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Deux éducatrices canines de l’Eure ont organisé une collecte de dons et ont traversé la France, mardi 28 juillet 2026, pour les sinistrés de Gironde et leurs animaux.
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Par Mathilde Carnet Publié le 30 juil. 2026 à 9h59
Alors que les incendies continuent de ravager la Gironde, des milliers de personnes sont toujours évacuées, parfois accompagnées de leurs animaux.
Parti le 22 juillet 2026 de Saumos, le principal incendie est toujours à une quinzaine de kilomètres de Bordeaux. Au total, 222 000 personnes ont dû quitter leur domicile.
Si près de 60 000 habitants ont pu regagner leur logement ce mardi, de nombreuses familles, accompagnées de leurs chiens, chats ou autres animaux, ont encore besoin de matériel de première nécessité.
Deux éducatrices canines
Touchées par cette situation, Charlotte Robert, éducatrice canine à RespectDogs, basée à Saint-Meslin-du-Bosc (Eure), et sa collègue Émeline Legois, basée à Bourg-Achard, ont décidé d’agir.
Profitant d’un déplacement professionnel vers le sud-ouest, elles ont organisé en quelques jours une collecte destinée aussi bien aux sinistrés qu’à leurs compagnons à quatre pattes.
« Beaucoup de personnes perdent tout ce qu’elles ont et malheureusement, nos amis à quatre pattes ne sont pas épargnés non plus », explique Charlotte. « Certains se retrouvent livrés à eux-mêmes, blessés ou pris au piège des incendies. »
Une trentaine de donateurs
Sur leurs réseaux sociaux et auprès de leur quarantaine de clients, les deux éducatrices ont lancé un appel. Elles recherchaient des vêtements, des couvertures, des produits d’hygiène, mais aussi tout le nécessaire pour les animaux : laisses, colliers, paniers, gamelles ou encore croquettes.
« Je me suis dit que si chacun apporte sa petite contribution, on peut faire de grandes choses », raconte Charlotte. Passionnée d’animaux, elle possède également des chevaux et assure qu’elle aurait volontiers accueilli des animaux évacués si cela avait été possible.
L’initiative a rencontré un succès bien au-delà de leur clientèle. Au Neubourg, à Bernay et à Bourg-Achard, une trentaine de donateurs ont répondu présents, lundi 27 juillet, jours de la collecte. Certains ont même acheté du matériel neuf spécialement pour la collecte.
Lundi soir, la remorque et le véhicule étaient remplis de vêtements, de lait infantile, de produits d’hygiène, de papier toilette, mais aussi de nombreux accessoires et aliments destinés aux animaux.

Un détour pour trouver le bon point de collecte
Mardi matin, les deux femmes ont pris la route avec leur chargement. Leur objectif était de remettre les dons à une structure qui les redistribuera directement aux sinistrés.
Après une première tentative infructueuse dans un point de collecte qui ne souhaitait récupérer qu’une partie du matériel, elles poursuivent leurs recherches et trouvent finalement une oreille attentive auprès de l’association Occitalien, à Montauban (Tarn-et-Garonne).
« On était vraiment dépitées. On avait mis tellement de cœur dans cette collecte qu’on ne voulait pas repartir avec une partie des dons », se souvient Charlotte.
À Montauban, les bénévoles de l’association les accueillent chaleureusement et acceptent l’ensemble de leur chargement. « Ils étaient ravis de nous voir arriver. Ils ont tout pris, aussi bien les vêtements que le matériel pour les animaux. »
Des besoins aussi pour les animaux
Si les dons pour les personnes évacuées restent indispensables, les accessoires destinés aux animaux sont eux aussi particulièrement utiles.
« Une laisse, un collier, un panier ou des croquettes peuvent faire toute la différence pour prendre en charge un animal qui a dû être évacué ou retrouvé après les incendies », souligne Charlotte.
Les bénévoles d’Occitalien leur expliquent que les convois seront ensuite répartis sur différents points d’accueil afin d’approvisionner les familles sinistrées et les structures qui recueillent leurs animaux.
Épuisées mais heureuses
Après plus de vingt-cinq heures quasiment sans dormir, les deux éducatrices sont rentrées épuisées, mais heureuses d’avoir mené leur mission à bien.
« On était surtout soulagées que tout cela serve réellement. On a rencontré des bénévoles d’une immense gentillesse. Ça fait du bien de voir qu’aujourd’hui, il existe encore autant d’humanisme. »
Elles espèrent ne jamais avoir à renouveler une telle collecte, synonyme d’une nouvelle catastrophe. Mais elles n’hésiteraient pas une seconde si les circonstances l’exigeaient.
« Si un jour cela devait recommencer, on le referait sans hésiter. Parce que dans ces moments-là, les humains comme les animaux ont besoin de la même solidarité. »
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