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Depuis les années 1940, une zone située entre l’Ardèche et la Haute-Loire fait l’objet de nombreux fantasmes. Elle détiendrait le record des catastrophes aériennes en France, dont un impliquant la sœur de John F. Kennedy.
Mehdy Andalous et Célia Merckens - Aujourd'hui à 07:00 | mis à jour aujourd'hui à 07:25 - Temps de lecture :
À première vue, rien ne distingue ce périmètre des autres plateaux volcaniques qui l'entourent. Coincé entre le mont Mézenc, Le Puy-en-Velay et le massif du Pilat, ce triangle de moyenne montagne aurait pourtant la plus forte concentration de crashs aériens de tout le territoire français. Depuis les années 1930, on y dénombrerait une centaine d’accidents, une femme décédée de renommée internationale, et un surnom bien trouvé : le « Bermudes des Cévennes ».
Le premier accident mortel documenté remonte à 1943. Un bombardier britannique, chargé d'armes destinées aux résistants de la région, perd le contrôle et s'écrase dans la zone, tuant sept de ses huit membres. Le seul survivant évoque un projecteur qui aurait aveuglé l'équipage au moment de l'impact.
Le « crash de rien » en 1980
Pour certains, c'est l'acte fondateur de la malédiction. Suivront un appareil de la Royal Air Force en 1963 (quatre morts), deux avions de chasse en 1964, un aéronef de l'armée koweïtienne en 1980. Parmi les accidents les plus célèbres figure celui du 13 mai 1948, au-dessus de Saint-Bauzile : un avion frappé par la foudre s'écrase, tuant ses quatre passagers dont Kathleen Kennedy, sœur du futur président américain.
La légende atteint son sommet le 18 décembre 1980, avec ce qu’on surnommera par la suite le « crash de rien ». Des témoins observent un appareil en difficulté dans le ciel du Puy-en-Velay. L'avion disparaît derrière une crête, une épaisse colonne de fumée noire s'élève. Les gendarmes sont prévenus et les secours dépêchés sur place pour… ne rien trouver. Ni débris, ni indice, ni avion signalé disparu.
Une légende construite de toutes pièces ?
C'est Jean Peyrard qui, dans son livre consacré au Triangle de la Burle, a lancé la réputation de la zone, popularisant au passage son nom. Il y esquisse un éventail de théories allant de la plus scientifique (le vent, la neige, une météo capricieuse) à la plus baroque : malédiction gauloise avec un trésor maudit, ou présence d'ovni avec un « étrange appareil en forme de croix » aperçu dans le ciel en 1420 par les habitants du Puy-en-Velay.
Aujourd’hui, pour beaucoup d’experts, à y regarder de près, la théorie du triangle ne tient pas vraiment la route. La plupart des crashs auxquels Peyrard fait référence ne se sont pas produits dans la zone qu'il a lui-même délimitée, au point que les auteurs qui lui ont succédé ont dû en déplacer les contours pour mieux coller aux faits.
L'ouvrage fondateur, par ailleurs, est très romancé : les éléments paranormaux y sont amplifiés, et les sources sur lesquelles il s'appuie sont souvent difficiles à retrouver ou à vérifier. Si pour certains habitants du territoire, le mystère est toujours tenace, pour d’autres, il s’agit plus qu’autre chose d’un « canular de journalistes ».


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