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La réforme judiciaire voulue par la Première ministre italienne Giorgia Meloni serait rejetée par 54% des votants Italiens, selon les résultats partiels rendus publics ce lundi par le ministère de l'Intérieur.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 16:38 | mis à jour aujourd'hui à 17:04 - Temps de lecture :
Le « non » à la réforme judiciaire en Italie voulue par la Première ministre Giorgia Meloni l'emporte avec plus de 54%, après le dépouillement des bulletins de plus de la moitié des bureaux de vote, indique ce lundi après-midi le site du ministère de l'Intérieur.
Un échec du référendum serait un coup dur pour Meloni, qui dirige depuis octobre 2022 un gouvernement de coalition d'une stabilité inhabituelle. Elle a toutefois exclu catégoriquement l'idée de démissionner en cas de défaite. « Nous avons dit dès le début que le référendum n'aurait aucune incidence sur le sort du gouvernement », a répété Galeazzo Bignami, chef du groupe Fratelli d'Italia (FdI), le parti de Meloni, à la Chambre des députés, sur la chaîne télévisée La7.
Ce jeudi vers 17h, la Première ministre a reconnu sa défaite : « Les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision (...). Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination, à œuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié », a-t-elle déclaré dans une vidéo publiée sur X.
Réforme contestée
« Nous l'avons fait ! Vive la Constitution ! », a pour sa part réagi sur X Giuseppe Conte, leader du Mouvement 5 Etoiles (M5S, opposition). La réforme, qui passe par une modification de la Constitution, entend séparer les carrières des juges et des procureurs et modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l'organe qui supervise tous les magistrats. Le gouvernement de Meloni juge cette réforme indispensable pour garantir l'impartialité du système judiciaire.
L'opposition y voit une tentative de mainmise du pouvoir sur les magistrats, critiquant une réforme qui ne s'attaque pas aux problèmes de fond, comme les procès trop longs ou les prisons surpeuplées. Le volet le plus controversé de la réforme concerne les modifications apportées au CSM, dont les membres étaient jusqu'à présent élus par leurs pairs et par le Parlement.
La réforme diviserait le CSM en deux conseils distincts : l'un pour les juges, l'autre pour les procureurs, et une nouvelle cour disciplinaire composée de 15 membres serait créée. Trois membres seraient nommés par le président de la République, trois autres seraient tirés au sort sur une liste établie par le Parlement et neuf seraient tirés au sort parmi les juges et procureurs.
Le deuxième volet consiste à empêcher les juges ou les procureurs de passer d'une fonction à l'autre, même si seule une infime minorité le fait. Depuis 2022, ils ne sont autorisés à changer de poste qu'une seule fois au cours des dix premières années de leur carrière. Ce système est considéré par de nombreux magistrats comme un rempart contre les ingérences politiques, mais les partisans de la réforme affirment que des relations trop étroites entre procureurs et juges portent préjudice aux accusés.


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