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La Haute-Côte-Nord ne fait pas partie du Plan Nord, mais le maire des Escoumins juge que ce serait la clé pour assurer le développement de la région.
La Côte-Nord représente un gros morceau du Plan Nord.
Plus de la moitié des projets propulsés par le Plan Nord viennent de la région et concernent autant le tourisme que le développement économique, en passant par les services aux familles et les infrastructures.
Les aides financières couvrent également tout le déroulement d’un projet, que ce soit pour mener des études, pour démarrer les travaux ou acheter de l’équipement.
Cependant du côté de la Haute-Côte-Nord, on ne dispose pas exactement des mêmes opportunités financières quand vient le temps de réaliser ce genre de projets.
C’est pourquoi le maire des Escoumins André Desrosiers a entamé une démarche pour rallier les autres municipalités de la région derrière sa demande, qui vise à les inclure dans le territoire couvert par le Plan Nord.
Une fois les appuis récoltés, il entend transmettre la demande aux autorités compétentes qui feront cheminer le dossier.
Une question de principe
Pour André Desrosiers, c’est une question d’équité mais surtout une question de principe.
Il nomme en exemple des projets qui ont vu le jour sur la Côte-Nord avec un bon coup de pouce de la Société du Plan Nord, comme les 121 logements abordables à Sept-Îles et la rénovation de l’aréna de Havre-Saint-Pierre.
« Je trouve qu’il y a un déséquilibre entre nous et les autres endroits de la Côte-Nord qui sont avec le Plan Nord », dit le maire.
Le maire des Escoumins André Desrosiers. Photo Renaud Cyr
« On a de la misère en Haute-Côte-Nord d’attacher le financement pour des projets, même s’il existe d’autres programmes pour ça », ajoute-t-il.
D’autant plus que la MRC de la Haute-Côte-Nord termine 102 sur 104 dans le classement des MRC les plus dévitalisées dans la province.
« Ce n’est pas avec les taxes des contribuables qu’on va être capable de construire du logement », illustre André Desrosiers.
Changer la loi
À l’époque de sa création, le 49e parallèle avait été choisi comme limite symbolique pour le Plan Nord, supposée représenter la délimitation entre les zones sauvages et peu densément peuplées du nord et les zones industrialisées du sud du Québec.
La Société du Plan Nord, l’organisme qui coordonne le développement en haut de ce parallèle, se dit « sensible » aux enjeux de développement vécus par les communautés de la Haute-Côte-Nord.
Ces enjeux sont semblables en quelques points aux environnements nordiques qu’englobe le Plan Nord.
« La présence de réalités économiques, territoriales ou environnementales similaires à celles de communautés situées au nord du 49e parallèle ne permet pas, à elle seule, de modifier cette délimitation prévue par la Loi sur la Société du Plan Nord », explique toutefois le PDG de la Société du Plan Nord Patrick Beauchesne.
Le PDG fait aussi savoir que le Plan d’action nordique 2023-2028 en vigueur s’inscrit dans ce même cadre territorial, et qu’il ne couvrirait pas la soumission de projets provenant des municipalités de la Haute-Côte-Nord pour cette mouture du plan.
« Le Plan d’action nordique 2023-2028 ne permet pas de reporter à une période ultérieure des projets qui seraient autrement inadmissibles en raison de leur localisation », clarifie M. Beauchesne.
Le PDG de la Société du Plan Nord Patrick Beauchesne. Photo LinkedIn
Bien que la région soit exclue de par sa géographie, André Desrosiers juge toutefois qu’elle serait éligible pour en faire partie.
« On est dans le nord, on est sur la Côte-Nord, mais une partie de la région est pauvre et l’autre est riche », se désole l’élu.
Cependant dans le cadre législatif actuel, la Société du Plan Nord ne peut pas élargir de sa propre initiative le territoire du Plan Nord afin d’y inclure des municipalités situées à l’extérieur du territoire.
Leviers économiques
Pour le maire, faire partie du Plan Nord donnerait des leviers économiques aux municipalités de la Haute-Côte-Nord lorsqu’elles soumettraient des projets.
« Si on veut être solidaires pour la Côte-Nord au complet, il faut qu’on aille les mêmes leviers économiques. Si ça ne bouge pas, on va fermer nos portes » avance l’élu.
Il pense à notamment à l’habitation et aux logements, qui peuvent constituer des freins à l’installation et l’intégration des nouveaux arrivants dans la région.
« On sera jamais attrayants si le compte de taxes des contribuables est trop haut, et qu’on n’est pas capables de mettre de l’avant des projets de logements », martèle le maire.
« Ça s’est vu des gens qui sont venus ici et qui devaient vivre dans des endroits pas toujours convenables. Il n’y a pas de maisons ni de logements, donc les gens s’en vont ailleurs et ça pose un problème pour le recrutement », poursuit André Desrosiers.
Ce dernier a bon espoir que les prochaines élections provinciales pourront apporter un peu d’eau au moulin.
« Il faut qu’on soit positionné pour qu’on puisse recevoir de l’aide, et ça serait bon que les candidats se prononcent là-dessus », conclut le maire.


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