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« Hors-sol » : le « temps de démocratie interne » dans les lycées annoncé par Sébastien Lecornu aussitôt critiqué

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Politique 06/10/2026 18:35 Actualisé le 06/10/2026 21:51

Le Premier ministre a annoncé une « banalisation complète des emplois du temps » ces trois prochains jours pour ce temps de partage. Les syndicats n’ont pas tardé à réagir.

Par Vincent Gibert avec AFP

Sébastien Lecornu, ici à l’Assemblée nationale à Paris, le 6 octobre 2026.

DIMITAR DILKOFF / AFP

Sébastien Lecornu, ici à l’Assemblée nationale à Paris, le 6 octobre 2026.

Alors que les manifestations lycéennes ont mobilisé entre 250 000 et 450 000 personnes ce mardi 6 octobre, Sébastien Lecornu s’est exprimé dans l’après-midi devant l’Assemblée nationale.

Durant sa prise de parole, le Premier ministre a fait une annonce qui n’est pas passée inaperçue, quand il a fait part d’un « temps de démocratie interne » avec les élèves dans les prochains jours. « Dès demain (mercredi, NDLR) matin, dès jeudi, dès vendredi, banalisation complète des emplois du temps pour permettre à chaque équipe de direction, à chaque proviseur, d’avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée », a-t-il affirmé.

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a précisé qu’il s’agirait d’une « demi-journée banalisée dans tous les établissements de France », à partir de mercredi, dans les établissements qui peuvent rouvrir.

Dans un courrier adressé ce mardi aux recteurs, le ministre les appelle à organiser « une reprise des enseignements dans les meilleures conditions, tout en offrant aux élèves un espace pour exprimer leurs préoccupations » et « attentes ».

Dans les établissements les plus perturbés, il leur demande de privilégier une reprise « progressive », « en commençant par les classes de terminale ». « La première demi-journée pourra être banalisée, en adaptant son organisation aux configurations et aux contraintes locales, notamment en matière de transport scolaire ou d’internat », écrit-il.

Le ministre propose une reprise en « deux temps » : un premier « destiné aux équipes de direction et aux personnels, afin de leur permettre de se retrouver » et « préparer collectivement » la suite, et un second consacré à « l’échange avec les élèves ».

Le ministère veut ainsi « réaffirmer auprès des élèves l’importance de la représentation démocratique », les inviter « à porter leurs propositions dans les espaces de dialogue du lycée » et « à participer à la consultation nationale » ouverte en ligne jusqu’au 23 octobre.

« Cacophonie complète »

Cette annonce gouvernementale a rapidement été jugée « irrespectueu[se] » envers les proviseurs, selon les principaux syndicats des chefs d’établissements.

« C’est une cacophonie complète », réagit auprès de l’AFP Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du principal syndicat de chefs d’établissements, le SNPDEN-Unsa. « On ne le mettra pas en œuvre ni demain, ni après-demain. On ne sera pas en ordre de fonctionnement, d’autant que les établissements sont plus ou moins chahutés », ajoute-t-elle, soulignant que les « temps démocratiques on sait les organiser, mais pas tout en même temps ».

« Nos collègues sont épuisés, ont été exposés, ont subi de graves violences ces derniers jours. Quand est-ce que les collègues vont préparer cela ? C’est assez hors sol de nous demander de banaliser une journée », commente de son côté Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs établissements ID-FO, sollicitée par l’AFP.

« L’équipe de direction se retrouve seule et va réunir l’ensemble des délégués ? Ça demande à être préparé, il y a beaucoup d’élèves dans les lycées », continue-t-elle, souhaitant « que ce soit le ministère qui prenne ses responsabilités ». « On va demander aux élèves d’écrire ? Tout ça n’est pas à la hauteur de la crise que nous traversons et irrespectueux de notre profession », ajoute la syndicaliste, jugeant que « le gouvernement est en train de pousser tout le monde à bout. »

« Si [ce temps de démocratie interne] avait été fait au bout de trois jours de conflit, peut-être que l’on aurait eu moins de dégâts », juge pour sa part sur franceinfo Guillaume Brun, secrétaire général adjoint de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves.

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