Au Mexique, un collectif est à l’origine d’un composite imprimable en 3D qui pourrait être utilisé dans l’industrie du bâtiment. Or, ce matériau a été élaboré avec des sous-produits agricoles, principalement le maïs. Selon les responsables, le composite présente de nombreux avantages, notamment une réduction des émissions de carbone face aux bétons classiques.
Eau de chaux usée et sous-produits du maïs
Progressivement, l’impression 3D se fait une place dans le secteur de la construction, avec régulièrement l’apparition d’innovations toujours plus intéressantes. Citons par exemple le récent projet de l’Université Cornell (Etats-Unis) soutenu par la DARPA, consistant à imprimer du béton en 3D à plusieurs mètres de profondeur et ce, afin de permettre la construction d’infrastructures maritimes directement sur site.
Selon un article du média DesignBoom publié le 17 février 2026, un collectif mexicain a lancé CORNCRETL, une alternative biosourcée et locale aux bétons classiques. Dans les faits, il s’agit d’un composite imprimable en 3D obtenu à partir de sous-produits agricoles et utilisable sur les chantiers de construction. Baptisé Manufactura, le collectif fondé en 2022 par l’architecte et chercheuse locale Dinorah Schulte associe de manière étonnante la fabrication robotique et les connaissances architecturales datant de l’époque précolombienne (Mayas).
Concrètement, la fabrication du matériau intègre la « nejayote », une eau usée résultant du processus de nixtamalisation. Cette pratique ancienne consiste à tremper et cuire des grains de maïs dans de l’eau de chaux hydraulique naturelle. Riche en calcium, cette eau est associée à d’autres sous-produits du maïs, à savoir des cosses et des tiges séchées. Le résultat n’est autre qu’un liant imprimable, dont le coût est peu élevé car le maïs est un aliment de base au Mexique, donc omniprésent.
Crédit : Capture YouTube / Manufactura
Un matériau présentant de nombreux avantages
Les membres de Manufactura ont utilisé un bras robotique KUKA pour l’impression 3D, qu’ils ont combiné à un système d’alimentation continue WASP Concrete HD. Le mélange final, contenant le liant mais aussi des granulats minéraux et autres résidus de maïs, se dépose couche par couche. Ceci permet d’ éliminer les coffrages traditionnels et surtout, de réduire les déchets de construction de 90%. Par ailleurs, le robot est capable – grâce à sa liberté d’action – de produire des surfaces courbes et des textures géométriques, s’inspirant notamment des motifs en terrazzo, un type de revêtement décoratif.
Pour les responsables du projet, le CORNCRETL présente plusieurs avantages, notamment un durcissement naturel et rapide en seulement quelques jours. Or, les bétons classiques font l’objet d’un durcissement plus problématique, impliquant un arrosage régulier, l’application de produits de cure, une couverture avec des bâches ou encore, l’ajout d’adjuvants accélérateurs de prise. Le composite présente aussi des propriétés d’auto-réparation : lorsque de l’humidité pénètre dans les microfissures, les particules de chaux non réactives se cristallisent à nouveau et viennent colmater les interstices.
Enfin, le CORNCRETL est concerné par une réduction des émissions de carbone à hauteur de 70% face au béton Portland, le type de ciment le plus courant dans le monde. Ce projet s’inscrit donc dans une démarche durable, proposant également une participation de l’économie local avec une chaine d’approvisionnement et de fabrication décentralisée. Pour l’heure, le collectif Manufactura a déjà validé son principe avec l’impression de prototypes de murs d’une hauteur de 80 cm.
Voici une vidéo de présentation du matériau composite :


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