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Injection létale, azote, peloton d’exécution… Ce que l'on sait des ratés de la peine capitale aux États-Unis

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Après l’échec de l’exécution d’une condamnée dans le Tennessee, le débat sur les méthodes de mise à mort ressurgit aux États-Unis.

L'échec sans précédent de la mise à mort d'une femme dans le Tennessee relance l'insoluble débat sur les modes d'exécution aux États-Unis, de l'injection létale à l'inhalation d'azote, en passant par la chaise électrique ou le peloton d'exécution. Les modes d'exécution en vigueur aux États-Unis Ils varient selon les États, qui réalisent l'immense majorité des exécutions, celles relevant de la justice fédérale étant rares.

L'injection létale, autorisée dans 28 États et au niveau fédéral, reste de très loin le mode d'exécution le plus courant depuis le rétablissement de la peine de mort aux États-Unis en 1976. En 2025, sur 47 exécutions, 39 ont ainsi été réalisées par injection létale. Cinq autres l'ont été par inhalation d'azote, une méthode utilisée pour la première fois dans le monde en Alabama (sud) en 2024 et comparée par des experts de l'ONU à une forme de «torture», et trois par peloton d'exécution en Caroline du Sud, pour la première fois aux États-Unis depuis 2010.

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Mais certains États ont rencontré des difficultés à se procurer les produits nécessaires auprès des laboratoires pharmaceutiques, soucieux de ne pas être associés à la peine capitale. Tel a été le cas par exemple de la Caroline du Sud, l'Utah et l'Indiana, qui ont repris les exécutions en 2024 après plus d'une dizaine d'années d'interruption pour cette raison. Viennent ensuite, par ordre de fréquence, l'électrocution et l'inhalation de gaz, autorisées chacune dans 9 États, et le peloton d'exécution, méthode prévue dans 5 États.

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Exécutions ratées

Aucun mode d'exécution n'échappe aux risques d'échec spectaculaires. En 1983, dans l'Alabama, la jambe de John Evans a pris feu après la première décharge électrique tandis que de la fumée sortait de la cagoule et qu'une odeur de chair brûlée commençait à envahir la pièce. Il a fallu trois décharges en tout avant que le cœur du condamné n'arrête de battre.

En 2009, en Ohio (nord), Romell Broom a subi pendant deux heures les assauts des trois membres de l'équipe d'exécution de l'État qui ont piqué ses bras, ses mains et ses jambes 18 fois pour tenter de lui administrer l'injection létale. Devenu le premier condamné à survivre à son exécution aux États-Unis depuis 1946, il a finalement été emporté par le Covid-19 dans sa cellule en décembre 2020.

Même le peloton d'exécution, censé être plus décisif, présente des difficultés, explique à l'AFP Laura Porter, directrice d'un groupement d'organisations américaines luttant pour l'abolition de la peine capitale. Lors de l'exécution de Mikal Mahdi en Caroline du Sud en 2025, «les tireurs ont manqué la cible posée sur son cœur et il a mis plus de temps que prévu à mourir», rappelle-t-elle, citant les résultats de l'autopsie. Quant à l'inhalation d'azote, «elle pose de graves problèmes en Alabama et a été provisoirement suspendue», ajoute-t-elle. «Il n'y a pas de manière parfaite de tuer les gens», estime Laura Porter, soulignant que «participer à une exécution est incroyablement stressant pour le personnel pénitentiaire».

Les conséquences des exécutions ratées

Les États américains réagissent généralement aux plus choquants de ces échecs, soit en décrétant un moratoire pour réviser leurs protocoles d'exécution, soit en introduisant de nouveaux modes d'exécution. Le Tennessee avait ainsi décrété un moratoire en 2022, avant de reprendre les exécutions par injection létale en 2025 selon un protocole modifié.

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L'Alabama a, pour sa part, expérimenté l'inhalation d'azote en janvier 2024 à la suite d'une exécution manquée en novembre 2022. Mais pour Laura Porter, aucune solution durable ne sera possible tant que le secret entourant les exécutions ne sera pas levé.

«Lorsqu'il y a des problèmes avec les protocoles, avec les solutions mortelles ou avec la compétence de l'équipe chargée de l'exécution, il est très difficile d'obtenir des informations jusqu'à ce que le problème se soit produit», déplore-t-elle, appelant à une plus grande transparence sur les processus de mise à mort de condamnés.

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