NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les avant-bras posés sur le rebord de la piscine des Thermes de Spa, dos collé au mur, Ricardo s'applique à effectuer les exercices que lui indique Christophe, son kiné. Ambiance détendue, face à face dans le bassin d'eau thermale – maintenue à 33° et riche en minéraux et oligo-éléments −, les deux hommes travaillent à la mobilité des jambes de celui qui peut être qualifié de "grand brûlé". Ce qui frappe au premier regard, lorsqu'il sort de l'eau, c'est sa carrure, impressionnante. Une allure de bodybuildé. Puis, sur sa peau basanée, qu'il doit à ses origines indienne et portugaise, apparaissent un peu partout des tatouages, un scorpion près de l'épaule et son prénom dans le haut du dos.
À y regarder de plus près, à mesure que Ricardo s'approche, on voit que certains de ces motifs sont à moitié, voire davantage effacés. Ou plutôt mangés par des cicatrices bien présentes, elles. Traces indélébiles de l'accident de travail dont a été victime cet ancien militaire, alors devenu agent de sécurité. "C'est arrivé le 16 février 2023, nous dit-il. Je faisais du gardiennage sur un site désaffecté à Evere. Il fallait sécuriser le bâtiment qui avait été racheté, s'assurer que personne ne se trouve à l'intérieur. Je me suis approché d'une porte entrouverte… que j'ai eu le malheur d'ouvrir. Derrière se trouvait une cabine à haute tension toujours active. J'ai pris un arc électrique au niveau tibial. J'ai encaissé 11 000 volts".
Lors d'un accident de travail, Ricardo a été brûlé sur 52 % de sa surface corporelle. ©GUIDICELLI ERICPlaqué au sol, l'homme aujourd'hui âgé de 42 ans parvient à ramper sur plusieurs mètres puis à appeler ses collègues. Il sera aussitôt transféré à l'hôpital militaire de Neder-over-Heembeek où il est plongé dans un coma artificiel pendant 17 jours. Brûlé aux deuxième et troisième degrés sur 52 % de son corps, le père de famille entame alors un long parcours de soins et de revalidation, dans lequel s'inscrit la cure médicalisée qu'il suit, comme une vingtaine d'autres personnes brûlées, pendant une semaine aux Thermes de Spa.
"Si on m'avait dit il y a trois ans, avant l'accident, que quelque chose comme ça allait m'arriver, je pense que j'aurais tenté de quitter le monde"Des patients sélectionnés selon des critères
Organisée depuis 2012 deux fois par an à l'initiative de la Fondation des brûlés, cette cure offre aux six centres nationaux de brûlés l'opportunité de proposer des patients qui seront sélectionnés par un coordinateur sur base de critères précis d'inclusion à la cure thermale. "On prend en compte par exemple le pourcentage de surface corporelle brûlée, les atteintes aux articulations, le stade d'évolution des cicatrices…, explique Christophe Remy, kinésithérapeute au Centre des brûlés du Sart-Tilman. Il faut évidemment que les plaies soient fermées pour que l'on puisse travailler dans l'eau sur la cicatrice."
Ricardo en pleine séance avec son kiné, Christophe, dans l'eau thermale de Spa. ©GUIDICELLI ERICComme l'explique encore le kiné, "la cure thermale vient en complément de tous les autres traitements que chaque centre administre à ses patients, notamment les vêtements compressifs, le silicone, des séances de kiné. L'eau thermale va principalement agir sur l'aspect cicatriciel en termes d'assouplissement cutané, d'action sur certaines zones ou troubles comme le prurit, à savoir une sensation de chatouillements ou de démangeaisons qui déclenche le besoin de se gratter. Chez Ricardo, j'ai travaillé sur les adhérences et la rétraction des tissus qui font perdre en mobilité au niveau des articulations. On pourrait comparer ça à un danseur de ballet qui devrait danser dans un jeans serré."
"J'ai pris un arc électrique au niveau tibial", nous dit Ricardo qui a encaissé 11 000 volts. ©GUIDICELLI ERICUne chose paraît certaine : "C'est un travail de longue haleine, souligne Christophe. Mais ces six jours de cure sont indéniablement un plus."
L'effet de groupe
D'autant que les vertus de cette cure thermale ne s'arrêtent pas là. Pour les participants, il y a aussi toute la dimension psychologique, l'effet de groupe qui, entre brûlés, aide à remonter la pente au niveau mental. "Ici, les patients peuvent partager et évoquer ce qu'ils vivent avec des gens qui les comprennent, poursuit le kiné. Ce sont des gens qui vivent exactement la même chose. Un soignant va pouvoir comprendre l'évolution du patient, mais l'entourage du patient ne le comprend pas forcément. Et donc, se retrouver ici, dans un contexte où ils peuvent échanger leur vécu au quotidien, c'est très important pour eux."
Chez Ricardo, les brûlures ont parfois remplacé les tatouages. ©GUIDICELLI ERICEt ce n'est pas Ricardo qui dira le contraire. Lui qui en est à sa septième cure thermale à Spa est devenu une figure emblématique à la Fondation. "Vu sa force, sa ténacité, son état d'esprit positif, sa persévérance tant sur la remise en forme psychologique qu'au niveau de la remise en forme physique, il est vraiment dans ce partage d'expérience avec les personnes qui sont dans un début de parcours, intervient Gwendoline Logé, porte-parole de la Fondation des brûlés. Il est aussi l'illustration pour les membres du groupe que l'on peut s'en sortir et y arriver."
"Quand je me suis réveillé du coma, j'ai constaté que j'avais des chaussettes aux bras, mais je ne savais pas ce qu'il s'était passé"Plus de 30 opérations en trois ans
Et de fait, même s'il évalue à six ou sept sur une échelle de un à dix l'intensité de la douleur qu'il ressent encore aujourd'hui au quotidien, Ricardo dit, toujours avec le sourire, s'y être habitué. "J'ai eu des downs, bien sûr, mais je remonte assez vite. Aujourd'hui, je peux dire que je me sens très bien, nous confie ce guerrier qui a subi plus de 30 opérations en trois ans et qui s'est vu confier une mission par la Fondation des brûlés. Pendant la cure, j'accueille les patients, je les stimule dès le matin. Je les accompagne à différents niveaux. S'ils éprouvent le besoin de parler, je suis là. Il n'y a qu'un brûlé pour comprendre un brûlé. La discussion est beaucoup plus fluide quand on parle avec une personne qui est passée par cette douleur. J'essaie de leur montrer que, oui, on peut continuer à vivre et reprendre une vie (presque) normale après avoir été victime d'une grave brûlure. Il faut leur redonner confiance, leur apprendre la patience, minimiser et rire, c'est important de rire".
"Ma kiné m'a dit voir la différence"
À l'aube de ses 85 printemps, Didier, lui, a la larme à l'œil quand il raconte son histoire. "C'est arrivé l'an dernier, le 22 juin 2025, lors d'un séjour en Corse avec mon épouse. Sur une belle route de montagne, je me suis assoupi au volant et la voiture a fait des tonneaux. Elle s'est retrouvée sur le toit, 50 mètres plus bas au fond d'un ravin. J'ai pu m'extirper par le hayon arrière. Puis j'ai tenté de dégager ma femme mais elle avait les jambes coincées et on n'a pas pu la sauver. La voiture a pris feu…"
Plus d'un an après l'accident qui lui a occasionné de sérieuses brûlures, Didier profite pour la deuxième d'une cure thérapeutique aux Thermes de Spa, grâce à la Fondation des brûlés.
©GUIDICELLI ERICEssentiellement brûlé au niveau des jambes, mais aussi d'une main et d'un bras, l'octogénaire participe pour la deuxième fois à cette cure thermale. "Après la première, j'ai ressenti un énorme relâchement, explique-t-il. Mais aussi une grande fatigue, à laquelle on ne s'attend pas. Après la cure, il faut deux à trois jours pour récupérer et ensuite, ça va mieux. Ma kiné m'a dit voir la différence. Ma peau est devenue plus souple. J'ai pu reprendre des activités comme la marche, un peu de golf et même le tennis en faisant très attention. Il faut dire que j'ai la chance d'avoir une famille qui me soutient très bien. C'est important."
Et si la peau avait un sexe ? "Cette découverte est tout à fait fascinante et inattendue. Je suis super excité et très fier"Une initiative de la Fondation des brûlés, en collaboration avec les Thermes de Spa
Pour accompagner la reconstruction physique et psychologique des victimes de brûlures, la Fondation des brûlés organise deux fois par an des séjours collectifs aux Thermes de Spa. D'une durée de six jours, ils accueillent un groupe d'une vingtaine de personnes auxquelles sont proposés des soins ainsi que des activités diverses.
Très investie dans sa mission au sein de la Fondation des brûlés, Gwendoline Logé accompagne les curistes pendant leur séjour aux Thermes de Spa. ©GUIDICELLI ERIC"Notre accompagnement se fait aussi au niveau psychosocial, parce qu'il ne faut pas négliger toute cette réintégration de la vie au quotidien, souligne Gwendoline Logé, de la Fondation des brûlés, qui déplore l'absence de remboursement de ces cures thérapeutiques en Belgique, contrairement à d'autres pays dont la France. Il y a l'impact physique, mais il y a aussi l'impact psychologique. Nous intervenons donc avec des ateliers didactiques, aussi pour expliciter et échanger en groupe sur la prise en charge du quotidien d'un grand brûlé, à savoir comment faire avec ses compressifs, le niveau d'hydratation qu'il faut donner, la façon dont on doit se gérer d'un point de vue nutritionnel, la reconstruction du quotidien dans les activités physiques, l'image de soi… C'est un moment clé pour nous de pouvoir illustrer, fédérer et rassembler des patients pour avoir ce partage d'expériences et expliciter de manière très concrète les meilleurs accompagnements qu'ils peuvent s'octroyer et la dynamique dans laquelle ils peuvent vivre au quotidien".
Des chercheurs belges dévoilent ce qui se passe sous notre peau quand on cicatrise: cette "très grande découverte" est une "surprise"Les multiples vertus pour la peau de l'eau de Spa
Quant aux vertus de l'eau thermale de Spa, elles sont multiples. "Notre établissement est alimenté par trois eaux de source minérale naturelle et l'une d'entre elles, plus particulièrement, a des vertus tout à fait uniques sur la cicatrisation des brûlés, nous explique Séverine Philippin, directrice des Thermes de Spa depuis 2010. L'eau de la source Marie-Henriette est tout à fait particulière. Elle est naturellement gazeuse et riche en fer. Rien qu'en deux séances, elle apporte énormément d'élasticité et de souplesse à la peau. Elle redonne une pigmentation et peut aussi diminuer le prurit, qui est l'effet de démangeaisons dont les personnes brûlées sont victimes lorsqu'elles ont été largement atteintes. Cette eau peut aussi avoir un effet vasodilatateur, ce qui va réduire la pression artérielle et apporter vraiment un sentiment de relaxation et de détente. Après quelques jours de soins chez nous, on observe tous ces effets bénéfiques qui soulagent pendant plusieurs semaines ces victimes, adultes et enfants."
Séverine Philippin, directrice depuis 2010 des Thermes de Spa. ©GUIDICELLI ERICPlusieurs soins sont proposés aux curistes, comme la douche thermale, très vivifiante. "La personne reste debout et reçoit un jet hydromassant qui est prodigué par une thérapeute et qui va apporter 2 à 3 kg de pression par cm², décrit la directrice des Thermes. Bien sûr, nous adaptons la pression en fonction de la cicatrisation des brûlés. Ce soin active la circulation sanguine et l'eau Marie-Henriette apporte tous ces effets soulageant." Plus doux et relaxant, le massage sous rideau de pluie permet d'assouplir les tissus, et offre une détente maximale, à l'instar de l'incontournable bain carbogazeux dans les emblématiques baignoires de cuivre qui, depuis 1868, ont vu défiler bien du monde.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


23 hour_ago
54



























.jpg)






French (CA)