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Après une année 2025 intense, marquée par les hausses de valeurs, le marché immobilier de la région de Québec devrait à nouveau connaître des augmentations de prix en 2026.
Après la pause de Noël, les affaires reprennent pour la courtière immobilière Anne-Marie Lussier. On voit les téléphones qui n’arrêtent pas de sonner, pour mettre officiellement en vente leurs propriétés, dit celle qui dirige l’agence Royal LePage Blanc & Noir - Québec.
Ces propriétés devraient se vendre à des prix plus élevés au cours des prochains mois, par rapport aux prix du marché l’an passé.

La courtière immobilière Anne-Marie Lussier.
Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau
Les unifamiliales en demande
En décembre, Royal LePage a publié ses prévisions 2026 pour le marché immobilier de la région. Ses analystes anticipent que le prix médian des maisons unifamiliales augmentera de 14 % en 2026, pour s'établir à 536 598 $ en décembre prochain.
Cette forte évolution des valeurs pourrait toucher plus fortement les quartiers Lebourgneuf, Montcalm et Cap-Rouge, où l’on observe historiquement une appréciation des valeurs plus forte et plus soutenue, prédisent-ils.
C’est sa rareté qui fait de la maison unifamiliale un bien de plus en plus cher, explique le professeur François Des Rosiers, qui enseigne au département de finance, assurance et immobilier de l’Université Laval.
Il y en a très peu sur le marché. C'est le produit le plus rare, parce que les gens ont tendance à rester chez eux le plus longtemps possible et éviter d'aller dans des résidences pour personnes âgées, croit-il.

La valeur médiane des condos devrait atteindre 236 160 $ fin 2026, selon les prévisions de Royal LePage.
Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau
Hausse plus modeste pour les condos
Pour les condos, la hausse devrait être de 5 %, avec un prix médian qui qui atteindra 236 160 $, selon les prévisions de Royal LePage.
Une augmentation moindre que pour les maisons, qui peut notamment s’expliquer par l'entrée en vigueur, l'été dernier, de la loi 16, qui impose plusieurs obligations aux copropriétaires, prédit Anne-Marie Lussier.
C’est certain que ça va jouer sur la valeur, si l'acheteur a à mettre 100 000 $ en cotisation spéciale dans les cinq prochaines années. Ce n'est pas le même intérêt que si [la copropriété] a bien fait une gestion, illustre-t-elle.
Mais la nouvelle année aura aussi du bon, prédit-elle. Ça va être un peu moins fou au niveau des offres en surenchère, [d’où] l'importance de bien mettre une maison au bon prix, croit-elle.
C'est ça l'important : de ne pas penser qu’on va mettre une maison au prix de 450 000 $ pour avoir 525 000 $ à la fin, ajoute-t-elle.
Elle conseille aux premiers acheteurs de rapidement obtenir une approbation de crédit et de ne pas négliger les inspections... malgré le contexte parfois intense des ventes.
2025 : une année immobilière intense
On a recensé 10 271 ventes immobilières en 2025 dans la région métropolitaine de Québec, d’après les données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec. C’est une hausse de 5 % par rapport à 2024.
Mais le volume des ventes, lui, a bondi de 20 % sur la même période, pour atteindre 4,78 milliards $.

Le professeur François Des Rosiers (photo d'archives).
Photo : Radio-Canada
Une bonne conjoncture économique qui pousse la demande
Le professeur François Des Rosiers explique que c'est en partie la conjoncture sur le marché de l’emploi qui a maintenu la forte demande sur le marché immobilier local.
C'est que la région de Québec bénéficie d'une économie qui est très forte, avec des salaires qui sont élevés. Donc, même si les prix augmentent, les augmentations des salaires ont permis de compenser pour l'augmentation des prix, qui demeurent, malgré tout, encore assez raisonnables, si on compare à Montréal, explique-t-il.
Quant à savoir si cette dynamique continuera de stimuler la demande immobilière, l'actualité nous en fait voir de toutes les couleurs et on ne sait pas de quel côté ça va pencher, concède-t-il.
Mais, la région de Québec se tire très bien d'affaire parmi les municipalités canadiennes. En fait, c'est une de celles qui a l'économie la plus solide et puis la plus stable, insiste-t-il.
Ainsi, les emplois de haute qualité dans des secteurs de haute technologie et les nombreux emplois au sein de la fonction publique dans la région ont pour effet de tempérer et stabiliser le marché.
Les perspectives pour 2026 sont encourageantes, même si ça va entraîner une hausse encore des prix, prévoit-il donc.
2026 : année de renouvellement hypothécaire
Le profil des premiers acheteurs a changé, confirme la courtière hypothécaire Valérie Grenier.
C'est de moins en moins facile d'acheter sa première propriété, avec la hausse du coût de la vie, la hausse des valeurs des propriétés, donc ce n'est pas rare de voir des premiers acheteurs qui sont un peu plus vieux, qui ont repoussé un peu leurs projets, constate-t-elle.
Les acheteurs seuls sont plus rares, dit-elle. Les dons de la famille pour la mise de fonds sont plus fréquents, de même que deux couples qui s’allient pour acheter un plex ensemble, dit-elle.

La courtière hypothécaire Valérie Grenier
Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau
Il faut peut-être revoir un peu nos nos critères à la baisse. Peut-être que notre première maison ne sera pas une unifamiliale détachée comme nos parents, ce sera peut-être plus un condo ou un duplex. Mais c'est encore possible en 2026 de devenir propriétaire, rassure-t-elle.
L’année 2026 sera aussi marquée par une grosse vague de renouvellements hypothécaires, dit Valérie Grenier.
Beaucoup des gens qui ont signé à des taux bas, autour de 2 %, qui vont se retrouver avec les taux du jour, donc on peut voir un choc de paiement, prévient-elle, précisant que des stratégies existent pour amortir ce choc, comme rallonger la période d’amortissement du prêt ou magasiner auprès de plusieurs prêteurs.


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