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Hydro Terre-Neuve-et-Labrador présente les détails de la nouvelle ligne de transport que la société d'État provinciale souhaite construire entre la centrale de Churchill Falls et l’ouest du Labrador, une région minière dont la croissance stagne, faute d’énergie.
Évaluée à 2 milliards $, la ligne de 735 kilovolts s’étalerait sur 200 km, reliant le complexe hydroélectrique de Churchill Falls à un nouveau poste de transformation au lac Flora, à Wabush.
Visiblement, la facture sera salée, mais nous avons plusieurs partenaires qui pourront se partager les coûts, souligne Walter Parsons, le vice-président responsable des interconnexions et du développement à Hydro T.-N.-L.
L’ouest du Labrador, où il existe une forte concentration de projets de minerai de fer, a actuellement accès à 385 mégawatts d’électricité grâce à deux lignes de 230 kilovolts fonctionnant à plein régime.
Si les grandes sociétés minières de la région souhaitent augmenter la production et électrifier leurs activités très polluantes, elles n’ont pas accès à l’énergie supplémentaire dont elles ont besoin.

Walter Parsons est vice-président pour les interconnexions et le développement à Hydro Terre-Neuve-et-Labrador. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté - Hydro Terre-Neuve-et-Labrador
À l’heure actuelle, nous visons une expansion de 600 mégawatts, ce qui est déjà énorme, mais la ligne de transport pourrait être modifiée pour transporter jusqu’à 1500 mégawatts, explique Walter Parsons, de passage au congrès minier MINEX à Labrador City.
Une étude de faisabilité sur le projet est terminée, et d’autres analyses géotechniques et d’ingénierie seront effectuées au cours de l’été, coûtant entre 5 et 6 millions $.
Une décision définitive d'ici Noël
Selon Walter Parsons, une décision définitive sur la construction de la nouvelle ligne sera prise d’ici Noël. Si le projet obtient le feu vert, la construction prendra environ cinq ans.
La façon dont la facture sera répartie n’est pas claire, mais les compagnies minières seront tenues d'apporter leur contribution. Jeudi, le ministre provincial des Finances, Craig Pardy, n’a pas écarté la possibilité d’investir dans le projet.

Le ministre des Finances de Terre-Neuve-et-Labrador, Craig Pardy, a participé à l'ouverture d'une nouvelle succursale de la Société des alcools le 12 février 2026 à Saint-Jean.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Nous voulons profiter de nos ressources, mais parfois il faut investir un peu d’argent pour que nos ressources soient développées, a-t-il affirmé, en précisant que le nouveau gouvernement progressiste-conservateur prépare un nouveau plan énergétique. Je ne fais aucune promesse, mais il faut peser toutes nos options.
Fred Hutton, porte-parole libéral en matière d’énergie, appuie le projet, mais rappelle que la construction de la nouvelle ligne dépend notamment de la finalisation d’une entente avec le Québec sur le complexe existant de Churchill Falls et la construction de nouvelles centrales hydroélectriques au Labrador.
Si tous les projets promis dans l’entente sont construits, le Labrador aura accès à 1990 mégawatts d’électricité supplémentaires. Mais depuis le changement de gouvernement à Terre-Neuve-et-Labrador, l’automne dernier, l’avenir de l’entente semble plus précaire que jamais.
Les progressistes-conservateurs ont lancé une évaluation indépendante de l'accord provisoire en décembre et promettent un référendum sur la version finale du nouveau partenariat avec le Québec, province qui doit tenir ses propres élections en octobre prochain.
Sans l’électricité promise dans l’entente entre Hydro-Québec et Hydro Terre-Neuve-et-Labrador sur Churchill Falls, il n’y aura pas de croissance dans l’ouest du Labrador. Sans cette électricité, les investisseurs iront voir ailleurs. Rien n’est certain, affirme Fred Hutton.

Fred Hutton, le porte-parole du Parti libéral en matière d'Énergie et des Mines, le 15 décembre 2025 à Saint-Jean. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Pour le moment, tout est théorique. Tout dépend d’une entente avec le Québec, estime pour sa part Jordan Brown, le maire de Labrador City, qui milite en faveur d’une nouvelle ligne de transport depuis des années.
Je dois rester optimiste. [...] Je veux que la région profite de ce projet dont on rêve depuis longtemps.
Walter Parsons soutient que la nouvelle ligne de transport représente un projet d’intérêt national qui devrait être étudié par le Bureau des grands projets, à Ottawa.


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