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Tribune
Farid Vahid
Chercheur spécialiste de l’Iran
Malgré la répression impitoyable exercée par le régime des mollahs à l’encontre des civils, la société iranienne poursuit son chemin vers la liberté, note Farid Vahid, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, à la Fondation Jean Jaurès, dans une tribune au « Monde ».
Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min.
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« Non à la peine de mort, nulle part, jamais et pour personne » : ce slogan, sans doute l’un des plus fédérateurs de la société iranienne, a été partagé des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux dans le cadre d’une vaste campagne de soutien à des opposants détenus par le régime et menacés d’exécution. Malgré cette mobilisation massive, Abolfazl Sepahi et Amirhossein Safari, condamnés lors de procès arbitraires, ont été pendus à l’aube du 28 juillet à Ispahan, tandis que l’appel à la prière du matin se mêlait aux cris et aux hurlements des manifestants, restés jusqu’au bout face aux forces antiémeute dans l’espoir de faire échouer les pendaisons.
Alors que les Iraniens ont entamé cette année 2026 en subissant d’abord la répression sanglante des mobilisations des nuits des 8 et 9 janvier, qui a fait des milliers de victimes, puis plus de quarante jours de bombardements intensifs américano-israéliens, au gré des changements d’humeur de Donald Trump, alternant entre la promesse de venir « au secours » des « patriotes iraniens » et la menace de ramener l’Iran à l’« âge de pierre », la République islamique, elle, est restée fidèle à elle-même. Quatre cent vingt-quatre exécutions ont eu lieu depuis le début de l’année, selon l’organisation non gouvernementale Iran Human Rights.
Miné par les crises politiques, économiques, sociétales et sécuritaires, le régime iranien n’a pu se maintenir au pouvoir qu’au prix d’un recours permanent à la terreur. L’emploi sans retenue de la force létale contre les mobilisations populaires puis le recours systématique à la peine de mort constituent les deux piliers d’une même stratégie destinée à installer durablement un climat de peur au sein de la population.
Lutte silencieuse quotidienne
Pour autant, la société iranienne poursuit son chemin vers la liberté, à l’image des milliers de femmes qui, partout dans le pays, continuent depuis le mouvement Femme, vie, liberté de défier le pouvoir en refusant de porter le voile et de se conformer au code vestimentaire imposé. Loin d’avoir cédé à la terreur, elles persistent, malgré les risques bien réels qu’elles encourent, près de quatre ans après la mort de Mahsa Amini, tuée par la police des mœurs [en septembre 2022] pour un voile jugé mal porté. Ou encore la vaste mobilisation étudiante qui a secoué les universités quelques semaines seulement après les massacres de janvier, dès la réouverture des facultés.
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