NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
À Barneville-la-Bertran 'Calvados), un bois de 1,5 hectare est désormais laissé en libre évolution. Une démarche qui permettra d'observer son adaptation au changement climatique.
Sur le même thèmeCalvadosForêtRéchauffement climatiqueArticle réservé aux abonnés S'abonner

Par François Lefebvre Publié le 6 sept. 2026 à 14h00
Quand vous allez à Barneville-la-Bertran près de Honfleur (Calvados), il se dresse sur la gauche, route de Barneville : le magnifique Manoir des vallées, dont la partie la plus ancienne date du XIIIe siècle. Derrière cette bâtisse se cache un petit bois de 1,5 hectare, qui n’a désormais plus vocation à être exploité. Depuis le 5 juin dernier, il a intégré un programme pour le moins original : laissé en libre évolution, sans intervention de l’homme. Comme 17 autres sites en Normandie, aucune coupe ni plantation n’y seront réalisées au cours des prochaines décennies.
Marcel Dupuis, propriétaire des lieux avec ses enfants, a passé une convention avec le Conservatoire d’espaces naturels de Normandie. Cette parcelle est particulièrement adaptée à la démarche. Il s’agit d’un bois connecté avec la forêt de Saint-Gatien-des-Bois, un milieu préservé où serpentent deux petits ruisseaux et où les sources sont abondantes. Tout cela est propice à l’accueil d’une faune variée, comme l’écrevisse à pattes blanches, une espèce vulnérable déjà présente sur le site.

Comment le bois évoluera-t-il ?
Que peut-on attendre d’un bois ainsi laissé à lui-même dans les années à venir ? Ce « laisser-faire » peut constituer une plus-value pour le milieu naturel. « Lorsque le paysage est naturel, les berges sont généralement plus douces », et donc plus larges, fait valoir Lou Beben du Conservatoire des espaces naturels de Normandie. Les embâcles et les sédiments, mieux retenus, constituent alors des habitats pour les espèces. De même, le bois mort y est plus abondant. Or, 25 % de la biodiversité en a besoin au cours de son cycle de vie. « Le diamètre des arbres sera également plus important, même si la croissance est plus lente qu’en zone sèche », indique Lou Beben.
Cette démarche est en maturation depuis quinze ans dans la tête de Marcel Dupuis. Lorsque ses bouleaux canadiens sont arrivés en âge d’être coupés, le Barnevillais s’est posé la question de replanter. « À l’époque, je me suis dit que je n’avais pas besoin d’exploiter ce petit bois. J’ai donc laissé la nature reprendre ses droits. » La parcelle s’est ainsi régénérée spontanément. « C’est essentiellement une aulnaie », constate Lou Beben. Ce qui est logique, puisque la parcelle se situe en zone humide. Quelques peupliers canadiens subsistent cependant. Cette essence a été introduite dans un territoire où elle n’était pas naturellement présente. « Ce n’est pas bien grave », juge la chargée de mission. « De toute façon, nous n’arriverons pas à quelque chose de naturel, puisque nous ne savons plus quel était le paysage naturel ici. »
Le temps long de la forêt
En France, il n'existe plus de forêts originelles, « primaires », c'est-à-dire inexploitées, avec un écosystème complexe et des arbres de tous âges. Toutes sont dites « secondaires », parce qu'elles ont été modifiées par l'Homme. Il en va de même en Europe de l'Ouest. Il faut, pour en trouver, se promener dans les Carpates ou en Pologne. À vrai dire, nous ne retrouverons sans doute jamais l'aspect des anciennes forêts qui couvraient la Gaule, telles que décrites par Jules César dans sa Guerre des Gaules. De fait, « il faudrait entre 800 et 1 000 ans pour qu'une forêt retrouve la plénitude de ses équilibres », fait observer Lou Beben. « Une forêt primaire, cela fait rêver mais la nature a un temps qui n'est pas le nôtre. » La démarche du CEN est donc de laisser progressivement la nature reprendre ses droits, avec une intervention humaine minimale.
Une Nature capable de s’adapter
Au-delà de l’intérêt écologique du site, l’expérience prend une autre dimension dans le contexte actuel. « Dans la perspective du changement climatique, c’est intéressant parce qu’après tout, la Nature a les ressources pour faire face. », fait valoir Lou Beben. Il faudra donc désormais observer, sur dix, vingt ou trente ans, comment cette petite parcelle évoluera sans intervention humaine et quelle sera sa capacité de résilience naturelle. De son côté, Marcel Dupuis se dit convaincu par la démarche. « Mais attention, il ne faut pas prétendre qu’il s’agisse d’une solution applicable partout. »
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.


12 hour_ago
21



























.jpg)






French (CA)