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Telesh Metatash est née à Mashteuiatsh, sur le territoire de ses ancêtres, et a vécu en forêt pendant près de 50 ans. Aujourd’hui, à 91 ans, celle qu’on surnomme la « reine des bois » voit son nom attribué par Hydro-Québec au campement des travailleurs du secteur de Manic-3, en hommage à son mode de vie traditionnel.
Décrite par ses proches comme une femme simple, authentique et solitaire, Telesh Metatash est perçue à Pessamit comme une véritable légende vivante. Le chalet où elle a résidé pendant près de cinq décennies se situe d'ailleurs à une dizaine de kilomètres au sud de la centrale.
Lors du dévoilement des installations, jeudi, l'aînée a pu découvrir aux côtés de ses proches le parcours d'exposition retraçant ses années passées dans le Nutshimit, ainsi qu'une grande œuvre peinte à son effigie. Pour sa nièce et aidante naturelle, Anissa Dominique, l'événement revêt une émotion particulière.

Un moment de complicité entre Telesh Metatash et sa nièce Anissa Dominique.
Photo : Photo Facebook Conseil des Innus de Pessamit
La plupart des gens, ils disent que c'est survivre en forêt, mais elle, elle a vécu en forêt. Ce n’est pas une survie pour elle. Je suis contente que cette reconnaissance-là soit là, puis qu'elle soit faite de son vivant, partage-t-elle.
Un modèle de cohabitation
La communauté de Pessamit et Hydro-Québec ont choisi cet hommage d'un commun accord. Hélène Giguère, conseillère en relations avec les Premières Nations et les Inuit au sein de la société d'État, a lancé la démarche après avoir échangé, il y a quelques années, avec la cheffe de Pessamit, Marielle Vachon.
Elle me disait : "sur les installations d'Hydro-Québec qui sont sur notre Nitassinan, on est toujours absent, on ne nous voit pas", rapporte Hélène Giguère. Le fait de concevoir un nouveau bâtiment, c'était l'occasion de le faire d'une nouvelle façon, dans un esprit de cocréation.

La centrale Manic-3 se trouve sur les terres que Telesh Metatash a fréquentées toute sa vie. (Photo d'archives)
Photo : Hydro-Québec
En plus du parcours intérieur, l'aménagement extérieur comprendra un shaputuan et un wigwam destinés au ressourcement et au rassemblement des travailleurs autochtones et non autochtones.
La transmission d’un legs
Pour la cinéaste et ancienne enseignante en arts plastiques, Nikol Brunet, la découverte de Telesh Metatash a d'abord pris la forme d'un récit bien personnel. Cette dernière l’a suivie pendant 15 ans afin de réaliser un documentaire sur son mode de vie.
Pour elle, l'aînée laisse un héritage précieux qui est essentiel de partager.

Telesh Metatash et Nikol Brunet se sont côtoyées pendant plus d'une quinzaine d'années. (Photo d'archives)
Photo : Photo offerte par Nikol Brunet
C'est l'héritage des aînés, l'héritage du territoire, l'héritage des savoirs. Ça a besoin d'être vu, ça a besoin d'être transmis, parce que c'est beau. C’est très important.
Le campement a ouvert ses portes le 5 janvier dernier. On y loge des équipes d’Hydro-Québec et des travailleurs venus prêter main-forte à la réfection de la centrale René-Lévesque, tout près de Manic-3. La capacité du camp va monter jusqu'à 400 chambres, et tout sera officiellement inauguré à l'été 2027.


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