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Lors de l'opération Visitez nos entreprises, La Cabane à spiruline à Chaumes-en-Retz dévoile les coulisses de sa culture zéro déchet et son procédé artisanal.
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Par Marion Vallée Publié le 17 oct. 2026 à 18h06
Créée en 2020 à Chaumes-en-Retz par Richard Orain et Thierry Rault, La Cabane à spiruline s’appuie sur un savoir-faire artisanal unique pour produire un « super-aliment aux vertus exceptionnelles ».
Durant l’opération Visitez nos entreprises, portée par la Région, les deux associés ouvrent les coulisses de cette ferme d’exception, samedi 17 octobre et du mercredi 21 au vendredi 23 octobre.
Après un premier bassin d’essai de 80 m² en 2020, l’exploitation s’agrandit progressivement jusqu’à compter quatre bassins sous serre représentant environ 750 m² de culture.
Ni une algue, ni marine
La visite de la ferme est l’occasion de déconstruire une idée reçue : « Les gens pensent que la spiruline est une algue au bord de la mer. Mais c’est un micro-organisme d’eau douce. Et si on veut vraiment être scientifique, on appelle ça une cyanobactérie », explique le producteur.
Contrairement aux plantes classiques, cette cyanobactérie est un être unicellulaire apparu sur Terre il y a 3,5 milliards d’années. Capable d’effectuer la photosynthèse grâce à sa chlorophylle, elle constituait déjà une source d’endurance pour les coursiers aztèques.
Redécouverte par les Européens en 1963 au lac Tchad chez la tribu des Kanembu, la spiruline a ensuite été identifiée par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et l’Unesco comme une réponse majeure contre la malnutrition dans les pays en développement.
« Avec 5 grammes de spiruline fraîche par jour, on survit. on a tout ce qu’il faut pour survivre », affirme Richard Orain, précisant que la consommation quotidienne recommandée sous forme sèche est d’environ 3 grammes, soit 1 gramme par tranche de 20 kg de masse corporelle.
Une récolte artisanale inspirée de la fleur de sel
Au sein des bassins de Chaumes-en-Retz, l’eau est maintenue légèrement salée. Les spiruliniers y cultivent la souche indienne Lonar, sélectionnée spécifiquement pour sa forme très enroulée et sa capacité à flotter en surface.

C’est là que l’expérience de paludier à Guérande de Richard Orain prend tout son sens. Alors que la plupart des producteurs pompent la moitié du bassin pendant trois heures pour filtrer l’eau, les spiruliniers calmétiens eux coupent l’agitation des bassins, ramène la spiruline en surface avec une barre flottante et la récolte à la main : « Moi avant, j’étais paludier à Guérande et ça me faisait vraiment penser à la fleur de sel, et du coup c’est ce qui m’a donné l’idée de passer à ce mode de récolte. »
Cette récolte manuelle ne prend que 30 minutes, ce qui évite toute oxydation ou fermentation de la matière fraîche au soleil. Le process se poursuit en étapes très rapides. « Le pressage, une pompe à vide extrait 80 % de l’eau en 10 minutes pour former une pâte fraîche, détaille le spirulinier. Puis vient le façonnage. À l’aide d’un poussoir à saucisse de charcutier qu’on a adapté, la pâte est transformée en spaghettis de diamètre identique. Enfin le séchage à basse température. Les filaments sèchent entre 8 et 10 heures à moins de 42 °C pour préserver l’intégralité des vitamines et nutriments. »
Ce procédé express préserve les qualités organoleptiques du produit, garantissant une spiruline « au goût particulièrement doux en bouche ».
Culture 100 % naturelle et zéro déchet
La saison de production s’étale sur 8 mois, du 15 avril au 15 novembre, pour un rendement moyen annuel d’environ 650 kg de spiruline sèche.
Riche à 60 % en protéines végétales hautement assimilables, la spiruline présente une empreinte écologique minimale. « Il faut 40 fois moins d’eau pour produire 1 kg de protéine de spiruline par rapport à 1 kg de protéine bovine », compare Richard Orain.
La culture ne nécessite aucun produit phytosanitaire (aucun pesticide, insecticide, herbicide ou fongicide). De plus, la croissance repose essentiellement sur l’énergie solaire sans recours aux tracteurs ni aux engins lourds. Autre avantage, lors de la vidange et du nettoyage hivernal des bassins, les boues minérales restantes sont utilisées pour amender les terres.
La cabane à Spiruline, 733 rue des Buis, 44320, Chaumes-en-Retz. Visite samedi 17 octobre et du mercredi 21 au vendredi 23 octobre, à 14 h et 15 h. Tarif : 7 €, ce tarif est déduit si un achat est réalisé en boutique. Durée : 1 h. Visite sur réservation : office de tourisme intercommunal Destination Pornic, tél. 02 40 82 04 40 ou [email protected]
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