Les Suisses ont peu voté ces dernières années sur les questions de relations internationales. Pour preuve, élu il y a bientôt 10 ans à la tête des affaires étrangères, Ignazio Cassis n’a jamais eu l’occasion de mener campagne pour le Conseil fédéral lors d’une votation fédérale. Cette lacune sera comblée d’ici au 27 septembre avec l’initiative sur la neutralité, qui demande d’ancrer la notion de manière stricte dans la Constitution. Un texte déposé par Pro Suisse et quelques figures de l’UDC tel Christoph Blocher, auquel le gouvernement s’oppose, tout comme le parlement, estimant qu’il réduirait trop la marge de manœuvre de la Suisse. Un oui empêcherait les collaborations avec des alliances militaires comme l’OTAN ou les reprises de sanctions économiques, à l’exception de celles de l’ONU.
Ce baptême du feu se déroule dans un contexte particulier pour le Tessinois, alors que la Russie s’est immiscée dans le débat de façon inédite. Le 31 juillet dernier, la porte-parole du Ministère russe des affaires étrangères apportait, via son compte Telegram, son soutien à l’initiative. Ce mardi, lors du lancement de sa campagne devant la presse, le ministre s’est voulu rassurant. «Nous y sommes habitués, quatre fois par an, nous votons et le monde en parle. Tant que ce qui se passe est transparent et que la source est claire, cela fait simplement partie de la politique», a-t-il répondu, se déclarant «profondément convaincu» que la population est assez mûre et intelligente pour faire la part des choses.


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