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«Il va falloir sans doute rouvrir les négociations» commerciales entre supermarchés et fournisseurs, estime Serge Papin

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Par Le Figaro avec AFP

Le 14 avril 2026 à 20h09

Dans une interview au Parisien il y a dix jours, le ministre s’était opposé «pour l’heure» à une réouverture des négociations, appelant à «choisir le bon moment».

Dans une interview au Parisien il y a dix jours, le ministre s’était opposé «pour l’heure» à une réouverture des négociations, appelant à «choisir le bon moment». BERTRAND GUAY / AFP

Le ministre des PME et du Commerce le justifie par «l’inflation» qu’entraînera, selon lui, l’envol des prix des carburants lié au conflit au Moyen-Orient.

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Le ministre des PME et du Commerce Serge Papin a estimé mardi qu'il allait «falloir sans doute rouvrir» les négociations commerciales entre les supermarchés et leurs fournisseurs agroalimentaires, au regard de «l'inflation» qu'entraînera selon lui, l'envol des prix des carburants. Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, distributeurs et industriels mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon des produits (hors marques propres des distributeurs).

Réputées opaques, ces discussions sont au cœur d'une commission d'enquête du Sénat sur les marges dans la grande distribution, qui auditionnait Serge Papin mardi. Dénonçant un système à «bout de souffle», le ministre a à nouveau défendu la nécessité de recourir selon lui à des contrats «pluriannuels» pour donner plus de visibilité aux entreprises françaises. Ces contrats doivent contenir «des clauses de revoyure» pour tenir compte des «éléments exogènes» tels que la hausse actuelle des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, a-t-il précisé.

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«Je vois bien qu'il va falloir sans doute rouvrir les négociations», a glissé le ministre, invoquant «les conséquences sur les emballages, la logistique», alors que les tarifs pour 2026 ont été négociés avant le début des bombardements en Iran. «On voit bien, malheureusement il va y avoir de l'inflation derrière», a-t-il ajouté.

«Choisir le bon moment»

Dans une interview au Parisien il y a dix jours, le ministre s'était opposé «pour l'heure» à une réouverture des négociations, appelant à «choisir le bon moment». «Trop tôt, cela peut créer des effets négatifs. Trop tard, les impacts seront déjà là, pour certaines entreprises», avait-il expliqué. «En revanche, les contrats prévoient des clauses de revoyure» et «les distributeurs ont dit qu'ils étaient prêts à en discuter», avait-il assuré. La semaine dernière, les coopératives laitières, qui collectent plus de la moitié du lait en France, ont demandé la réouverture de ces négociations pour tenir compte de la flambée des coûts de l'énergie.

Interrogé le lendemain sur BFMTV/RMC, Michel-Édouard Leclerc a fermé la porte à cette idée, estimant notamment s'être «fait avoir» lors des renégociations survenues en 2022 avec la guerre en Ukraine. En outre, «l'État français poursuit les distributeurs» qui «ne clôturent pas les négociations» dans les temps, a raillé le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, en référence à la récente amende de 33 millions d'euros infligée à la centrale européenne de l'enseigne.

Auditionné mardi par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, a déclaré qu'il n'y avait «pas aujourd'hui de réouvertures de négociations du tout massives à date». «Il y a quelques industriels, quelques producteurs avec qui on a des discussions, mais ça n'a rien à voir» avec «le printemps 2022 où très rapidement d'ailleurs le gouvernement» était intervenu, a-t-il souligné. «Je ne vois pas de vague inflationniste à court terme» mais «si le conflit dure, là il y aura des problèmes», a-t-il prévenu.

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