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Ils sont dans la ligne de mire depuis... 2014 : à Bangkok nouveau tour de vis pour les vendeurs de street food

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À Bangkok, notamment dans le quartier de Chinatown en Thaïlande, les commerçants n’ont plus le droit de vendre de la nourriture directement sur le trottoir.

À Bangkok, notamment dans le quartier de Chinatown en Thaïlande, les commerçants n’ont plus le droit de vendre de la nourriture directement sur le trottoir. piyaphunjun - stock.adobe.com

Considérée comme l’une des capitales mondiales de la street food, Bangkok voit disparaître une partie de ses vendeurs emblématiques, sous l’effet d’une politique de réorganisation urbaine.

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Dans les rues de Bangkok, l’ail, le piment ou la viande grillée embaument encore l’air, mais les vendeurs de cette «street food» qui fait l’âme de la capitale thaïlandaise, sont désormais fragilisés par des autorités décidées à mettre de l’ordre.

Désencombrer la ville à tout prix

La disparition progressive des stands relève d’une stratégie délibérée des pouvoirs publics. Depuis le coup d’État militaire de 2014, le gouvernement mène une campagne visant à éradiquer la street food des rues de Bangkok. Baptisée «rendre les trottoirs aux piétons», cette politique s’est intensifiée en 2017 avec l’annonce de l’interdiction totale des vendeurs ambulants dans les 50 districts de la capitale. L’objectif : dégager les axes les plus fréquentés et améliorer la circulation piétonne dans cette mégapole de plus de dix millions d’habitants.

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Selon le ministère du Tourisme et des Sports, la Thaïlande a accueilli près de 33 millions de visiteurs internationaux en 2025, dont l’immense majorité a transité par Bangkok (30,3 millions). Face à cet afflux touristique, les trottoirs des quartiers centraux et prisés des visiteurs, notamment autour de Chinatown ou du parc Lumphini, sont particulièrement visés par ces mesures.

Les stands jugés trop envahissants ou gênant le passage sont désormais considérés comme illégaux, exposant leurs propriétaires à des amendes, à la confiscation de leur matériel et, parfois, à la perte définitive de leur licence. Beaucoup finissent ainsi par accepter une relocalisation ou par abandonner leur activité. «Je suis inquiète car nous sommes ici illégalement», confie Looknam Sinwirakit, vendeuse de gâteaux de riz gluant frits, déjà verbalisée pour obstruction de la voie. «Mais si on nous demande de partir, nous n’aurons pas le choix.»

Une culture populaire relocalisée

Les effets de cette politique sont déjà visibles. Depuis 2022, le nombre de vendeurs ambulants aurait chuté de plus de 60%, soit environ 10.000 stands en moins dans les rues de la capitale, selon l’administration métropolitaine de Bangkok. «Je n’ai pas de plan B», se désole Wong Jaidee, vendeur de durians depuis une vingtaine d’années. «Bangkok est une ville chère et nous pourrions ne pas y faire face.»

Plutôt qu’une disparition pure et simple, c’est une street food encadrée qui se dessinerait. Les autorités poussent les vendeurs à se relocaliser dans des espaces dédiés, marchés aménagés ou centres inspirés du modèle singapourien. Certains y ont déjà trouvé leur place, moyennant un loyer quotidien et en échange d’un accès garanti à l’eau et à l’électricité. Pour Panissara Piyasomroj, vendeuse de nouilles, cette transition a même «revalorisé» son métier, désormais perçu comme plus propre et plus professionnel. Mais tous ne s’y retrouvent pas : nombre de vendeurs ont jeté l’éponge, faute de rentabilité ou face à un cadre réglementaire plus strict.

Symbole du quotidien et de l’identité de Bangkok, la cuisine de rue faisait jusqu’ici le bonheur des habitants comme des voyageurs, pour qui les trottoirs bondés et les odeurs de calamars grillés font partie intégrante du décor. «Ce serait triste s’ils disparaissaient. Ça fait partie de la culture», regrette un touriste. En quittant progressivement les trottoirs, elle s’éloigne de la culture spontanée qui fait son charme aux yeux de nombreux vacanciers.

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