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« Il y a des moyens plus simples pour gagner 2,8 milliards » : le patron de Netflix se confie sur l’échec Warner Bros pour la première fois

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  • Ted Sarandos, co-CEO de Netflix, affirme que le groupe a anticipé l'offre irrationnelle de Paramount à 111 milliards de dollars, et a choisi de ne pas suivre cette surenchère.
  • Malgré l'abandon du rachat de Warner Bros. Discovery, Netflix s'attend à acheter davantage de contenus à Paramount, qui devra réduire ses coûts pour éponger sa dette colossale.
  • Sarandos considère que l'indemnité de 2,8 milliards de dollars reçue par Netflix ne résulte pas d'un plan machiavélique, mais simplement d'un processus de décision mature et réfléchi.

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Quelques jours après l’abandon de Netflix dans la course au rachat de Warner Bros. Discovery (le groupe a touché 2,8 milliards de dollars de pénalités), Ted Sarandos, le co-CEO de Netflix, s’est entretenu avec Bloomberg. Il revient sur les coulisses de ce renoncement historique qu’il ne considère pas comme un échec.

Netflix a-t-il fait exprès de perdre contre Paramount, pour creuser la dette de son rival et encaisser une pénalité de 2,8 milliards de dollars sans rien faire ? « Il y a des moyens plus simples pour gagner 2,8 milliards de dollars », répond sèchement Ted Sarandos, le copatron de Netflix, sans nous dire comment faire. Il faut dire que cette théorie circule beaucoup en ligne depuis le renoncement de Netflix le 26 février 2026 : le groupe, après trois mois de bataille acharnée, ne rachètera pas Warner Bros. C’est Paramount Skydance qui a emporté la mise.

Netflix est-il le grand perdant de ce feuilleton ultra-médiatisé ? Ted Sarandos s’est entretenu avec Bloomberg le 1er mars pour raconter sa version des faits. On sent de la frustration dans ses paroles, mais aussi du soulagement. L’homme, qui qualifie le comportement de Paramount de « inhabituel et irrationnel », voit d’un bon œil le fait de ne pas tomber dans une surenchère dangereuse.

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Un scénario anticipé par Netflix, qui considère l’offre de Paramount « irrationnelle »

Face à l’offre à 111 milliards de dollars du clan Ellison, Netflix assure avoir gardé son sang-froid. Ted Sarandos révèle que son entreprise n’a pas eu besoin de réunir son conseil d’administration en urgence lorsque Paramount a surenchéri. « Nous avons su immédiatement, dès que nous avons reçu la notification jeudi, qu’ils avaient une offre supérieure et les détails de ce deal… Nous savions exactement ce que nous allions faire », confie-t-il à Bloomberg.

Pour le patron de Netflix, il n’était pas question de suivre Paramount dans une surenchère qu’il juge irrationnelle : « Quelqu’un allait perdre le deal pour un dollar. Et plus vite vous acceptiez cela, mieux c’était. Ça aurait pu être nous, ça aurait pu être eux, mais quelqu’un allait perdre pour un dollar. ». Il fait ici référence au prix proposé par action : Paramount a poussé son offre à 31 dollars par action.

Le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery s’apprêterait à rejeter l’offre publique d’achat hostile présentée la semaine dernière par Paramount Skydance. // Source : Numerama et Netflix/ Paramount / WBDParamount, Warner Bros et Netflix. // Source : Numerama et Netflix/ Paramount / WBD

Pendant toute la multiplication des offres hostiles de Paramount, qui ont créé beaucoup d’incertitudes, Netflix est resté campé sur ses positions. « Nous sommes des bâtisseurs, pas des acheteurs », martèle Sarandos, rappelant que Netflix n’avait pas besoin de Warner, même s’il pensait qu’une fusion avec HBO Max boosterait sa proposition : « Nous voulions vraiment cet actif. Mais nous n’en avions pas besoin. »

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Selon Sarandos, Paramount s’apprête à vivre des mois sombres pour éponger la dette colossale du rachat. « Ce deal dépend d’énormes réductions de coûts. Il y aura des coupes de plus de 16 milliards de dollars. Il y aura moins de production, moins de gens qui travaillent », prévoit-il. Netflix s’attend d’ailleurs à ce que ces difficultés favorisent son business : « S’ils ont besoin de gagner de l’argent, nous sommes acheteurs. » Le paradoxe imaginé par Sarandos est que Paramount/Warner vendra plus de contenus à Netflix qu’auparavant pour éponger ses dettes.

 la valorisation de l'entreprise s'est envolée.La bourse a très bien réagi à l’échec de Netflix : la valorisation de l’entreprise s’est envolée. // Source : Capture Numerama

Enfin, interrogé sur le fait que Netflix reparte avec une indemnité de rupture de 2,8 milliards de dollars payée par Paramount, Sarandos balaye l’idée d’un plan machiavélique pour simplement empocher le chèque : « Il y a des moyens plus faciles de gagner 2,8 milliards de dollars. […] Nous y avons passé beaucoup de temps et d’énergie. » Il fait notamment référence aux auditions réglementaires et aux démarches entamées : Ted Sarandos dit continuer de penser que Netflix aurait réussi, mais promet qu’il ne regrette rien. Il se refuse d’ailleurs à faire une prédiction sur le sort du deal avec Paramount (mais tout le monde se doute de son souhait).

Pour aller plus loin

Warner devrait repartir dans les bras de Paramount // Source : Numerama

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