à la messe avec une paroisse ! Je suis très contente de le voir, j’ai même réussi à convaincre mon ex-mari de venir aussi. Le pape, c’est un message de paix, de vivre ensemble », décrit cette croyante qui confie aller de temps en temps à la messe. Mais la descente en papamobile, ce ne sera pas pour elle. « Les grosses foules, j’aurai déjà ce qu’il faut à la Concorde », rigole-t-elle.

Étudiant en philosophie des sciences à la Sorbonne, Lazlo ignorait la venue du pape dans le quartier mais s’enflamme aussitôt à cette annonce. « C’est une dinguerie, je serai là ! Comment ça va être accueilli dans une capitale hyper sécularisée ? Est-ce que je vais ressentir un truc fort, moi qui suis beaucoup dans la théorie ? » s’interroge l’étudiant, le sandwich suspendu en l’air. Lui qui explique « croire en un absolu, mais pas dans une religion », salue une personnalité à la charge symbolique très forte. « Il y a Dieu, et après, il y a le pape », lance-t-il. « Moi, ce n’est pas quelque chose qui va me toucher, ça ne procure aucune émotion particulière, je ne suis pas croyante », rebondit sa camarade Esther. Entre fidèles, curieux et simples badauds, le mélange s’annonce hétéroclite autour du pape, vendredi 25 septembre dans le quartier universitaire. À en perdre son latin.
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