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À Kapuskasing, une brimbale nouvelle génération fait fureur sur la glace : dès qu’un poisson mord, un signal sonore alerte les pêcheurs, qui n’ont qu’à accourir. Conçue à l’impression 3D, cette innovation locale connaît un vif succès.
Distribuée dans une quinzaine de commerces, de Sioux Lookout jusqu’à Pohénégamook, elle s’est taillée une place sans aucune publicité, portée uniquement par le bouche-à-oreille.
À Timmins, Chantal Cauchon, propriétaire de Alberts Sports & Workwear, en est à sa première saison avec le produit en magasin — et elle a déjà dû remplir le présentoir à trois reprises.

Chantal Cauchon a déjà réapprovisionné son présentoir de produits Chabite trois fois cette année.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
C’est fait localement, à Kapuskasing et Moonbeam, pas importé de la Chine. C’est nouveau, ça fait du bruit quand tu pêches, et tout le monde aime ça parce que tu peux être bien installé dans la cabane et on peut l’entendre quand le poisson mord, relate Chantal Cauchon.

Donald Fortier, un pêcheur, a attrapé un énorme brochet grâce à son produit Chabite.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Le constat est également partagé par des pêcheurs rencontrés sur le lac Rémi, à Moonbeam.
Nicole Fortier mentionne que le signal sonore est très audible et que les nouvelles lignes fluorescentes demeurent bien visibles, même dans l’obscurité. Samedi, elle utilisait avec ses amis une dizaine de dispositifs appelés Chabite .

Sur la photo, Nicole Fortier pêche avec une quinzaine de cannes à pêche.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Pour sa part, son ami Alain Marier précise que, lorsqu’il fait froid, ils restent dans leur petite cabane, mais entendent le signal , ce qui leur permet d’intervenir au bon moment.
Une idée née après la pandémie
Cette invention est le fruit de la collaboration de deux partenaires, Éric Gauthier et André Chabot, qui l’ont réalisée à l’aide de leurs huit imprimantes 3D.
André Chabot raconte que l’idée a germé peu après la pandémie, alors qu’Éric Gauthier utilisait déjà les imprimantes 3D de son école secondaire pour créer de l'équipement de protection pour le personnel de l'hôpital local.
Je travaillais sur un petit prototype pour la pêche et je savais qu’Éric faisait de l’impression 3D. Je lui ai posé une question… puis il m’en a posé beaucoup en retour. Ça m’a forcé à réfléchir autrement et à améliorer le concept , explique-t-il.
On a eu de la chance : en travaillant à l’école, on parlait de notre projet après les cours, et d’autres enseignants qui passaient dans nos classes ont vu ce qu’on avait fait. En une semaine, on avait déjà une vingtaine de commandes, juste d’amis. Ce n’était pas notre intention de vendre au départ, mais ce sont les gens qui venaient nous demander ''Peux-tu m’en faire une ?'', ajoute Éric Gauthier.
L’année suivante, ils ont convaincu le magasin de chasse et pêche de Kapuskasing de vendre leurs produits et ils en auraient vendu à ce jour plus d’un millier.
Cinq ans plus tard, le produit a beaucoup évolué.
On est rendus à la version 8 ou 9 , souligne André Chabot. On reçoit énormément de commentaires des clients, puis on les écoute.

Le produit est reconnu pour ses couleurs fluorescentes.
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Parmi les améliorations apportées : des ajustements au moulinet, une meilleure stabilité sur la glace et l’ajout de composantes permettant d’ancrer solidement l’appareil, même lorsque la surface devient molle.
Malgré une présence dans plusieurs commerces, les deux concepteurs tiennent à garder le projet à échelle humaine.
Toute la croissance s’est faite presque sans marketing , explique André Chabot. C’est vraiment le bouche-à-oreille qui a fait connaître le produit, et maintenant, il se retrouve dans plusieurs régions et même dans différentes provinces.


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