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Ces contacts à «haut risque» selon l’OMS se trouvent actuellement dans des chambres séparées à l’hôpital Bichat, à Paris. Par ailleurs, 22 autres ressortissants ont été identifiés comme des «cas contact» d’une croisiériste néerlandaise depuis décédée.
Ils sont cinq ressortissants français à avoir été placés à l’isolement strict dimanche à Paris, après que leur croisière de rêve a viré au cauchemar. Débarqué plus tôt dans la matinée du MV Hondius, le navire où a circulé l’hantavirus, tuant trois passagers depuis le 11 avril, le petit groupe a embarqué à Tenerife (îles Canaries) à bord d’un vol sanitaire de rapatriement, direction Le Bourget. Ces contacts à «haut risque» selon l’OMS se trouvent actuellement dans des chambres séparées à l’hôpital Bichat (18e arrondissement de Paris), spécialisé dans les maladies infectieuses et tropicales.
Il y a d’abord cette femme testée positive au virus, comme l’a annoncé ce lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Son identité et son âge restent inconnus à date. Elle a présenté des premiers symptômes dans l’avion de rapatriement, et son état de santé s’est «malheureusement dégradé» dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé la ministre sur France Inter. Stéphanie Rist n’a souhaité donner aucun détail sur d’éventuels facteurs de comorbidité que présenterait cette passagère, et qui la rendraient plus fragile à l’exposition de l’hantavirus. Lundi soir, Sébastien Lecornu a annoncé qu’elle était en réanimation, «dans un état stable». Les quatre autres croisiéristes vont bien et ont pour l’instant été «testés négatifs», mais d’autres tests seront réalisés, a déclaré la ministre de la Santé.
Zoologues «reconnus par la communauté internationale»
Nous ne connaissons l’identité que de deux des cinq passagers, qui avaient transmis un communiqué à plusieurs médias le jeudi 7 mai, alors qu’ils étaient encore à bord du bateau. Julia et Roland Seitre, couple sexagénaire originaire d’Indre-et-Loire, avaient assuré qu’ils allaient «bien», appelant à ne pas céder à la «panique». «Ils sont tous les deux en bonne santé», a déclaré ce lundi en début d’après-midi Philippe Capon, le maire de la commune de Marray (Indre-et-Loire) où le couple réside une partie de l’année. De quoi laisser supposer que Julia Seitre n’est pas, a priori, la patiente testée positive et dont l’état s’est dégradé. Aucune information officielle ne confirme cette hypothèse.
Julia et Roland Seistre sont deux vétérinaires de formation, diplômés de l’École nationale vétérinaire d’Alfort au début des années 1980, et «zoologues reconnus par la communauté internationale», comme ils l’expliquent sur leur site internet qui centralise leurs travaux. Ils se présentent également comme ayant été «journalistes indépendants, spécialisés nature et environnement», activité pour laquelle ils ont régulièrement voyagé aux quatre coins du monde, étanchant leur «soif de nature, faune, voyages et photo».
Au cours de leur carrière passée sur les routes, Julia et Roland Seitre ont publié des centaines de reportages pour de célèbres magazines et revues de la presse internationale tels que National Geographic, Figaro Magazine, Paris Match, Geo ou encore Sciences et Vie. Parents de trois enfants, ils voyageaient la plupart du temps en famille et ont édité en 2004 un «album de famille pas comme les autres» avec des photos «récoltées sur tous les continents» : Globe-trotteurs (Michel Lafon). Le couple a aussi publié quatre autres ouvrages sur la mer, la Polynésie, l’Antarctique et les perroquets d’Australie. Particulièrement engagé sur les enjeux liés à la biodiversité, il a été amené à partager son «expérience de 30 ans sur le terrain» à travers des expositions, des conférences, des missions de conseil et d’autres activités bénévoles.
Pas une «croisière de loisirs classique»
Sur son compte LinkedIn, Julia Seitre s’est déclarée retraitée depuis le mois de mars 2026, mais elle poursuit son rôle de présidente bénévole de l’association Zellidja, qui offre des bourses de voyage pour les jeunes. Contactée, l’association assure que le couple avait entrepris la croisière à bord du MV Hondius pour «son loisir». Mais cette croisière où la moyenne d’âge est «assez élevée» n’est «ni une croisière de “luxe”, ni une croisière de loisirs classique», précisent les Seitre dans leur communiqué. Pas de piscine, sauna ou salle de cinéma. «Tous les passagers sont des passionnés avec des objectifs différents mais loin des loisirs dédiés aux croisières. Nous avons beaucoup d’ornithologues, des passionnés d’histoire et géographie et de lieux isolés, des botanistes, des spécialistes des cétacés ou des étoiles», détaillent-ils.
Pour le reste, les vétérinaires-journalistes se sont voulus rassurants sur les conditions de vie «quasi-normale» à bord, le «dévouement (...) total» du personnel soignant et le caractère «très peu contagieux» de la maladie. «Parler d’épidémie est faux, sous-entendre pandémie malhonnête», assurent les Seitre. Julia et Roland vivent «six mois à sept mois de l’année» à Marray, a confié au Parisien le maire Philippe Capon. «Ils sont très insérés, très impliqués dans la vie locale. [...] Je suis régulièrement en contact avec eux. Ils ont manifesté leur souhait, une fois passée leur période d’observation et d’examen à l’hôpital Bichat, à Paris, de pouvoir venir se confiner dans le village.»
22 Français cas contacts
Reste que l’isolement de 72 heures à l’hôpital initialement envisagé par les autorités a été remis en question par le test positif de la passagère actuellement en réanimation. Stéphanie Rist a indiqué que les cinq croisiéristes resteraient à Bichat «jusqu’à nouvel ordre», pour a minima 15 jours.
En plus de ces cinq Français à «haut risque», 22 autres ressortissants ont été identifiés comme des «cas contact». Ce sont des personnes qui ont croisé la passagère néerlandaise infectée par le virus sur le MV Hondius et depuis décédée à Johannesburg (Afrique du Sud). Huit ont voyagé avec elle sur le vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg. Ils «ont été mis à l’isolement rapidement», explique la ministre de la Santé, et aucun ne présente de symptômes, a assuré Sébastien Lecornu. Les quatorze autres étaient à bord du vol Johannesburg-Amsterdam le même jour, duquel la passagère néerlandaise a été débarquée juste avant le décollage en raison de son état de santé. «Nous demandons» à ces 14 passagers «qu’ils nous contactent parce qu’il faut qu’on puisse renforcer l’isolement», a dit Stéphanie Rist.


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