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La proposition de loi sur la réforme du football français, votée en juin 2025 au Sénat, ne devrait pas passer à l’Assemblée au printemps comme espéré par Laurent Lafon et Michel Savin, à l’initiative du texte au sein de la chambre haute. Ce dernier, sénateur LR de l’Isère, s’inquiète du retard pris et des dégâts supplémentaires que cela pourrait causer sur le football hexagonal.
Propos recueillis par Antonin Deslandes - Aujourd'hui à 11:38 | mis à jour aujourd'hui à 11:44 - Temps de lecture :
La proposition de loi sur la réforme du football français, qui a été votée au Sénat en juin 2025, traîne à être inscrite à l’Assemblée nationale. Est-ce que ça vous inquiète ?
« Avec Laurent Lafon, aujourd'hui on est inquiet au vue de la situation du football professionnel en France avec les derniers épisodes qui viennent de se dérouler, le départ annoncé de Nicolas de Tavernost, le fait que CVC ait revu à la baisse son investissement ou les déclarations de l’UEFA qui se dit préoccupée pour la situation du football français. Il y a des inquiétudes sur la pérennité de certains clubs financièrement et il y a toujours un flou sur la question des droits TV. Ce sont des éléments qui ne sont pas très bons, donc pour nous il est urgent que des décisions soient prises pour partir sur une nouvelle base. Le temps passe et ce n’est pas un bon signal. »
Vous ne croyez plus à la possibilité de voir cette PPL être débattue au printemps ?
« Ce n’est pas que je n’y crois pas, mais aujourd’hui la réponse qui nous est faite - et je peux l’entendre - c’est que le calendrier législatif de l’Assemblée est très chargé, il y a un embouteillage. Mais dans le même temps, on peut être très inquiet si rien ne se passe rapidement pour réformer le football français. Il y a des urgences par rapport au contexte économique, sur la question du piratage dont on connaît tous l’impact financier sur le sport français. Si on espérait démarrer la saison prochaine avec des armes qui soient mis en place par l’ARCOM, on a besoin des dispositions qui sont dans le texte voté au Sénat et pour les appliquer, il faut qu’elles soient aussi votées à l’Assemblée. Si on n’accélère pas, on aura une situation de crise beaucoup plus importante dans quelque temps. »
« Je pense que les clubs, la Fédération, la Ligue, l’ensemble des acteurs doivent se mobiliser »
Est-ce que vous pensez qu’il y a des vents contraires au niveau du gouvernement ou de l’Assemblée ?
« Au niveau du gouvernement, on a eu des discussions avec la ministre des Sports et la ministre en charge des relations avec le Parlement, et je pense qu’il n’y a pas de vents contraires. Le gouvernement avait soutenu notre texte au Sénat et avait même engagé la procédure accélérée. Est-ce qu’il y a des vents contraires venus de l’extérieur ? On sait que cette PPL ne fait pas l’unanimité mais je ne l'espère pas. Et il y a quand même une forte prise de conscience de la part de la plupart des présidents de clubs, qui souhaitent que cette loi soit votée. La Fédération soutient également cela. »
Vous attendez des présidents de clubs qu’ils prennent davantage la parole publiquement ?
« Exactement. Je pense que les clubs, la Fédération, la Ligue, l’ensemble des acteurs doivent se mobiliser. Ils devraient pouvoir faire comprendre au gouvernement qu’il faut faire le maximum pour trouver un créneau pour cette PPL. Peut-être que certaines n’osent pas… Mais aujourd’hui, il faudrait un certain nombre de clubs qui prennent position, dont certains qui marquent vraiment, qui ont une voix forte dans le football français. »
Qu’avez-vous pensé de la sortie de Nicolas de Tavernost, qui a expliqué qu’il n’était « pas en état de poursuivre efficacement (s)a mission à la tête de LFP Media » ?
« Cet épisode montre bien qu’une nouvelle organisation doit se mettre ne place, que les clubs doivent être autour de la table, tout comme la Fédération lorsqu’il y a des décisions importantes à prendre pour le football français. Et il faut faire cesser les tensions à répétitions et lutter contre les conflits d’intérêt. »
Entre les lignes, Nicolas de Tavernost visait le président du PSG Nasser al-Khelaïfi, qui a la double casquette de président de club et de patron de beIN Sports…
« C’est clairement dit, mais maintenant il faut qu'on passe concrètement à l'action. Il y a un problème de dilution des responsabilités, d’une opacité sur certaines décisions qui ont entamé la confiance de beaucoup de monde. Nicolas de Tavernost est peut-être encore assez soft mais on voit bien que son rôle n’a pas été facile. »


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