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« Il a su saisir l’acharnement d’Israël » : depuis le 7-Octobre, ce photographe chronique sans relâche la guerre à Gaza

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International 07/10/2026 06:45 Actualisé le 07/10/2026 09:23

Depuis trois ans, Ali Jadallah documente la vie à Gaza, appareil photo à la main. 18 000 clichés qui témoignent de la destruction de l’enclave palestinienne par Israël.

Trois ans jour pour jour après le 7-Octobre, Israël pleure les 1 221 personnes tuées lors de l’attaque du Hamas. De l’autre côté de la frontière, les Gazaouis payent encore les conséquences du massacre perpétré par le mouvement palestinien.

Au lendemain de l’attentat, le 8 octobre 2023, l’État hébreu est passé à l’offensive dans la bande de Gaza, arguant vouloir libérer les 251 otages et éradiquer l’organisation islamiste. Les bombardements sont quotidiens. La violence s’accroît, notamment contre les civils, qui sont pris pour cible. Hôpitaux, écoles et habitations sont détruits.

Malgré la persistance des attaques, la vie se poursuit au milieu du chaos et de la désolation. C’est ce que raconte l’exposition Gaza : chronique d’un génocide, présentée au Prix Bayeux du 5 au 11 octobre et construite autour des photos prises par Ali Jadallah, photographe palestinien qui travaille pour l’agence turque Anadolu.

« J’ai été impressionné par la qualité de ses photos, mais surtout par sa détermination et la persistance de son travail. Il est toujours à Gaza. Il n’en est jamais parti. Personne ne documente le génocide comme lui. C’est plus qu’un simple reportage, c’est une chronique », explique au HuffPost Damir Šagolj, commissaire de l’exposition, pour justifier son choix d’exposer 106 clichés de l’artiste.

Un jeune homme aide une femme à évacuer d’un bâtiment à Gaza.

AJ

Un jeune homme aide une femme à évacuer d’un bâtiment à Gaza.

Depuis trois ans, il photographie sans relâche tout ce qui compose la vie à Gaza : les bombardements, la mort, les moments de joie et l’espoir. Malgré la peur. Malgré le deuil. Car si sa femme et leurs enfants ont pu se réfugier à Istanbul, Ali Jadallah n’a pas été épargné par les pertes : son père, trois de ses frères et une de ses sœurs ont été tués dans la destruction de la maison où ils ont grandi, dans le nord du territoire.

Un bilan de l’ONU en date du 18 septembre 2026 fait état, depuis le début de la guerre menée par Israël, de plus de 74 000 personnes tuées, dont 21 500 enfants. 170 000 Gazaouis ont été blessés et 5 300 personnes ont perdu un ou plusieurs membres, dont un tiers sont des enfants. Un record mondial.

« C’est cet acharnement qu’il a su saisir »

De ces violences incessantes, Ali Jadallah a tiré 18 000 photos. « Afin de préparer l’exposition, je les ai toutes regardées, pendant des mois. J’ai été marqué par la répétition des attaques meurtrières qui n’arrêtent jamais. Elles continuent, encore et encore, jour après jour. C’est cet acharnement d’Israël qu’il a su saisir », analyse Damir Šagolj.

« J’essaie de décrire ce qu’il se passe ici mais c’est très difficile. La réalité est tellement douloureuse. C’est difficile à raconter et à décrire », explique Ali Jadallah alors qu’il déambule sur les ruines de ce qui fut sa maison, dans une vidéo diffusée par Anadolu en février 2025. Alors quand les mots ne suffisent pas, il retourne à ce qu’il sait faire de mieux : prendre des photos et immortaliser ce qu’il voit.

Une scène de désolation à Gaza après la mort d’un homme.

AJ

Une scène de désolation à Gaza après la mort d’un homme.

« La photographie est devenue bien plus qu’un simple métier. C’est un moyen de préserver les histoires des gens, surtout dans les moments où tant de choses étaient détruites ou tombaient dans l’oubli », explique-t-il à Ouest-France. « Je continue. Je veux que les gens voient les Palestiniens comme des êtres humains, et non pas simplement comme des chiffres ».

« Une guerre de mort, de génocide, de famine »

Malgré la signature d’un cessez-le-feu en janvier 2025, Israël maintient son emprise sur Gaza. Au moins 1 358 Palestiniens ont été tués dans l’enclave depuis son entrée en vigueur, selon un rapport de l’ONU publié le 5 octobre.

« Cette guerre est exceptionnelle. Une guerre de mort, de génocide, de famine, de soif », déplore-t-il, toujours dans la vidéo d’Anadolu. La faim, c’est précisément ce qui a le plus marqué Damir Šagolj. « Les images qui se sont imprimées sur ma rétine sont celles des Gazaouis en train de mourir de faim. Ils sont affamés. » Sans une augmentation soutenue et à grande échelle de l’aide alimentaire, Gaza pourrait retomber dans la famine d’ici 2026, prévient l’ONU.

En août 2025, l’ONU avait déclaré qu’une famine était en cours à Gaza. La situation s’est améliorée mais reste fragile.

AJ

En août 2025, l’ONU avait déclaré qu’une famine était en cours à Gaza. La situation s’est améliorée mais reste fragile.

« Les gens tentent de retrouver un semblant de vie normale mais l’électricité et le carburant restent extrêmement limités, les déplacements sont restreints et les produits de première nécessité sont difficiles à obtenir et coûteux », explique-t-il dans le quotidien. « Les enfants tentent de retourner à l’école […] au milieu d’une destruction massive et d’une grande incertitude. On a l’impression de vivre entre la guerre et ce qui est censé être la paix, sans jamais vraiment l’atteindre ».

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