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Grise Fiord est le village le plus au nord du Canada.
Lorsque les quelque 150 résidents de ce hameau du Nunavut ont constaté au fil des ans l'arrivée de vagues plus puissantes, des variations dans le couvert de glace et des risques d’inondations, ils se sont tournés vers des scientifiques.
Tout a commencé avec des questions de membres de la communauté, explique David Didier, professeur de géographie à l’Université du Québec à Rimouski.
Ce dernier se souvient notamment qu'il a été contacté par le groupe Hunters and Trappers Organization de Grise Fiord, situé sur la pointe sud de l’île d'Ellesmere.
Les résidents de la communauté la plus septentrionale du Canada cherchaient notamment des moyens de rendre moins périlleuses leurs expéditions de chasse.
Des conditions de plus en plus dangereuses
Si je pars, reviendrai-je chez moi sain et sauf? Telle est la question que se posent les chasseurs en observant l’évolution des côtes, selon Marty Kuluguqtuk, adjoint à l’agent administratif principal de Grise Fiord.
Il y a eu des changements météorologiques considérables. Beaucoup plus de neige, de pluie et plus fréquemment des vents inhabituels similaires à des tempêtes.
Lui-même dit avoir constaté des variations importantes depuis qu’il s’est installé dans le hameau il y a plusieurs décennies. Selon lui, l’érosion côtière a aussi changé la manière dont les résidents se déplacent au bord de l’Arctique.
Il est plus difficile de prédire la houle et les conditions maritimes, constate Marty Kuluguqtuk.
L’administration du hameau a aussi tenté de mettre en place des mesures d’atténuation, comme des protections côtières près des zones d’embarcation.
La diminution du couvert de glace de mer en Arctique contribue aussi à augmenter l’activité des vagues, selon les chercheurs.
S'il y a moins de glace de mer au large, cela crée une plus grande zone où le vent peut s’engouffrer et générer des vagues.
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Des bouées, des sondes de mesure du niveau de l’eau et de l’équipement pour surveiller la météo ont été disposés près des communautés pour les besoins de la recherche.

Pour David Didier, étudier l'érosion à Grise Fiord permettra de donner une base pour de futures recherches similaires en Arctique.
Photo : Gracieuseté / David Dadier
Les scientifiques cherchent aussi à comprendre les répercussions de la fonte du pergélisol sur l’érosion côtière.
David Didier précise que les connaissances holistiques des communautés inuit ont été indispensables pour son projet.
Il explique que les résidents repèrent souvent les points d’érosion bien avant les scientifiques et que cela aide à combler les lacunes de la recherche arctique.
Avec les informations de Tharsha Ravichakaravarthy


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