NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Après l'interpellation de policiers municipaux à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), actu Paris a pu recueillir des témoignages de plaignants.
Sur le même thèmeJusticePoliceViolences policièresArticle réservé aux abonnés S'abonner

Par Marie Amelie Marchal Publié le 20 avr. 2026 à 6h02
« Ils l’ont tasé une quinzaine de fois, ils se sont acharnés sur lui », raconte dans un flot de paroles Sabrina*, la femme d’une victime de la police municipale de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). « J’ai entendu (le) jeune hurler à force de recevoir des coups […] puis les policiers sont repartis comme si rien ne s’était passé », relate une autre témoin.
Depuis l’interpellation spectaculaire de onze agents dans leur commissariat, les témoignages de violences se multiplient. Si cinq d’entre eux seront jugés prochainement pour violences aggravées, Kristell Niasme la maire LR de la commune continue de soutenir sa brigade.
Une ville qui sent le bonbon et le gaz lacrymogène
Pour « rétablir l’ordre » à Villeneuve-Saint-Georges, il y a deux méthodes. La plus douce, à coups de savon senteur bonbon, et la plus musclée avec le renforcement des effectifs de la police municipale. En un an, la commune est ainsi passée de quatre policiers municipaux à dix-sept.
Élue pour la première fois en 2025 après une succession de crises au sein de la majorité, Kristell Niasme revendique une ligne sécuritaire. Mais un mois après sa réélection, les pratiques de ses agents sont pour le moins contestées.
C’est le cas pour le conjoint de Sabrina*. Alors que Nabil* assiste à un match de la CAN opposant l’Algérie au Congo dans un bar rue de Paris à Villeneuve, les policiers « (gazent) tout le monde directement sans attendre ». Une intervention qui fait suite, selon les propos de ce dernier, « aux feux d’artifice improvisés par les gens qui étaient contents ».
« Il m’a tasé au niveau du cœur »
Alors que le père de famille s’éloigne de l’établissement, il croise deux voitures de la police nationale. Dans sa plainte, qu’actu Paris a pu consulter, il relate : « Ils m’ont demandé si j’allais bien, j’ai répondu que j’allais rentrer chez moi, que ça allait. »
Une interaction qui aurait provoqué l’ire des municipaux selon son témoignage. « Ils m’ont lancé de loin, viens, je te nique ta race, viens sale merde, bâtard (sic) » poursuit le plaignant. Après une course poursuite dans les rues, il tente de se mettre à l’abri au Stop bar. « Ils sont entrés. Je m’étais réfugié dans les toilettes […] Ils ont gazé sous la porte […] Le plus vieux m’a attrapé au niveau de mon épaule […] puis m’a tasé directement en contact au niveau du cœur », raconte le trentenaire.
Le déferlement de violences est tel qu’il perd connaissance. Nabil se réveille menotté alors que les agents le mènent vers le commissariat national. « Il était tellement mal que les pompiers sont venus le chercher le lendemain matin après une nuit en garde à vue, sans avoir vu de médecin », explique Sabrina. Nabil est transporté à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, les médecins refusent que les policiers repartent avec lui. Sa garde à vue est donc levée.
« Un choc post-traumatique » après une interpellation
Le couple dépose plainte le 9 janvier. « Mon mari a été mis sous Atarax (un anxiolytique, NDLR) », livre Sabrina. Deux mois plus tard, « ça va un peu mieux » pour le père de famille. « Il y a des hauts et des bas, il n’en dormait plus la nuit », nous confie sa femme qui évoque « un choc post-traumatique » à la suite de cette interpellation.
Début janvier, la vidéo d’une interpellation plus que musclée circule sur les réseaux sociaux. Sous la neige, des policiers municipaux fondent sur un homme en tongs. Un de ses amis raconte la scène à actu Paris : « Mon ami a deux enfants de 7 et 10 ans et habite à quelques mètres de l’école. Son épouse a l’habitude de regarder par la fenêtre à l’heure où les petits rentrent. Ce jour-là, il neigeait et une voiture a heurté son fils de 10 ans. Leur mère s’est mise à hurler, réveillant son mari qui faisait la sieste. Il est sorti de sa maison en trombe pour aller voir son fils qui était à terre. À ce moment-là, des ASVP sont intervenus. Ils ont dit au conducteur de partir. »
« Alors que sa femme criait émue par la peur, les agents lui ont dit d’arrêter de faire du cinéma. C’est là que mon ami s’est mis en colère, leur répondant ‘Et si c’était votre enfant ?’ Les ASVP ont alors appelé les policiers municipaux », rembobine-t-il. Le père de famille a écopé d’une plainte, contre lui, d’outrage et alcool sur la voie publique.
« Des prétendues violences » pour Kristell Niasme
Pour se défendre, les victimes se sont en partie tournées vers Union pour une éthique municipale, un collectif « lanceur d’alerte » notamment porté par une ancienne opposante puis colistière du précédent maire DVD, Philippe Gaudin. Cette semaine, le collectif a annoncé avoir désigné Me Alimi et Peiteytas pour sa défense.
Pour Kristell Niasme, « il faudrait déjà que les violences soient avérées avant de parler de sanctionner leurs auteurs présumés » évoquant alors « des prétendues victimes ». Interrogée au lendemain des interpellations, l’édile a renouvelé son soutien à sa brigade.
Cinq policiers poursuivis pour violences aggravées
À l’issue de leur garde à vue, cinq policiers municipaux (sur onze) ont été placés sous contrôle judiciaire et poursuivis pour des faits de violences aggravées. Parmi eux, deux sont également poursuivis pour des faits de faux et trois autres pour dégradations en réunion et violation de domicile.
« Les contrôles judiciaires requis comprennent une interdiction d’exercer leur activité professionnelle, une interdiction de contact avec les victimes et les autres mis en cause et une interdiction de port d’arme », précise le parquet. Ils seront jugés le 24 septembre 2026.
Deux autres policiers municipaux ont fait l’objet d’une convocation devant le tribunal correctionnel remise par un officier de police judiciaire, l’un pour des faits de violences aggravées et l’autre pour des faits de violences aggravées et de faux. L’ensemble des faits retenus ont été commis entre janvier et mars 2026 et concernent six victimes qui ont déposé plainte.
*Les prénoms ont été modifiés
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.


2 month_ago
59



























.jpg)






French (CA)