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Depuis le 7 avril, une loi italienne encadre les commentaires laissés sur les plateformes en ligne. L’objectif : rendre ces appréciations plus authentiques et mieux protéger les voyageurs.
Passer la publicité Passer la publicitéC’est officiel : l’Italie durcit le ton contre les faux avis. Après un an et demi de discussions, le gouvernement a adopté, le 7 avril, la «loi annuelle sur les PME», qui impose des règles beaucoup plus strictes aux plateformes diffusant des commentaires sur les hôtels, restaurants et attractions touristiques. Sur TripAdvisor, Booking ou encore Google, les appréciations devront désormais répondre à des critères précis pour être jugés fiables. Portée par la ministre du Tourisme Daniela Santanchè, cette réforme marque un tournant pour le secteur.
Du très chic Palazzo Shedir, 5-étoiles installé dans un palais baroque au cœur de Rome, à l’Hôtel La Perla, pension de famille avec vue sur la mer, les voyageurs s’appuient massivement sur les avis en ligne pour choisir où séjourner. Ces commentaires influencent 82% des réservations d’hébergement et 70% de celles des bars et restaurants, selon une étude du ministère de l’Entreprise et du «Made in Italy» publiée en 2025. Voici les principaux changements.
Un délai de 30 jours pour déposer un avis
Un commentaire n’est conforme que s’il est publié dans les trente jours suivant l’utilisation d’un produit ou d’un service, selon l’article 19 de la loi italienne sur la transparence des avis en ligne. Son auteur doit être en mesure de prouver qu’il a réellement fréquenté l’établissement — hôtel, restaurant ou attraction touristique — sans avoir bénéficié d’une réduction ou d’une quelconque compensation. Autre évolution notable : ces contributions ont désormais une durée de vie juridique. Au-delà de deux ans, elles perdent leur validité, car elles ne sont plus censées refléter la réalité actuelle d’un établissement.
L’obligation de fournir une pièce d’identité, envisagée en 2025, a finalement été abandonnée, jugée trop intrusive pour la vie privée. Chaque avis devra être lié à un séjour ou une consommation réelle (nuit d’hôtel, repas, billet d’entrée), prouvée par une facture ou un reçu. Les plateformes auront la responsabilité de faire retirer les avis manifestement illicites, en les signalant aux hébergeurs. L’Autorité de la concurrence devra, elle, publier chaque année un bilan sur l’application du texte. En revanche, le barème des sanctions n’est pas encore clairement défini.
Pour les voyageurs, cela devrait se traduire par un volume de commentaires plus restreint, mais potentiellement plus fiable au moment de réserver un hôtel ou un restaurant. Un enjeu de taille pour l’Italie, qui confirme son rang de deuxième destination touristique européenne, derrière l’Espagne, avec un record de 476,9 millions de nuitées en 2025, selon Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. Cette réforme pourrait, à terme, servir de socle à une future réglementation européenne plus large sur les commentaires de voyageurs et les pratiques publicitaires dans le tourisme.


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