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La Nasa a lancé un appel à idées auprès des industriels pour remonter l’orbite du télescope Hubble, le réparer ou organiser sa rentrée dans l’atmosphère, avec un lancement d’ici 2032. En 2024, l’agence avait refusé une mission privée de ce type.
Hubble travaille toujours, mais il y a un problème : le télescope descend. S’il n’est pas menacé à très court terme, l’observatoire spatial voit en revanche son horizon s’assombrir dans les années à venir. Une analyse datée de juillet 2026 évalue même le risque d’une chute vers la Terre à une chance sur dix en septembre 2032 et une sur deux avant décembre 2033.
Perdre Hubble ne serait pas seulement la mort d’un symbole de l’aventure spatiale, ce serait aussi une terrible perte pour la communauté scientifique. L’engin reçoit en effet sept fois plus de demandes d’observation qu’il ne peut en traiter, malgré son ancienneté notable. Le télescope a été lancé en 1990, soit plus de 35 ans.
C’est dans ce contexte que la question d’une mission d’assistance s’est de nouveau posée dernièrement. Le centre Goddard de la Nasa, qui s’occupe de l’observatoire, a publié une demande d’informations, c’est-à-dire un appel à idées, sans engagement. Objectif : recenser les industriels pouvant proposer une solution pour remonter Hubble en orbite.
Cette sollicitation a été repérée le 29 octobre par Irene Klotz, rédactrice au sein de la revue Aviation Week.
Pour aller plus loin

Pousser, réparer ou faire tomber proprement Hubble
Dans le document de la Nasa, trois pistes sont proposées : la première est la capture de Hubble pour le hisser au-delà de 600 kilomètres d’altitude ; la seconde est une mission d’entretien pour prolonger sa vie ; la troisième se présente sous la forme d’une rentrée atmosphérique contrôlée. Et, donc, de la fin du satellite.
Quel que soit le chemin retenu, le lancement doit avoir lieu d’ici 2032. Pour les deux premiers scénarios, il s’agira de ne pas abîmer le télescope, pour qu’il puisse encore opérer le temps imparti. Goddard fournira les données techniques. Le lanceur, le vaisseau et l’éventuel équipage restent à la charge de l’industriel.

Ce n’est évidemment pas si simple. On l’a vu avec la tentative de la mission LINK qui devait venir en aide au télescope Swift, qui lui aussi connaît une lente mais inexorable chute vers la Terre. Un petit robot aurait dû rejoindre Swift, s’agripper à lui et le remonter. Hélas, les choses ne se sont pas bien passées et Swift est désormais perdu.
L’idée d’une mission de sauvetage ne date pas d’hier.
En 2022, la Nasa et SpaceX avaient étudié une mission Crew Dragon. En juin 2024, l’agence l’a refusée, jugeant le risque trop élevé pour le télescope. Le 1er juin 2026, devant un comité consultatif, Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division astrophysique de la Nasa, s’est dit ouvert à un rehaussement de l’orbite, à condition que les coûts de fonctionnement de Hubble baissent.
Cette demande d’informations ne vaut pas commande, mais cela donnera à la Nasa du grain à moudre pour la suite. La Nasa prévoit de lancer un appel d’offres formel une fois les réponses des industriels analysées. Il ne faudra cependant pas trop tarder, car la mise en route industrielle d’une telle mission prendra des mois.
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