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« Nous réclamons que justice soit faite non seulement pour Hind, mais aussi pour les enfants de Gaza, dont les droits sont bafoués, qui sont privés de leur droit à la vie », a plaidé la grand-mère de Hind Rajab.
La grand mère de Hind Rajab, à Gaza, le 20 août 2026. La grand-mère de Hind Rajab a affirmé, jeudi 20 août, ne pas faire confiance à la justice israélienne après que l’armée de l’Etat hébreu a admis avoir ouvert le feu sur la voiture où se trouvait l’enfant de cinq ans, morte en 2024 dans la bande de Gaza.
Après des investigations préliminaires sur cette affaire, l’armée israélienne a en effet reconnu mercredi que ses troupes avaient tiré sur la voiture et a annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle.
Le corps de Hind Rajab avait été retrouvé dans une voiture criblée de balles à Gaza, plusieurs jours après que la fillette a été entendue pour la dernière fois, lors d’un long appel téléphonique désespéré avec le Croissant-Rouge palestinien, le 29 janvier 2024. Les circonstances de sa mort avaient suscité une indignation internationale et des appels à l’ouverture d’une enquête indépendante.
« Nous avons été surpris par l’annonce de l’armée israélienne », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) la grand-mère de la fillette, qui s’appelle aussi Hind Rajab. « L’armée tente de justifier sa position, en affirmant que ce qui s’est passé était une erreur et que les soldats qui en sont responsables seront poursuivis en justice », a-t-elle ajouté de son domicile, dans la ville de Gaza.
Droits des enfants « bafoués »
Mais « nous ne faisons pas confiance au système judiciaire israélien », a-t-elle poursuivi. Selon elle, l’armée a « reconnu le cas de Hind car il a été documenté, mais beaucoup d’autres crimes ont été commis à Gaza » et n’ont pas été médiatisés.
« Nous appelons les pays témoins des crimes quotidiens de l’occupation [israélienne] à se ranger aux côtés des Palestiniens et des habitants de Gaza », a déclaré la grand-mère de Hind Rajab à l’AFP. « Nous réclamons que justice soit faite non seulement pour Hind, mais aussi pour les enfants de Gaza, dont les droits sont bafoués, qui sont privés de leur droit à la vie et qui constituent le groupe le plus pris pour cible à Gaza », a-t-elle ajouté.
Les enregistrements originaux de l’appel de la fillette aux services d’urgence du Croissant-Rouge palestinien avaient été utilisés dans le film La Voix de Hind Rajab (2025), qui a obtenu de nombreux prix internationaux.
Hind Rajab avait appelé les services d’urgence dans la voiture de sa famille, qui avait essuyé des tirs alors qu’elle tentait de fuir la ville de Gaza, alors que les forces israéliennes avançaient dans le nord du territoire palestinien. L’armée israélienne avait nié dans un premier temps la présence de ses troupes dans la zone. Le corps de la fillette avait finalement été retrouvé avec ceux de six membres de sa famille et de deux secouristes du Croissant-Rouge envoyés à sa recherche.
« Démocratie respectueuse du droit »
Le ministère des affaires étrangères israélien a fait valoir que l’ouverture d’une enquête pénale dans ce dossier démontrait qu’Israël était une « démocratie respectueuse du droit » et attachée à l’Etat de droit.
L’attaque sans précédent menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice à Gaza, faisant plus de 73 000 morts, selon le ministère de la santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.
Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, des frappes aériennes et des tirs d’artillerie continuent presque quotidiennement de secouer la bande de Gaza.
Mercredi, l’armée a également publié des rapports d’enquête sur quatre autres cas de décès très médiatisés survenus à Gaza. Parmi ces dossiers, seule la mort de 15 secouristes et travailleurs humanitaires palestiniens en 2025 fera l’objet d’une enquête pénale, a-t-elle annoncé.
Le Monde avec AFP


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