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Le CISSS de Chaudière-Appalaches s’est tourné vers le Tribunal administratif du travail (TAT) la semaine dernière pour forcer le retour au travail de 11 infirmières ayant demandé un congé de maladie en même temps jeudi. Leur syndicat assure que cette action n’était pas concertée.
Le jeudi 30 avril dernier, quelques heures avant d'entrer au travail, 11 infirmières de soir [sur] 17 de l'urgence de l'Hôtel-Dieu de Lévis ont informé l'employeur de leur absence, entraînant un risque important pour la continuité des soins aux usagers, raconte une porte-parole du CISSS par courriel.
Elle ajoute que, considérant le caractère simultané et le volume des absences, l'employeur les interprétait comme s'inscrivant dans une démarche concertée. Ainsi, le CISSS s’est adressé au TAT pour forcer le retour au travail des infirmières concernées.
À la suite de la décision du Tribunal, elles seraient entrées en poste vers 19 h 45, relate la direction. L'ordonnance rendue par la juge du TAT dans le dossier n'a pas encore été publiée en entier.
Pas une action concertée, selon le syndicat
À la demande du CISSS, c’est le syndicat qui a dû contacter les infirmières qui avaient demandé un congé pour les informer qu’elles devraient se présenter au travail malgré tout.
On leur a expliqué : ''Si vous ne voulez pas être placées devant un outrage au tribunal, vous devez rentrer.'' On devait quasiment faire fi de la détresse qu’elles vivaient, raconte avec amertume Patricia Pouliot.

Patricia Pouliot est présidente adjointe du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches (FIQ).
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Celle qui est présidente adjointe du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches affilié à la FIQ, qui représente les infirmières en question, maintient qu'il ne s'agissait pas d’une action concertée.
C'est un appel à l'aide, c'est clair que c'est ça. Les gens n'en peuvent plus de la situation des TSO à répétition, surtout sur le quart de nuit. L'équipe de soir supporte tout le temps, les gens sont épuisés.
Patricia Pouliot affirme que les équipes sont épuisées. De nuit, sur la structure de poste, sur 42 postes, il en manque 19 pour des absences [...], c'est la moitié du personnel qui manque, dit-elle.
C'est souvent l'équipe de soir qui doit venir combler ou l'équipe de jour qui accepte de rentrer avant, une possible explication pour expliquer la fatigue des équipes, croit-elle.
Or, le recours au TAT donne aux infirmières le sentiment de ne pas avoir été entendues, déplore-t-elle.
En janvier 2025, un sit-in des infirmières du bloc opératoire de l’Hôtel-Dieu a forcé l’annulation de 25 interventions chirurgicales. Le TAT avait alors conclu que cette action constituait un moyen de pression illégal.
Avec des informations d'Eugénie Emond et de Christiane Latortue


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