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Le cerveau humain est un ordinateur de pointe, capable de traiter simultanément des millions de signaux pour leur donner sens. Certains chercheurs veulent exploiter cette puissance de calcul en créant des puces cybernétiques utilisant des neurones.
JML - Aujourd'hui à 08:00 | mis à jour aujourd'hui à 08:21 - Temps de lecture :
Et si les neurones de nos cerveaux étaient plus efficaces qu’une puce en silicium ? Sur le plan énergétique, cela ne fait aucun doute. Un cerveau humain consomme l’équivalent de 20 watts, soit l’équivalent d’une simple ampoule LED. En comparaison, un data center IA peut consommer 20 MW - soit un million de fois plus. Le cerveau humain est certes (beaucoup) moins rapide en calcul mental. Mais il n’a pas non plus besoin d’avoir été entraîné avec plusieurs dizaines de millions d’images pour savoir reconnaître un chat.
Dès lors, pourquoi ne pas utiliser des neurones humains comme autant d’ordinateurs miniatures ? C’est la voie explorée par certains scientifiques, à mi-chemin entre l’informatique et la biologie. En 2021, des chercheurs de la start-up australienne Cortical Labs ont connecté un réseau d’environ 800 000 cellules cérébrales humaines (cultivées en 2D) à une matrice de microélectrodes reliée au jeu vidéo Pong. Lorsque la raquette touchait la balle, une impulsion toujours identique était envoyée aux cellules. Lorsqu’elle la manquait, un signal aléatoire venait sanctionner la faute. À l’image de l’être humain, les neurones ont horreur des environnements imprévisibles. En seulement cinq minutes, ils ont commencé à modifier leurs connexions afin de renvoyer la balle.
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Un organoïde capable de reconnaitre une voix
C’est une faculté de notre cerveau qu’aucune puce de silicium ne possède : la plasticité. « La puce informatique neuronale a appris beaucoup plus rapidement que les systèmes traditionnels d’apprentissage automatique et devrait être capable d’améliorer ses performances grâce à de nouveaux algorithmes d’apprentissage » a récemment expliqué Brett Kagan, directeur scientifique de Cortical Labs, à la suite d’une nouvelle expérience (avec cette fois le jeu de tir Doom ).
En utilisant un organoïde cérébral, des chercheurs de l’Université de l’Indiana (États-Unis) sont également parvenus à résoudre des problèmes mathématiques et à effectuer de la reconnaissance vocale.
Les neurones humains sont-ils l’avenir de l’informatique ? On peut imaginer qu’à terme, des puces cybernétiques utilisant des cellules cérébrales soient utilisées pour effectuer certaines tâches comme de la reconnaissance de formes ou des prédictions de marchés, pour un coût énergétique largement inférieur à celui d’une intelligence artificielle. Mais ces développements ne vont pas sans soulever des questions éthiques. Un organoïde cérébral pourrait-il posséder une forme de conscience, même rudimentaire ? Peut-il ressentir de la douleur ? En l’absence de système nerveux et vasculaire, cela paraît impossible à la plupart des experts. Dans ses dernières recommandations, la Société internationale pour la recherche sur les cellules souches (ISSCR) invite toutefois les chercheurs à la vigilance face aux « questions éthiques qui pourraient survenir à mesure que les modèles d’organoïdes deviennent plus complexes ».


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