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In the Heart of the South explore les blessures de l’identité autochtone

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La passion de longue date de Nyla Innuksuk pour l’horreur ainsi que ses propres sentiments de peur et de doute sont au cœur de son plus récent projet, qui explore des sujets difficiles que les gens évitent souvent d’aborder et les façons complexes dont ceux-ci façonnent les amitiés.

Film psychologique coécrit avec Ryan Cavan, In the Heart of the South a été présenté en première jeudi au Festival international du film de Toronto. Il s’agit du deuxième long métrage de la cinéaste originaire du Nunavut, après ses débuts en 2022 avec Slash/Back.

Les travaux antérieurs d’Innuksuk comprenaient principalement des courts métrages et des documentaires. Ainsi, selon elle, le passage au long métrage en 2022 est comparé à un plongeon dans l’eau glacée pour apprendre à nager.

La cinéaste affirme que Slash/Back, qui suit un groupe d’adolescentes combattant une invasion extraterrestre au Nunavut, était un projet ambitieux, à une époque où il y avait un besoin accru de ressources et d’acteurs inuit.

Elle s’est sentie mieux préparée à s’attaquer à In the Heart of the South, mais elle a d’abord dû surmonter ses peurs et ses doutes, car elle ne voulait pas donner l’impression d’exploiter les traumatismes des peuples autochtones, a-t-elle expliqué.

Ces conversations que nous avons tout simplement peur d’avoir parce qu’elles sont trop difficiles et inconfortables, a-t-elle indiqué lors d’une entrevue. C’est ce malaise que j’ai cherché à mettre en avant dans le film.

NylaInnuksuk a expliqué que l’horreur et la comédie créent toutes deux de l’anticipation et de la tension de manière similaire, et elle a pensé qu’il pourrait être intéressant de mêler la noirceur à l’humour.

C’est quelque chose qui est très vrai, du moins pour les Inuit et les Autochtones que j’ai rencontrés, a-t-elle déclaré. Il y a tout simplement cette capacité à rire de la noirceur de la vie.

Le film suit Yura Ivalu, une jeune artiste multimédia incarnée par Anna Lambe, qui se fait connaître après avoir créé une œuvre en réalité augmentée sur le système des pensionnats pour Autochtones et qui peine à trouver sa place en tant que femme autochtone dans le milieu artistique de Toronto.

Nyla Innuksuk, qui a grandi à Iqaluit avant de s’installer dans le Sud de l’Ontario, a affirmé que les difficultés du personnage s’inspirent de ses propres questionnements identitaires, notamment sur la façon dont les autres Inuit pourraient la percevoir.

Quand je retourne au Nunavut… les gens me disent : "Oh, tu as l’air d’une Inuk, mais tu as grandi dans le Sud", a-t-elle raconté.

Et je pense qu’il y a tellement de choses qui peuvent être liées à cette notion d’identité et, pour les Autochtones, à ce que signifie notre autochtonie et à quel point nous sommes autochtones.

Anna Lambe au Festival international du film de Toronto.

Anna Lambe sur le tapis rouge à l'occasion de la projection du film « In the Heart of the South » au Festival international du film de Toronto, à Toronto, le jeudi 10 septembre 2026.

Photo : La Presse canadienne / Laura Proctor

Quand l’amitié fait ressurgir les blessures

Dans le film, le chaos s’installe avec l’arrivée de la meilleure amie d’enfance de Yura, dont elle s’est éloignée, incarnée par Zorga Qaunaq. Qaunaq, connue pour ses rôles de personnages doux et drôles, endosse ici un rôle troublant et énigmatique dans la peau de Sesi.

Lambe et Qaunaq avaient déjà joué ensemble dans la comédie North of North, produite par CBC et Netflix et se déroulant dans l’Arctique.

J’avais vraiment, vraiment envie d’incarner (Sesi), a souligné Qaunaq sur le tapis rouge du TIFF avant la première du film.

Elle incarne des facettes de moi-même que j’ai toujours évitées, comme explorer ma colère et la confrontation, ne pas avoir peur d’affronter les conflits, ou de remettre les gens à leur place.

S’exprimant lors de la première, Lambe, âgée de 25 ans, a déclaré que le fait d’incarner Yura l’avait aidée à accepter sa vulnérabilité d’une manière qui lui a semblé émotionnellement éprouvante.

Elle a ajouté qu’elle était profondément touchée par les messages du film, car celui-ci l’avait interpellée personnellement.

Le chant de gorge inuit, un art vocal traditionnel généralement pratiqué à deux, joue un rôle important dans la transmission de l’ambiance de certaines scènes ainsi que des émotions des personnages.

Nyla Innuksuk a expliqué qu’elle souhaitait créer une atmosphère nostalgique lorsque, tout en pratiquant le chant de gorge, Sesi demande à Yura d’interpréter une chanson d’amour.

Cela met le personnage de Yura dans une situation inconfortable, car cela survient tout à coup. On lui demande de mettre en scène son identité autochtone, voire de se retrouver mise sur la sellette.

La réalisatrice a également demandé au duo de sœurs PIQSIQ de produire et d’enregistrer leur propre chant de gorge, qui est présent tout au long du film.

Nyla Innuksuk a déclaré qu’elle était consciente de la façon dont le film pourrait être reçu par les spectateurs ainsi que par ses compatriotes inuit et autochtones.

Nous sommes conscientes que nous abordons un sujet qui pourrait mettre les gens mal à l’aise, a-t-elle dit.

Ce n’est pas un film doux et larmoyant.

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