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Le père du principal suspect dans l'affaire Lyhanna a lui aussi fait l'objet de plaintes pour des violences sexuelles sur des mineurs contre ses petites-filles par alliance. Une des enquêtes a été rouverte par la justice.
La rédaction - Aujourd'hui à 12:35 | mis à jour aujourd'hui à 14:26 - Temps de lecture :
Depuis l’interpellation de Jérôme Barella, principal suspect de l’enlèvement et la séquestration de Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé une semaine après sa disparition, l’affaire a pris une dimension nationale. L’homme de 41 ans faisait en effet l’objet de plusieurs procédures administratives et judiciaires pour des violences sexuelles sur mineurs présumées. Mais il n’est pas le seul membre de la famille Barella à avoir eu maille à partir avec la justice.
Lundi, le frère de Jérôme Barella, Yannick, a été placé en garde à vue au commissariat d’Auch (Gers) alors qu’il venait lui-même porter plainte pour diffamation - il se dit victime d’insultes sur les réseaux sociaux, comme de nombreuses personnes portant le patronyme Barella. La police a découvert à cette occasion que le frère aîné était visé par une plainte depuis 2024. Deux de ses ex-compagnes l’accusent de viols conjugaux, dont l’une avait 17 ans au moment des faits. Il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire mercredi.
« Il en profitait »
Le même jour, la justice rattrape un autre Barella : Joël, le père de Jérôme et Yannick. Le parquet de Béziers (Hérault) a décidé de rouvrir une enquête, classée sans suite en 2020, pour des faits d’agression sexuelle dénoncés par « une mineure de son environnement familial ». Il s’agit de sa petite-fille par alliance, Maeva, âgée de 20 ans aujourd’hui. En 2018, elle dénonce des attouchements sexuels survenus la même année de la part du compagnon de sa grand-mère paternelle.
Dans sa plainte, elle indique que ces gestes ont eu lieu alors qu’elle passait un mois de vacances au domicile de sa grand-mère, alitée. Au micro de BFMTV jeudi, elle raconte qu’« une nuit, [Joël Barella] s'est glissé dans le même lit que moi, il pensait que j'étais endormie, mais je ne l'étais pas ». « Il se frottait à moi, il n'y avait pas de parole », ajoute-t-elle. Elle explique ensuite que ces attouchements se sont répétés à plusieurs reprises lors de son séjour. « C'était devenu naturel pour lui, c'était quelque chose qu'il avait acquis, donc il en profitait. »
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Mais les accusations contre Joël Barella vont se renforcer : une autre de ses petites-filles par alliance, Prescyllia, demi-sœur de Maeva, avait également porté plainte en février 2013 contre l’homme, âgé de 58 ans à l’époque. La jeune fille dénonce dans un commissariat de Haute-Garonne des faits d’inceste, commis de ses 10 à ses 13 ans. Attouchements sur la poitrine et sur le sexe, et même des pénétrations… Ces violences auraient eu lieu elles aussi au domicile des grands-parents, mais aussi chez son père. Le lendemain de sa plainte, le médecin légiste qui l’examine n’observe aucune lésion traumatique, mais que les changements de comportement constatés par la mère de l’enfant (automutilation, agressivité, difficultés scolaires…) peuvent correspondre « à des troubles évocateurs d’abus sexuels ».
« Elles ont été salies physiquement et moralement »
Placé en garde à vue plus d’un an plus tard, Joël Barella décrit sa petite-fille par alliance comme « aguicheuse devant des garçons plus âgés qu’elle » et « ayant tendance à mentir ». La jeune fille a ensuite été désavouée par d’autres membres de sa famille. À l’époque, son propre père parlait d’elle comme une « menteuse, vicieuse et charmeuse » qui aime « attirer l’attention », tandis que sa grand-mère paternelle, compagne de Joël Barella, dénonçait l’« attitude provocante » de Prescyllia, évoquant un épisode, contesté par la jeune fille, où elle serait rentrée dans la salle de bains alors que son grand-père était sous la douche.
« Il s’avère qu’une fois, sans le faire exprès, je lui aurais touché le sexe et que du coup, ça l’aurait excité. Il a commencé à se frotter à moi, à prendre ma main pour la mettre sur lui. Il y a aussi eu pénétration par derrière. À part ma maman, mon beau-père, et la maman de ma sœur, personne ne m’a crue », a raconté, très émue, Prescyllia, âgée de 26 ans aujourd’hui, à BFMTV jeudi.
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Aujourd’hui encore, les deux filles subissent des pressions familiales, notamment de la part de leur père qui aurait déclaré son intention de les renier si leurs noms sortaient dans la presse, d’après la mère de Maëva, elle aussi interrogée par BFMTV. « Elle va porter la voix de sa sœur, parce qu’ils ne veulent pas rouvrir l’enquête pour elle [celle-ci a fait l’objet d’un non-lieu en 2021, NDLR]. J’espère qu’elles vont être entendues et surtout crues. […] Elles ont été salies physiquement et moralement. Elles ont été rejetées par toute la famille parce que tout le monde a protégé Joël », a-t-elle ajouté.
3919 - Violences femmes info
Un numéro d'appel national, le 3919, est dédié à l'écoute et à l'orientation des femmes victimes de violences. Appel gratuit et anonyme, service accessible 24h/24 et 7 jours sur 7.


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