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Histoire de jouets 5 : quand cowboys et astronautes ne font plus le poids face aux écrans

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On dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures. Trente ans après la première Histoire de jouet et ses trois suites, force est de constater que la recette ne change pas… mais elle est si bonne qu’on y revient toujours avec plaisir.

Dans cette franchise, qui a révélé les studios Pixar, on retrouve les personnages comme s’ils étaient de vieux amis : Woody, Jessie, Buzz Lightyear, M. Patate et Rex sont toujours là. Leur propriétaire s’appelle Bonnie, une petite fille timide qui aimerait devenir amie avec ses deux voisins.

Invariablement, les jumeaux l’ignorent sans qu’elle ne sache pourquoi. C’est grâce à des jouets abandonnés qu’elle trouve dans le jardin mitoyen qu’elle résout son enquête : elle comprend qu’elle est désormais une des seules enfants à s’amuser avec des jouets, les autres gamins du quartier jouant tous sur leurs tablettes.

Naturellement, ses parents passent le pas à leur tour, pensant que l’achat d’un écran permettra à leur fille de se connecter avec ses copines du groupe de danse. C’est un succès, et lorsque Bonnie vient pour la première fois passer une soirée pyjama chez une amie, elle est fière d’arriver avec des jouets, mais les autres filles se moquent d’elle, car, maintenant, seule la tablette a le droit de citer dans leurs chambres.

Humanité hypnotisée

À travers ce monde, les jouets continuent d’agir quand personne ne les regarde. Ils ont toujours une vie parallèle, certains sont dépressifs et tentent de mettre fin à leur jour. D’autres jouissent de plus de liberté grâce à l’hypnose que les écrans provoquent sur les humains de leurs foyers.

À première vue, ce cinquième volet est une critique sans ambages de l’utilisation disproportionnée des appareils électroniques par les jeunes et leurs parents qui, dans le film, s’amusent à changer leur fond d’écran de visioconférence en rigolant bêtement plutôt que de s’occuper de leurs enfants.

Une scène du film.

L’héroïne, Bonnie, est jugée par les autres enfants, car elle s’amuse encore avec des jouets.

Photo : Disney/Pixar

On constate la perte d’attention, les jeux idiots qui occupent plus qu’ils n’instruisent. Plus important encore, on voit le harcèlement en ligne dont est victime Bonnie, qui finit par en parler avec ses parents. Des histoires qui font partie du quotidien de nombreuses familles aujourd’hui.

Le film n’est pas uniquement un pamphlet sombre pour autant. On retrouve l’esthétique colorée et l’humour qui font le caractère de la franchise. Il y a aussi de belles trouvailles, comme la très ingénieuse manière dont sont montrés les moments de jeux et où le merveilleux s’empare des scènes imaginées par les enfants.

Et, à la fin, la morale reste la même : tout changement est mal vécu par ceux qui sont déjà en place. Mais les enfants grandissent, la technologie évolue et il faut apprendre à s’adapter intelligemment en ne négligeant pas les vraies relations. Une question d’équilibre en somme.

Histoire de jouets 5 (Toy Story 5), réalisé par Andrew Stanton. En salle au Canada à partir du 19 juin. Durée : 1 h 42.

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