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Ce samedi 18 avril 2026, le Canon français organise un grand banquet au parc des expositions de Caen. Une pétition relayée par la députée européenne Emma Fourreau a été lancée pour faire annuler l’évènement.
Des immenses banquets bons vivants, des plats du terroir, et des centaines de jeunes «canonniers» en bérets et marinières chantant et festoyant sur fond de «La Goffa Lolita» ou des «Lacs du Connemara». Telle est la promesse festive, franchouillarde et a priori consensuelle du Canon français, qui organise depuis plus de quatre ans de grandes fêtes dans des «lieux d’exception» en France.
La société d’évènementiel est pourtant la cible obsessionnelle de plusieurs militants d’extrême gauche qui affirment que ces banquets servent de paravent à des... extrémistes, voire des néo-nazis ! Le prochain banquet devait être organisé ce samedi 18 avril au parc des expositions de Caen. Mais une pétition, relayée par la députée européenne France insoumise et conseillère municipale locale Emma Fourreau, demande l’annulation de l’événement au nom du «barrage républicain» contre «l’extrême droite».
«Leurs bérets et leurs foulards ne suffisent pas à étouffer les chants à la gloire de Bardella (député du RN) en fin de repas, à dissimuler leur racisme, leurs drapeaux royalistes, leurs saluts nazis et l’appétence pour la violence de certain.es participant.es (sic.) à leurs réunions», souligne le collectif «Décanoner (sic.) le banquet normand», à l’origine de cette pétition lancée en ligne le 18 mars 2026, signée par près de 2500 personnes et repérée initialement par Ouest France .
Un contre-banquet
Le texte pointe aussi un projet «financé par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin». Le milliardaire conservateur est en effet devenu actionnaire minoritaire du Canon français il y a un an, via le fonds Odyssée Impact qui soutient plusieurs projets culturels de défense du patrimoine comme le média Néo.tv ou les cités immersives. Pour l’initiateur de la pétition, un certain Thierry Gaffeault, il convient cependant de s’opposer au banquet au nom du «barrage républicain», «l’extrême droite» prenant les «formes les plus insidieuses». Contacté, l’intéressé n’avait pas donné suite à nos sollicitations ce mercredi après-midi.
«Nous sommes scandalisés», réagit auprès du Figaro Géraud de la Tour, l’un des deux fondateurs du Canon français, qui se réserve le droit de déposer plainte contre Emma Fourreau. «Ils n’aiment pas Monsieur Stérin, ni ses prises de position politique, c’est leur droit. Mais qu’ils s’attaquent à ses projets politiques, qui n’ont rien à voir avec nous ! Ils font juste du buzz sur notre dos !» Contactée, la mairie de Caen confirme au Figaro qu’elle n’interdira pas l’événement qui «ne présente pas d’atteinte à l’ordre public ou à la sécurité».
À l’heure actuelle, plus de 4000 personnes ont payé leur place - 80 euros - pour participer à ce festin normand avec cidres, fromages et produits locaux. Faute d’obtenir gain de cause auprès des autorités, le collectif «Décanoner le banquet normand» a organisé un contre-événement, sous la forme d’un pic-nique géant qui se déroulera le même jour à Caen. «Avec ce contre banquet, l’objectif est de venir troubler notre événement», s’inquiète Géraud de la Tour. «Nous ne voulons pas qu’il y ait des gens qui viennent embêter nos clients.»
Une plainte contre le journal Libération
En quatre années d’existence, le Canon français en est presque à 100 banquets et 100.000 personnes rassemblées partout dans l’Hexagone. Par le passé, l’entreprise a déjà fait face à des cabales du même type. Le plus souvent, sans conséquences. À l’exception du «banquet breton» d’octobre dernier, quand un particulier qui devait ouvrir les portes de son château à l’entreprise avait cédé à la pression des activistes et annulé l’événement, qui s’était finalement tenu dans un autre lieu. Là encore, des élus locaux avaient relayé la pétition des militants.
Quelques semaines plus tard, les fondateurs du Canon français ont porté plainte contre un journaliste de Libération pour diffamation. En cause, un extrait vidéo d’une seconde faisant croire qu’un participant effectue un salut nazi lors d’un banquet. Mais l’extrait complet de la vidéo montre que la personne pose la main sur la tête d’un ami, vraisemblablement pour lui faire une blague. D’autres plaintes ont déjà été déposées contre des élus qui avaient tenté de faire interdire les fêtes.
De son côté, la députée LFI Emma Fourreau a affirmé vendredi sur son compte Twitter qu’une «partisane du banquet de Stérin» était entrée dans sa permanence parlementaire «pour y effectuer des saluts nazis». La députée européenne affirme avoir transmis sa photographie et sa plaque d’immatriculation aux autorités. «Nous n’avons pas de partisans, seulement des clients», réagit Géraud de la Tour. «Mais si c’est vrai, c’est évidemment très grave !»


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