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La conclusion provisoire de la guerre d’Iran est une véritable catastrophe pour ses deux coauteurs. D’abord pour le commandant en chef de ce qui reste, sur papier, la plus grande puissance militaire du monde.
Mais Donald Trump trébuche en tandem avec le leader de l’État juif, celui qui a entraîné l’autre, par la flatterie et une promesse de victoire facile, dans cette équipée funeste entamée un certain 28 février 2026.
Benjamin Nétanyahou a exploité sans vergogne la naïveté et l’ignorance du pervers narcissique de la Maison-Blanche, lequel se retrouve aujourd’hui dans la position du manipulé, du cocu géopolitique.
Avec en prime, un effet collatéral majeur de cette déculottée : le divorce apparent et croissant entre deux pays qui furent longtemps les plus grands alliés du monde.
Les paroles menaçantes de James David Vance, le vice-président, en disent long. Le pit-bull de la Maison-Blanche, qui avait fait naguère le même sale boulot avec Volodymyr Zelensky un certain 28 février 2025, a retourné cette fois son fiel contre Nétanyahou.
Après avoir rappelé « le soutien militaire considérable » des États-Unis à Israël, il a ajouté : « Si je faisais partie du cabinet israélien, je n’attaquerais peut-être pas le seul allié puissant qu’il me reste dans le monde. Donald Trump est le seul chef d’État favorable à l’État d’Israël à l’heure actuelle. »
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Pourtant, cette équipée face à ce qui était encore l’ennemi commun avait commencé au diapason, avec deux armées bien coordonnées pour l’attaque conjointe, en apparence dévastatrice, du 28 février, soutenue jusqu’à la deuxième semaine d’avril.
Lorsqu’il est devenu clair que le régime iranien, malgré les immenses dommages subis, se maintenait et conservait même une capacité de réplique importante (drones, missiles balistiques, bateaux téléguidés), avec l’atout maître du détroit d’Ormuz… craquements et divergences se sont fait jour.
Alors qu’en Israël, on se demandait : « Comment finir le travail ? »… aux États-Unis, c’était plutôt : « Comment sortir de ce guêpier ? »
D’un côté, la ligne dure : continuer, ne pas fléchir, jusqu’à ce que tombe ce régime diabolique. Mais du côté américain, c’était plutôt : arrêtons les frais ; trouvons coûte que coûte une porte de sortie. Y compris par un accord (même fumeux, même sommaire, même désavantageux) avec l’ennemi… devenu le partenaire potentiel d’un compromis.
Scénario tragique, familier depuis l’Antiquité : la force ne peut pas tout vaincre. Elle peut même se retourner contre ceux qui, aveuglés par l’hubris, se croient victorieux d’avance. La diplomatie peut s’appuyer sur la dissuasion, mais la force militaire sans plan stratégique et sans diplomatie mène à la défaite.
Toutes ces subtilités dépassent Trump… même si certains l’ont quand même averti. En février, le général Dan Caine avait alerté sur le fait que les stocks de munitions américains étaient fortement réduits, précisant qu’une campagne prolongée contre l’Iran entraînerait des risques majeurs.
Quant à Nétanyahou, il connaît sûrement l’histoire de David et Goliath. Mais il l’a complètement oubliée : il ne pouvait pas imaginer l’Iran dans le rôle de David, ou dans celui du Petit Poucet face à l’ogre. L’arrogance conduit à la chute de ceux qui détiennent, ou croient détenir, un pouvoir écrasant.
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Le Mémorandum, signé le 18 juin par les présidents Trump et Pezeshkian, montre que les États-Unis acceptent l’idée générale d’un compromis stratégique avec Téhéran, sans la chute du régime.
Le texte ouvre une séquence de négociation. Il admet la nécessité d’une désescalade régionale. Il inclut le Liban dans l’équation. Il n’envisage plus comme perspective inévitable l’affrontement permanent avec l’Iran. Pour Washington, Israël n’apparaît plus comme l’axe principal par lequel tout doit passer au Moyen-Orient.
Tout cela, vu de Jérusalem, est une horreur.
Il est prématuré de parler d’une rupture définitive. Les États-Unis restent, jusqu’à nouvel ordre, le premier soutien militaire et diplomatique d’Israël. Washington continue de bloquer ou d’adoucir des textes internationaux défavorables à l’État hébreu.
Mais cet épisode révèle une nouvelle inflexion : Washington n’accepte plus automatiquement que la ligne d’action israélienne détermine le calendrier ou les priorités des États-Unis au Moyen-Orient. Le président américain déteste que le monde entier répète aujourd’hui que c’est Nétanyahou qui l’a entraîné dans cette galère.
À ne pas oublier non plus : l’évolution marquée de l’opinion publique aux États-Unis. Les sondages montrent l’exaspération montante d’une part non négligeable de l’opinion face à l’État juif.
Gallup a publié en février dernier des chiffres historiques : 41 % des Américains déclaraient sympathiser davantage avec les Palestiniens, contre 36 % avec les Israéliens.
Chez les démocrates, l’écart est spectaculaire : 65 % pour les Palestiniens, 17 % pour les Israéliens. Question aussi de générations : une majorité absolue des 18-34 ans exprime désormais davantage de sympathie pour les Palestiniens.
Ici, la mémoire historique, ou l’érosion de la mémoire historique, joue un rôle. Ce n’est plus le souvenir de la Shoah qui détermine les attitudes majoritaires, mais ce qui s’est passé à Gaza depuis octobre 2023.
Ajoutons-y une certaine dose d’antisémitisme, à l’extrême gauche mais aussi à l’extrême droite, explicite chez certains trumpistes. Tout cela aide à comprendre pourquoi, après Gaza et après la bourde historique du 28 février 2026, l’appui à Israël n’est plus automatique aux États-Unis.
Pour joindre l’auteur : [email protected]


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