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Incursion dans les opérations de déglaçage des routes

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L’entretien hivernal du réseau routier sous la responsabilité du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) représente un défi important chaque année. Incursion dans l’organisation de ces opérations, en particulier pour le déglaçage des routes, au centre de services d’Amos.

Le ministère des Transports a consacré 36 millions de dollars à l’entretien hivernal de son réseau routier de 2600 kilomètres, l’an dernier, en Abitibi-Témiscamingue. En tout, ce sont plus de 48 000 tonnes de sel, 87 000 tonnes d’abrasifs et 13 000 litres de saumure qui ont été utilisés pour rendre les routes plus sécuritaires.

On a à peu près 85 camions qui, au niveau du ministère, s’occupent de l’entretien hivernal. Ils ont la charge de 15 % des routes, alors que les 85 % restant sont sous la responsabilité de sous-traitants. On parle d’environ 100 employés dédiés à l’entretien hivernal au ministère, spécifie Nicole Gaulin, conseillère en communication au MTMD.

Une femme montre du doigt une carte géographique sur un mur.

Cinq centres de services du ministère des Transports ont la responsabilité de l'entretien hivernal de 2600 kilomètres de route, montre ici Nicole Gaulin.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Le centre de services d’Amos dispose de quatre déneigeuses avec épandeur pour entretenir 90 des 605 kilomètres de route sur son territoire. Il est responsable directement de l’entretien de la route 111 entre Launay et La Corne, ainsi que des routes situées en milieu urbain, avec les deux carrefours giratoires, la 6e Rue Ouest et la route 109 jusqu’à Pikogan.

Sel et sable de qualité

Amos utilise environ 3000 tonnes de sel par année. Celui-ci provient de la mine Goderich, de Compass Minerals, dans la région de Toronto, en Ontario. C’est la seule région du Québec à s’y approvisionner.

Des réservoirs sont installés sur les camions afin de permettre d'épandre de la saumure sur les routes.

Des réservoirs sont installés sur les camions afin de permettre d'épandre de la saumure sur les routes.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Chaque livraison est contrôlée pour la qualité, tant la taille des grains que l’humidité. Le sable utilisé comme abrasif doit aussi respecter des normes pour la taille des grains, pour ménager les pare-brise.

Le sel est efficace entre 0 et moins 15 degrés Celsius. Quand il fait plus froid, c’est le sable abrasif qui est utilisé. Parfois, les deux sont mélangés. Et pour un troisième hiver, le ministère des Transports a intégré la saumure à ses opérations de déglaçage. Il s’agit de calcium liquide.

Un homme tient en main un sac plein de sel.

Éric Curadeau doit prendre des échantillons de sel comme ce sac à chaque livraison pour s'assurer qu'il répond bien aux différentes normes du ministère des Transports.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Ça marche par temps froid surtout. Entre 0 et moins 7, on ne prend pas de calcium liquide, mais entre moins 7 et moins 15, on va prendre du calcium liquide. Ça va faire agir le sel plus vite. Puis on va mettre moins de sel. C’est le but à cause des coûts, mais aussi à cause de l'environnement, explique Éric Curadeau, technicien en travaux publics.

Une station météo en camionnette

L’intervention retenue pour déglacer les routes est décidée par le chef d’équipe pour les routes et structures. Rémi Bilodeau occupe cette fonction depuis 8 ans, et il travaille à l’entretien hivernal depuis 26 ans à Amos.

Le sel de déglaçage est entreposé à l'abri sur le site du centre de services d'Amos.

Le sel de déglaçage est entreposé à l'abri sur le site du centre de services d'Amos.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Il patrouille donc les routes avec son véhicule pour constater l’état des routes, tout en tenant compte de la météo actuelle et à venir. En plus de constater le tout de visu, il a une petite station météo dans sa camionnette.

C'est selon la température actuelle, mais aussi la température qui s'en vient, parce que ce n’est pas toujours pareil. J'ai une station météo dans mon camion. Ça me dit la température ambiante, puis la température du sol, l'humidité. Ça me dit pas mal tout ce dont j'ai besoin. Quand la température de la rosée est à moins 7, puis la température est à moins 7, c’est dangereux pour une glace noire. Il faut surveiller ça. Je surveille tout le temps ça, explique-t-il.

Les équipements servant à l'épandage du sel et des abrasifs sont régulièrement calibrés par les employés du ministère des Transports.

Les équipements servant à l'épandage du sel et des abrasifs sont régulièrement calibrés par les employés du ministère des Transports.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Selon les conditions, il ordonne qu’on épande du sel, de l’abrasif, les deux ou encore de la saumure. Chaque bout de route a ses particularités. La météo change parfois rapidement. Et c’est lui qui, en rentrant au bureau, envoie les conditions routières au service 511 du ministère des Transports. C’est lui qui informe la population de l’état de la chaussée en hiver.

Son objectif, c’est d’ouvrir le chemin, comme il dit. Ramener le plus possible la route sur l’asphalte, selon le niveau d’entretien. Le travail commence à 6 h le matin, parfois plus tôt, pour s’assurer que la circulation se fait bien, en particulier pour le transport scolaire.

Des écoroutes d’hiver

L’Abitibi-Témiscamingue présente aussi la particularité d’avoir le plus grand nombre d’écoroutes au Québec. On dénombre neuf de ces tronçons ciblés dans la région.

Le sel utilisé pour déglacer les routes doit respecter plusieurs critères, notamment au niveau de l'humidité et de la grosseur des grains.

Le sel utilisé pour déglacer les routes doit respecter plusieurs critères, notamment au niveau de l'humidité et de la grosseur des grains.

Photo : Radio-Canada / Martin Guindon

Ce sont des endroits où l’on va limiter de beaucoup l’utilisation du sel, des sels de déglaçage, parce que ce sont des endroits plus sensibles au niveau environnemental. C’est souvent des endroits où il y a moins de circulation routière. On veut éviter que le sel ne se déverse dans l’environnement et affecte les écosystèmes, précise Nicole Gaulin.

Plusieurs chercheurs et groupes environnementaux plaident pour une réduction de l’utilisation du sel sur les routes au pays.

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