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Le Premier ministre israélien entame mardi une visite aux Etats-Unis. Il rencontrera le président américain pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Publié le 28/07/2026 11:02
Temps de lecture : 4min
Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, lors d'une séance du Parlement israélien, le 16 juillet 2026 à Jérusalem. (ILIA YEFIMOVICH / AFP)
C'est une première depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, doit rencontrer le président américain, Donald Trump, à Washington, mardi 28 juillet, alors que des divergences sont récemment apparues entre les deux alliés. Ce rendez-vous "est un grand privilège, mais aussi une grande responsabilité", a déclaré le Premier ministre israélien en amont de sa visite. Il doit s'entretenir avec Donald Trump dans le Bureau ovale, avant d'assister aux obsèques du sénateur Lindsey Graham – une figure politique qualifiée d'"ami d'Israël" par le bureau du chef du gouvernement. D'autres réunions devraient avoir lieu mercredi, avant un départ dans la soirée. Franceinfo revient sur les principaux enjeux de cette visite.
Accorder les positions sur l'Iran
Benyamin Nétanyahou a déjà annoncé que ce dossier serait le principal sujet de ses discussions avec la Maison Blanche. Cette visite intervient après la reprise récente des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran, et durant une accalmie fragile. Washington affirme vouloir redonner une chance à la diplomatie, après deux semaines de bombardements sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril. Israël avait participé à l'offensive lancée le 28 février ayant déclenché la guerre régionale, mais le pays n'a pas participé à la dernière vague d'affrontements.
L'administration israélienne est opposée à la signature d'un accord-cadre entre Washington et Téhéran, lui préfèrant des négociations sous pression militaire constante. Son attitude a parfois provoqué des remontrances américaines. En avril, Donald Trump avait ainsi qualifié Benyamin Nétanyahou de "type très difficile" et lui avait reproché de faire obstacle aux négociations sur un premier cessez-le-feu. Il s'était également emporté contre le Premier ministre après des frappes israéliennes au Liban quelques heures avant la conclusion de cet accord.
Benyamin Nétanyahou a affiché une attitude plus conciliante, dimanche sur Fox News. Le dirigeant israélien a dit "soutenir pleinement les efforts" de Donald Trump pour parvenir à mettre fin aux ambitions nucléaires de Téhéran. "S'il peut y arriver sans revenir à des combats de haute intensité, c'est très bien", a-t-il déclaré.
Dessiner l'après-guerre à Gaza et au Liban
Donald Trump et Benyamin Nétanyahou vont également évoquer la mise en œuvre de l'accord-cadre conclu entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, en vue de leur sortie de l'état de guerre. Ce texte est dénoncé par le mouvement islamiste du Hezbollah, partie prenante du conflit. Et son application reste difficile sur le terrain : l'armée libanaise a condamné dimanche la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du pays. Malgré les demandes de retrait formulées par Beyrouth, l'Etat hébreu occupe toujours un pan de territoire, afin de mener des opérations contre le mouvement pro-iranien.
Les discussions devraient également porter sur la bande de Gaza, territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre. Plusieurs médias israéliens, citant des sources politiques, ont rapporté que le cabinet de sécurité avait approuvé le cadre juridique permettant le déploiement d'une force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza. Cette décision est présentée comme un geste envers Washington. Cette force internationale, qui s'inscrit dans le cadre du "Conseil de la paix" promu par Donald Trump, constitue en effet l'un des volets du dispositif américain envisagé pour l'après-guerre à Gaza.
Benyamin Nétanyahou a concédé des "désaccords tactiques", tout en assurant partager avec Donald Trump les mêmes objectifs dans la guerre. Quelques points d'inquiétude demeurent tout de même. Donald Trump a récemment signé un accord visant à doter l'Arabie saoudite d'un programme de nucléaire civil – à condition tout de même de ratifier les accords d'Abraham, et donc de reconnaître l'Etat d'Israël. Le président américain, par ailleurs, semble bien décidé à vendre des avions F-35 à la Turquie, malgré l'opposition de son propre Congrès et d'Israël.
Réaffirmer l'entente entre les deux hommes
Donald Trump et Benyamin Nétanyahou se sont déjà rencontrés à huit reprises depuis le début du mandat de Donald Trump – leur dernier entretien remonte au 11 février, à Washington. Pour autant, cette visite aux Etats-Unis a déjà été reportée à deux reprises, selon le journal Yediot Aharonot, qui évoque la crispation de certains conseillers américains. Les derniers mois ont été marqués par des déclarations enflammées de Donald Trump, qui a qualifié le dirigeant israélien de "fou".
Selon Yonatan Freeman, expert en relations internationales à l'Université hébraïque de Jérusalem, le rendez-vous vise avant tout à dissiper les spéculations sur un refroidissement des relations. "L'enjeu principal est de montrer au monde entier, à l'Iran, mais aussi au Liban et à d'autres pays en particulier, qu'il n'y a pas de rupture ni de désaccord majeur entre les Etats-Unis et Israël", a-t-il dit à l'AFP. Les éventuelles divergences portent davantage, selon lui, sur les moyens (calendrier, intensité des opérations militaires ou objectifs immédiats) que sur les finalités.
L'arrivée de Benyamin Nétanyahou sur le sol américain a suscité un vif débat, alors que le dirigeant est visé par un mandat d'arrêt international délivré par la Cour pénale internationale. Il s'agit d'un "criminel de guerre", a notamment dénoncé Zohran Mamdani, maire de New York, dans le New York Times. L'élu dit avoir mené des discussions avec les autorités locales pour étudier la possibilité d'interpeller un dirigeant étranger, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Donald Trump avait balayé cette hypothèse, assurant que son hôte "ne sera[it] arrêté d'aucune manière (...) tant qu'il se trouvera[it] aux Etats-Unis".
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