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Téhéran autorise les frappes contre les dirigeants étrangers en cas de guerre
Publié le 23.10.2026 à 18h02 – Par Ivan Petrov – Temps de lecture 7mn
L’Iran prépare des frappes contre des cibles politiques étrangères et anticipe des violences internes en cas de nouvelle guerre
Dans une interview accordée à l’agence de presse Fars, un haut responsable de la sécurité iranienne a affirmé que le pays avait donné ordre à ses unités opérationnelles de considérer comme légitimes les cibles politiques liées aux États-Unis et à d’autres nations potentiellement impliquées dans un futur conflit d’envergure. Selon les mêmes propos, l’Iran se préparerait également à des attentats contre ses propres responsables ainsi qu’à des attaques susceptibles de faire des victimes civiles si une nouvelle guerre venait à éclater. Ces déclarations, qui offrent un aperçu rare et inquiétant de la stratégie de défense iranienne, soulèvent de nombreuses questions quant aux intentions de Téhéran et aux risques de déstabilisation régionale.
Commandant en chef de l’armée iranienne, le général Amir HatamiContexte
Le haut responsable cité, dont l’identité n’a pas été révélée, s’est exprimé dans le cadre d’une interview exclusive avec le quotidien persan Fars, l’un des organes de presse les plus proches du pouvoir à Téhéran. Selon le responsable, les directives émises aux forces armées et aux milices parallèles visent à préparer le pays à un scénario de guerre totale, où les États-Unis, leurs alliés et d’autres puissances seraient perçus comme des adversaires légitimes. Le contexte géopolitique actuel, marqué par une série de tensions accrues entre l’Iran et Washington incluant les sanctions économiques, les incidents en mer d’Oman et les accusations réciproques d’ingérence constitue le terreau de ces déclarations. Le responsable a également évoqué la nécessité pour l’Iran d’anticiper des menaces internes, notamment des tentatives d’assassinats contre des responsables iraniens, ainsi que des opérations qui pourraient entraîner des pertes civiles. Cette prise de parole intervient à un moment où la communauté internationale surveille de près les mouvements militaires de Téhéran, notamment le renforcement de ses capacités balistiques et la coopération avec des groupes paramilitaires dans la région.
Image d’illustrationDéveloppement thématique complet
Les cibles politiques étrangères comme légitimes
Selon les propos du haut responsable de la sécurité, les unités opérationnelles iraniennes ont reçu l’instruction explicite de classer « les cibles politiques liées aux États-Unis et à d’autres pays impliqués dans une future guerre d’envergure » comme légitimes. Cette orientation, décrite comme une réponse à la perception d’une menace imminente, implique que les forces armées, les forces de la Garde révolutionnaire islamique (GRI) et les milices affiliées pourraient être mobilisées contre des dirigeants, des diplomates ou des infrastructures symboliques appartenant à ces États. Le responsable a souligné que la légitimité de ces cibles découle d’une logique de défense nationale élargie, où toute entité jugée complice d’une agression potentielle serait considérée comme un objectif militaire. Cette déclaration s’inscrit dans le cadre d’une doctrine de « défense proactive », qui, d’après les analystes, a été évoquée à plusieurs reprises par les dirigeants iraniens depuis les premiers jours de la crise nucléaire.
L’infrastructure des pays adverses visée
En outre, le responsable a précisé que non seulement les personnes politiques, mais également leur « infrastructure » seraient prises en compte. Cette notion, selon les propos rapportés, englobe les installations logistiques, les réseaux de communication, les bases militaires et les sites de production technologique des États-Unis et de leurs alliés. L’objectif, tel que présenté, serait de neutraliser la capacité de ces pays à soutenir une campagne militaire contre l’Iran. Bien que la source ne détaille pas les critères exacts de sélection, elle indique que les évaluations seront menées par les services de renseignement afin d’identifier les maillons faibles de la chaîne de commandement et de soutien ennemi.
Préparations face à des attentats internes
Parallèlement à la menace extérieure, le haut responsable a indiqué que l’Iran se prépare à la possibilité d’attentats visant ses propres responsables. Selon ses dires, les services de sécurité ont mis en place des plans de protection renforcée pour les hauts fonctionnaires, tout en élaborant des réponses rapides à d’éventuels assauts internes. Cette anticipation reflète une inquiétude quant à la capacité d’acteurs hostiles, qu’ils soient internes ou soutenus par des puissances étrangères, à mener des opérations de sabotage ou d’assassinat. Le responsable a ajouté que ces mesures comprennent la surveillance accrue des communications, le renforcement des unités de garde rapprochée et la mise en place de cellules d’intervention spécialisées.
Risques de pertes civiles en cas de guerre
Le responsable a également averti que, si une nouvelle guerre éclatait, des attaques susceptibles d’entraîner des morts civiles pourraient se produire. Cette mise en garde, formulée sans précision quant à la nature exacte des opérations, suggère que les forces iraniennes envisagent des scénarios où les frappes pourraient toucher des zones densément peuplées, que ce soit à cause de la localisation des cibles ou d’erreurs de ciblage. Selon le responsable, la planification inclut des évaluations d’impact humanitaire, mais il a reconnu que la priorité reste la défense du pays contre ce qu’il perçoit comme une agression imminente.
Réactions internationales et implications régionales
Les déclarations, relayées par le quotidien Fars, ont rapidement suscité des réactions au sein de la communauté diplomatique. Des responsables américains, cités de façon anonyme, ont qualifié ces propos de « déclaration d’intentions hostiles » qui pourrait justifier un renforcement des sanctions et une présence militaire accrue dans le Golfe. De leur côté, certains analystes européens ont souligné le risque d’escalade accidentelle, notamment si des frappes contre des cibles politiques se traduisent par des pertes civiles. Les pays de la région, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont rappelé leurs préoccupations quant à la stabilité du Moyen-Orient et ont appelé à un dialogue pour désamorcer les tensions.
Les dimensions historiques de la doctrine iranienne
Pour comprendre la portée de ces annonces, il convient de replacer le discours dans la continuité de la doctrine de défense iranienne. Depuis la Révolution de 1979, la République islamique a développé une stratégie de dissuasion basée sur la capacité de frapper les intérêts étrangers, tant sur le territoire national que sur les bases étrangères. Les programmes de missiles balistiques, les forces de la Garde révolutionnaire et le réseau de milices proxy ont été régulièrement présentés comme des moyens de « défendre la souveraineté ». Les propos du haut responsable s’inscrivent donc dans une logique déjà bien ancrée, mais ils marquent une escalade en explicitant la légitimité des cibles politiques et en reconnaissant la possibilité d’attentats internes.
Les mécanismes de décision au sein du pouvoir iranien
Selon les informations recueillies, les décisions de ce type sont généralement prises au sein du Conseil suprême de la Défense, où le Guide suprême, le président et les chefs des forces armées débattent des scénarios de conflit. Le responsable interviewé, en tant que haut fonctionnaire de la sécurité, agit comme porte-parole de ces délibérations. Il a indiqué que les directives sont le fruit d’une « analyse stratégique approfondie » prenant en compte les menaces extérieures, les capacités internes et les conséquences potentielles sur la population. Cette description, bien que provenant d’une source officielle, reste à corroborer par d’autres observateurs.
Les implications pour les populations civiles iraniennes
Le fait d’anticiper des attaques pouvant causer des morts civiles, même en cas de guerre, soulève des questions éthiques et humanitaires. Selon le responsable, la planification inclut des mesures d’évacuation et de protection des civils, mais il a reconnu que la complexité des opérations pourrait entraîner des dommages collatéraux. Les organisations de défense des droits humains, citant des précédents de conflits régionaux, ont averti que toute escalade pourrait exacerber les souffrances de la population iranienne, déjà confrontée à des difficultés économiques liées aux sanctions.
Citations et formulations marquantes
« Nous considérons les cibles politiques liées aux États-Unis comme légitimes », a déclaré le haut responsable, précisant que cette décision s’inscrit dans une stratégie de défense globale. « Nous nous préparons à d’éventuels attentats contre nos responsables », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de renforcer la protection des dirigeants. « Des attaques pourraient entraîner des morts civiles si une guerre éclate », a-t-il conclu, rappelant la gravité des scénarios envisagés.
Mise en perspective
L’ensemble des propos rapportés par le haut responsable de la sécurité iranienne révèle une posture de préparation à la fois offensive et défensive, qui s’inscrit dans une dynamique de tension croissante entre Téhéran et Washington. Si les déclarations peuvent être interprétées comme une simple mise en garde, elles traduisent également une volonté de légitimer des actions potentiellement très lourdes de conséquences, tant pour les cibles étrangères que pour la population iranienne. Le défi pour la communauté internationale consiste à décoder ces signaux sans déclencher une réaction en chaîne qui pourrait transformer des menaces verbales en réalités tragiques. Dans ce contexte, la vigilance des observateurs et la diplomatie restent les seuls leviers pour éviter une escalade incontrôlée.
Conclusion
Les affirmations du haut responsable de la sécurité, relayées par Fars, montrent que l’Iran prépare un éventuel recours à la force contre des cibles politiques étrangères tout en anticipant des risques internes majeurs. Cette double stratégie, articulée autour de la légitimité des frappes et de la protection des responsables, souligne la complexité du jeu géopolitique au Moyen-Orient. Alors que les tensions restent vives, il appartient aux acteurs régionaux et mondiaux de surveiller de près ces évolutions afin de prévenir une escalade qui pourrait coûter cher, tant en vies humaines qu’en stabilité régionale.
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